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 Deadfall (P.V : Lucja)

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Deadfall (P.V : Lucja)
Ven 5 Sep - 12:38
Sybéria

« La neige fond. A chacun de me pas, elle me rappelle à quel point nous sommes minuscules, face à la nature. »



Acte V, Scène 1 : Le manteau de la Reine

Irtousk. Ville en cours de reconstruction, ville dans laquelle la grogne contre les tsaristes se fait entendre. Elle fut le théâtre d'un immense torrent de flammes, elle le fier comptoir russe. Tout se bâtit ici depuis la folle ascension de l'or et du fer. L'on a même dépouillé des mammouths, animaux légendaires pris dans la glace, de leur ivoire. Un gâchis historique pour combler l'appétit monstre de quelques riches de Moscou.  Les pionniers ou nouveaux riches de ce paradis trinquaient chaque soir dans l'auberge, dilapidant dans l'alcool leur si fraîche acquisition pécuniaire. C'était un quotidien dont ils ne se lassaient pas, ces russes. Une pépite d'or, un mammouth découvert et c'était la fête. Et c'est dans cette ambiance joyeuse qu'avait débarqué la petite expédition de Valiere. Les ordres avaient été clairs : passer par le comptoir Sibérien et redescendre au Sud afin de rejoindre en toute discrétion leur contact en Chine. Un long et périlleux voyage de plus d'un mois, si l'on comptait ce détour pour réduire au silence un prêtre orthodoxe. Les petits réglages de compte du Vatican étaient tellement pourris, mais on devait s'y plier ... pour la Grâce de Dieu. Les cardinaux n'avaient rien de gracieux non ... ils avaient plus une panse grasse. Une panse remplie des pièces des fidèles.

Repenser à tout cela, à cette mission anodine révoltait le russe. Son équipe, composée de deux CROW, un guide et un traqueur de niveau deux, quand à elle, s'amusait, trinquait à tout va. Ils devenaient saouls, auraient bientôt besoin de s'aliter dans les lits de l'auberge pour se réveiller ensuite au petit matin avec une sensation de froid et un immense mal de crâne. S'allumant une cigarette en étudiant le plan de traversée de leur bivouac, l'homme aux cheveux de jais réfléchissait. Le prêtre qu'il devait tuer avait ce que l'on appelle envies de s'élever. Et quoi de mieux que de pactiser avec les fortes ténèbres que sont les akumas et noés. Perplexe, Valiere se demandait pourquoi cela lui semblait si facile. Non justement, on l'attendait de pied ferme et on essayait de trouver qui pourrait bien être le futur assassin. Surtout depuis les événements en France, les noés avaient quelque peu renforcé leurs rangs et fait leur possible pour durcir leurs couloirs d'influence. Une ville de plus de trente mille habitants en faisait partie.

"Dis-donc beau noir. On reste dans son coin, comme ça, sans s'amuser ?"


Dans le brouhaha général, le CROW avait eu du mal à percevoir cette phrase qui lui était destinée. Ce ne fut qu'au bout de deux minutes, en voyant une femme se pencher vers son visage qu'il comprit. Le profil typique de la serveuse russe. Blonde, De carrure forte et aguicheuse. Les yeux bleu pâle de notre intriguant assassin fixèrent froidement cette présence non demandée qui, par la même occasion se montrait affreusement provocante. Depuis Yuki, il avait vraiment du mal avec ce genre de comportement et le russe pouvait se montrer particulièrement désagréable ... voir violent si l'on insistait trop. En recul et se relevant brusquement, le jeune homme ne répondit en rien à cette serveuse racoleuse.

"Je vais nourrir les chiens. Pensez à entretenir vos traineaux avant de partir dormir sinon je vous laisse derrière et vous irez expliquer votre retour à l'Ordre Noir."
"Oui chef promis et merci pour la soirée."

Valiere adressa un mince sourire à son équipe qui méritait au final ce repos. Il y avait un saisissant contraste entre l'intérieur chaleureux et bruyant de l'auberge et l'extérieur. Une tempête de neige faisait rage, claquait les peaux restées accrochées sur les bordures de maison, ou même faisait voler le chapeau d'une imbécile sortie en tenue de soirée. Valiere laissa passer cette inconsciente sans lui adresser de mise en garde avant de partir en direction de l'enclos des chiens. Le claquement de sa longue écharpe blanche alliée aux hurlements des canidés aurait pu être digne d'une ambiance oppressante, où la victime ne se doutait point que son agresseur était derrière elle, caché par les vents violents, arme effilée en main. Mais quelque chose n'était pas habituel dans les hurlements. Ils étaient ponctués d'intenses grognements. Le russe pressa donc le pas pour se rendre dans l'enclos. Qui sait ce qu'il y trouvera ...



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Re: Deadfall (P.V : Lucja)
Mer 10 Sep - 0:39

    Il y avait eut des jours, où elle était encore vivante, il y a déjà quelques années, où elle écoutait chaque soir des contes cruels, histoires distordues de leur pays. Ses parents racontaient, comme ceux de Lucja, des faits qui n'étaient plus les leurs. Ça lui paraissait lointain. La Pologne, c'était une sorte de conte de fée abstrait et un peu sinistre que les autres ne rêvaient que de voir renaître. Mais pour elle, la dure réalité de la frontière, tracée à l'encre sur les cartes, prévalait bien sur tout ça. Elle, Il, avait toujours été plus pragmatique que le reste de sa famille après tout. Elle était restée dans la triste Varsovie quasiment toute sa vie, et la triste, digne Varsovie était alors russe, Russe jusqu'au bout de ses briques rouges et de ses toits inclinés. Et elle était un peu russe aussi.

    Ainsi, cette escapade était à la fois une aventure et la routine. C'était toujours l'impression réconfortante de se sentir chez soit, et pourtant... Si loin dans les terres, si loin à l'est, elle ne reconnaissait plus rien. Elle se sentait comme une gamine à qui on aurait promis milles surprises à base de glucose et qui gambaderait de partout pour essayer de calmer son excitation. Après tout, elle n'avait pas grand chose à faire...
    Elle avait suivi le Noé le plus terne qu'il lui avait été donné de connaître jusqu'en Sibérie. Ils avaient voyagé quelques jours dans la neige et le silence jusqu'à atteindre une petite ville dont elle n'avait pas retenu le nom. Pour une fois, on lui avait expressément demandé de rester discrète. Le Noé s'était volatilisé dans la nature.

    Les affaires des Noé l'intéressaient peu, à peu près autant que celles des hommes. Elle n'avait prêté qu'une oreille distraite à ses ruminations bougonnes. Tout ce qu'elle avait saisi, c'est qu'il était là pour se mettre un certain humain dans la poche, et elle, elle était là pour la décoration. Après tout, ce n'est pas comme si un Noé avait besoin d'un garde du corps... Si ? Elle ne comprenait pas non plus pourquoi ils faisaient tant d'efforts pour s'allier à certains hommes. Était-ce vraiment si rentable ? Toujours est-il que ces quelques informations tombées dans son oreille, elle s'en était aussitôt désintéressée, préférant se perdre dans la contemplation de la neige.

    Ce soir là aussi, la neige était comme folle. Charriée par des bourrasques à la fois brusques et légères, indécises, elle traçait dans les airs des figures aériennes de poudre blanche. Ce n'était pas un spectacle inconnu pour elle, mais comme de coutume, elle était comme émerveillée. Il n'était même pas si tard dans l'année, et pourtant, tellement de neige !
    On ne lui avait pas vraiment donné d'instruction. Pendant que son Noé-terne vaquait à ses occupations, elle devait... surveiller. Laisser traîner yeux et oreilles, vérifier que les exorcistes et leur innocence brûlante, ou les sinistres corneilles de Central, ne s'arrêtaient pas par ici. Cette idée la laissait vaguement boudeuse. Certes, si elle croisait un exorciste, elle n'aurait pas trop de mal à le reconnaître ! Mais pouvait-on vraiment espérer d'elle et des quelques akumas stupides qui les accompagnaient qu'ils puissent savoir tout ce qu'il se passait dans le coin ? Ce n'était pas le comble de la modernité, mais c'était quand même un peu trop grand pour elle.

    Enfin. Quelle importance. La voilà lâchée dans le voile glacé de la tempête, étroitement serrée contre son manteau, une ligne de fourrure caressant ses joues gelées, sa crinière blonde malmenée par le vent. Elle pataugeait à grandes enjambées dans la neige, glissant sur le verglas en dessous, et elle s'amusait bêtement de sa maladresse. Elle avait perdu un gant et serrait sa main gauche dans les plis de ses vêtements...
    Elle se dirigeait vers cette lumière, là bas. Une sorte d'auberge où elle comptait passer la nuit, peut-être, peut-être pas. Elle adorait la neige, mais ce froid mordant était insupportable. Alors qu'elle avançait lentement vers la porte, scellée à ce moment, un aboiement soudain déchira la nuit et elle se figea.

    Quelques pas de plus. Les aboiements reprirent, avec un peu plus de férocité.

    La mince, frêle silhouette de Lucja changea de direction, son ombre s'étirant sur la neige en un épouvantail sinistre. A petits pas silencieux, une ombre dans son regard clair, la jeune fille se faufila sur le côté, et s'arrêta à côté de l'enclos des chiens. Elle les toisa un instant. Plusieurs bêtes en bonne santé, belles créatures. Pas la bête rachitique qu'elle avait l'habitude de voir par ici. Tous la regardaient en grondant. L'instinct de ces bêtes là, parfois... Elle avait rarement de problèmes avec les animaux, mais la plupart des chiens ne l'aimaient pas d'office. Ils devaient se rendre compte du danger qu'elle était non pas pour eux, mais pour leurs maîtres.

    Elle n'avait que très peu d'affection pour cette espèce. Et les voir grogner et japper l'excédaient plus qu'autre chose. Mais que faire ? On lui avait demandé d'être discrète, pas de décimer une meute de chiens pour le plaisir de le faire. Pourtant, la tentation était là... Elle jeta un coup d’œil autour d'elle. Personne. De l'auberge close s'échappait des rires et des voix. Elle tendit une main, celle qui était nue, au dessus de l'enclos, un claquement sec de mâchoires frôlèrent ses doigts et elle se recula, faisant la moue.

    – Sales bêtes... Murmura-t-elle.

    La silhouette gracile de Lucja se pencha sur l'enclos. De sa main s'étirèrent de longues griffes de matière noire. A ce moment là, plus rien ne retenait les chiens, qui hurlaient à qui mieux mieux dans la nuit mouvementée. L'un d'eux sauta vers elle, tirant sur ses chaînes, et elle l'intercepta d'un geste fluide. L'animal lâcha un jappement et retomba. Ses griffes avaient laissées une strie sanglante sur son poitrail, et soudainement effarouché, le chien recula. Lucja battit en retraite d'un pas, puis se détourna. C'était une action aussi stupide que gratuite, avec le recul mais ba ! Ce n'était qu'un chien, pas vrai ?

    Lorsqu'elle se retourna, Lucja fit soudainement face à un homme qui n'était pas là avant, avançant vers elle. Son cœur fit une soudaine embardée, puis se calma. Visiblement, il venait d'arriver. Et quand bien il aurait eut le temps de voir quoi que ce soit... Nous étions de nuit dans une tempête de neige soutenue. Que pouvait-il bien avoir vu ? Et même, en quoi cela lui importait-il ? Elle aurait préféré éviter les ennuis – discrétion, Lucja, discrétion – mais elle n'en était pas à craindre la réaction d'un humain.
    Puisant dans sa nervosité soudaine, Lucja lâcha vers l'inconnu d'un voix un peu tremblante, dans un russe sans accent :

    – Ah, bonsoir !...

    Sourire crispé. Elle puisait dans ce qu'elle avait de mieux en elle pour simuler le mal être. Ce n'était même pas si difficile à faire : ce type était vaguement flippant. Son regard avait... quelque chose d'une froideur qui la mettait mal à l'aise. Elle continua, hésitant :

    – Je crois que l'un des chiens est blessé...

    On ne pouvait pas vraiment dire qu'elle mentait. Elle espérait se dépêtrer vite de cette situation pour le moins... étrange et aller se réfugier au chaud, à l'intérieur. Pressant sa main dégantée contre ses côtes, Lucja observait l'homme entre deux regards fuyants. Elle n'avait pas encore tout à fait perdu son naturel d'humaine, mais un jour elle aurait du mal à faire la comédie et singer l'innocence la plus totale. Heureusement, le visage juvénile et quelconque de Lucja lui servait souvent.
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Re: Deadfall (P.V : Lucja)
Mer 10 Sep - 15:35
Sybéria

« Essayer de gagner la confiance d'une ombre n'est pas chose facile. Vu qu'elle est sourde face à vos paroles. »



Acte V, Scène 1 : Le manteau de la Reine

"Bonsoir"

Mot poli qui pouvait sembler bien terrifiant venant de la bouche du russe. Il était dit sans conviction, sans réelle bonté. Après tout, quand vous aviez une gamine en face de vous, en train de trembler de la voix autant de peur que de froid par hypothèse, de surcroît dans l'enclos de vos chiens de traineau en pleine nuit de tempête ... on ne pouvait pas vraiment être chaleureux et jouer le joli cœur. Le vent battait le grand manteau de cuir du Central et faisait voler son écharpe, écharpe se transformant en deux bras accusateurs pointés vers la jeune femme. Certes Valiere ne voyait pas clairement à quoi ressemblait l'intruse et ne pouvait décemment pas peser le allié ou ennemi, mais une présence dans un tel endroit n'était pas non plus ce qu'il y avait de pas vraiment suspect. L'imposant homme, secoué par les vents glacials s'avança de deux pas crissant dans la neige jeune. Les chiens recommencèrent à grogner et aboyer, poils hérissés et yeux luisant fixant l'ingénue à la voix trop innocente. L'alerte sonnait dans sa tête. Fronçant les sourcils quand la femme lui signala un chien blessé, le russe se redressa dans toute sa longueur et dit d'un ton froid :

"Vraiment ?"


L'ambiance était tendue et le souffle furieux de l'extérieur n'était pas là pour calmer le jeu. Valiere était inquisiteur, bourreau fixant son futur torturé. Si elle était si sûre de ne pas avoir fait la moindre bêtise, cette gosse, alors pourquoi elle tremblait ? Remettant ses lunettes sur le haut de son nez, le corbeau s'approcha de trois pas de plus, se mettant ainsi juste à côté de la fille. Au moins, comme ça il pouvait et jeter un œil au chien, et la surveiller. De suite les chiens de traineau se mirent à japper et remuer quand ils virent leur grand maître. Le blessé arriva en geignant et en grattant la porte pour venir le voir avant de reculer en voyant la jeune fille.

"L'auberge est plus loin. Je vous prie de dégager le terrain de suite avant que je ne vous sois pas agréable ..."

Les paroles en russe claquèrent tels des coups de fouet dans la bouche de l'abrupt personnage. Il ne sentait pas la fille et sa main droite dans la poche de son manteau était là pour bien la mettre en garde. Un seul faux pas, et il allait la maîtriser à l'aide de ses chaînes souples ainsi que de son anneau de protection. Ouvrant la porte de l'enclos en claquant des doigts et en sifflant, le russe laissa le chien venir vers lui.

"Assis"

Le chien s'exécuta sans aucun grognement, montrant son plastron blessé au maître des glaces. Sourcils froncés et surveillant toujours en coin la jeune fille, il s'avança ensuite vers elle alors qu'elle partait pour la prendre sans aucune délicatesse au bras. Levant la main nue et fine, il vit du sang sous les ongles. Ah oui ? Le chien était blessé, comme ça ? Elle le prenait définitivement pour un abruti ? Tout en sifflant le chien afin qu'il les suive, il fit avancer sa captive. De nouveau dans la tempête, ils avancèrent d'un pas rapide jusqu'à l'auberge, Valiere tirant avec force de poigne la jeune fille. Elle pouvait grogner, gémir, il s'en fichait. Quand on était coupable on devait se la fermer. Certes il aurait été plus subtile si ça avait été en pleine soirée de gala, mais là ... coupable ou pas, c'était du pareil au même. Visage froid, regardant droit devant durant toute la marche, le russe ne se montra, comme vous pouvez vous en douter pas une once compatissant. Pas même pour la porte de l'auberge qui s'ouvrit dans un grand fracas. Si elle était vraiment ce qu'il pensait, la jeune fille se déchainerait sans mal dans un lieu rempli d'humains. Tout le monde regardait cet étrange duo rentrer et plus précisément l'équipe de Valière. Le traqueur Ajay, ami de longue date du russe, n'attendit pas un signe et remballa sèchement les plans avant de se diriger vers sa chambre. Les autres, restaient quand à eux un peu déstabilisés par l'attitude de leur chef de mission, qui lui, se dirigea vers eux pour leur dire sèchement dans un anglais ponctué de son accent russe :

"Le Scribe a besoin d'écouter Moïse le traître."

Les hommes se regardèrent, interdits. Le code pour dire que c'était du sérieux. Les corbeaux toisèrent un moment de leur regard un peu embrumé par l'alcool la fille avant de tirer avec eux le guide aux chambres. Lâchant la fille et l'invitant d'un signe "courtois" de la main à s'installer, il commanda deux verres de vin ainsi qu'une assiette de viande de cerf et des pommes de terre en sauce pour l'interrogée. Assiette posée par le tenancier, l'homme fixa de son regard de glace la menteuse, tout en caressant le chien blessé :

"Mangez et buvez donc. Vous devez mourir de faim ... non ?"

Alors petite innocente, révèleras-tu ta vraie nature ou te forceras-tu à manger ce que l'on te donne généreusement ?

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Re: Deadfall (P.V : Lucja)
Jeu 11 Sep - 14:14
    Sa voix sonne aussi froide que son regard. Soit. Elle n'était plus intimidée par ce genre de comportement, mais elle joua le jeu. Le personnage qu'elle avait décidé d'incarner était nettement plus impressionnable et Lucja se raidit, le regard méfiant. Elle hocha doucement la tête à sa question, ignorant l'ironie glaciale qui animait ses paroles puis s'écarta de son chemin. Ce faisant, elle l'observait entre ces cils clairs, jaugeant du regard. Il était plus grand qu'elle, mince. Visiblement en bonne forme physique, plutôt séduisant. Regard clair, autorité évidente. Ce n'était probablement pas n'importe qui... Mieux valait s'éclipser et ne pas plus attirer son attention. On lui avait demandé, pour la première fois de sa vie d'Akuma, de ne pas tuer tout le monde et de faire profil bas... Alors la disparition de ce type là, ou plutôt son meurtre violent, ne passerait pas inaperçu. Tant qu'on lui demandait prudence, il valait mieux éviter qu'elle s'en prenne à lui... Ou a n'importe qui d'autre, de toute façon.

    Ainsi, elle ne se fit pas prier et s'éloigna à petits pas pressés vers l'auberge dès qu'il lui demanda expressément de dégager de son chemin, resserrant les pans de son épais manteau gris contre elle. Elle l'entendit vaguement s'occuper du chien, mais ça ne l'intéressait plus. Elle espérait rejoindre la douce chaleur d'une chambre et s'abrutir jusqu'au lendemain matin, où elle reprendrait ses occupations feintes de jeune fille normale... Causer un accident ici aurait été une tâche noire sur son programme bien ficelé. Puis finalement, leur courte entrevue aura été plus calme qu'elle...
    Une poigne de fer agrippa soudainement son bras et Lucja fit un geste brusque pour se dégager, par réflexe, mais il ne lâcha pas prise. Se détournant, les yeux brûlants de colère, elle s’exclama :

    – Qu'est ce que vous faites !? Lâchez-moi!

    Il l'ignora, observant sa main nue. En même temps que lui, il remarqua la trace sombre de sang sous ses ongles. Quelques insultes fusèrent dans son esprit, retenues à grand peine contre ses lèvres. Elle serrait les dents, alimentant sa frustration, et tenta à nouveau de se dégager avec brutalité, en vain.
    Pour qui se prenait-il !? A ce moment, la tentation de lui arracher la tête à grand coups de griffes dépassait l'entendement, et elle ne sut pas bien comment elle se contrôla. Elle maîtrisa son instinct de chat sauvage à grand peine, luttant très fort contre son envie de le mordre. Quelque chose... de très sombre en elle bouillonnait. Elle pouvait littéralement sentir l'Akuma en elle se révolter et se débattre, mais elle ne se laissa pas aller.
    Ainsi, lorsqu'il la tira derrière lui, elle ne lui arracha pas le bras mais se contenta de se débattre comme la frêle humaine qu'elle prétendait être, crachant, hargneuse, des insultes bien senties dans un russe fluide. Elle était toujours muée par la colère, mais son instinct de tueuse s'était légèrement calmé et elle pouvait enfin réfléchir plus froidement. La vérité, c'est qu'elle ne savait pas trop ce qu'il cherchait à faire. Quand bien même elle aurait blessé son sac à puces, qu'espérait-il en la traînant partout ? Elle aurait bien imaginé menaces, cris et injures, voire quelques coups, mais pas à se faire kidnapper par une armoire à glace – dans tous les sens imaginables.

    Il la traîna brusquement dans la pièce surchauffée de l'auberge et Lucja se tut un instant. Cible de tous les regards, un instant, le chat feula à nouveau en elle. Elle en avait le sang battant aux oreilles, si seulement ça avait été possible. Ce n'était ni de la peur, ni de l'excitation. C'était juste une brusque, soudaine décharge d'adrénaline qui picota ses doigts comme des étincelles. Ce n'était pas vraiment une sensation désagréable... Elle rendait juste encore plus difficile de se contrôler. Pour la discrétion, c'était pas gagné, mais ne pas se dévoiler en tant que monstre de métal serait un bon début. Elle sentait... que le type sinistre qui refusait de la lâcher n'était pas n'importe qui. Et elle ne serait pas vraiment étonnée qu'il n'attende que ça : voir un Akuma surgir de ses entrailles. Elle ne lui ferait pas ce plaisir. Elle était une forte tête après tout, il serait bien obligé, au final, d'admettre qu'elle n'est qu'une gamine normale. Elle trouverait bien assez d'explications à ses questions si il daignait lui en poser.

    Muette à présent, elle l'observa s'adresser à ses hommes. De l'anglais. Elle n'en avait que de vagues notions et ne comprit pas exactement ce qu'il voulait dire, mais aucune importance. La petite russe qu'elle était ne parlait pas un mot d'anglais, après tout, pas vrai ? Livide de fureur, mais remarquablement calme de part ses gestes, Lucja observa le... ce... Собака les lèvres pincées. Il s'installait comme si de rien n'était, commandait à manger. Enflure ! Râlait-elle intérieurement.

    "Mangez et buvez donc. Vous devez mourir de faim ... non ?"

    Elle en avait les joues rosies de colère. Ce n'était pas très dur de le montrer : cette colère là n'était pas fabriquée de toute pièces, tout juste alimentée pour les bienfaits de sa comédie. Elle se rapprocha lentement de la table où l'inconnu tyrannique s'était installé, et plaqua sa main gantée sur la table, se pencha vers lui avec le meurtre dans son regard :

    – Non, pas vraiment ! C'est une technique de drague ? Vous avez été éduqué par des ours ou quoi!?

    Ce qui était sûr, c'est qu'elle n'avait pas l'habitude, elle tout comme son personnage, de dîner poliment avec un inconnu qui venait de la traîner contre son gré sur une bonne dizaine de mètres. Il est vrai qu'elle ne ressentait aucunement le besoin de manger, cependant s'y forcer n'était pas un problème pour elle. Ses capacités de digestion étaient quelque peu... rouillées ? Et ce corps n'y réagirait sans doute pas excessivement bien, mais quelle importance ! De toute façon, ça n'avait actuellement qu'une importance toute relative...
    Elle se redressa, et jeta un regard autour d'eux. Beaucoup de regards étaient tournés vers eux. Elle n'avait pas parlé spécialement bas, même si elle n'avait pas non plus crié. La logique voulait qu'elle reste ici, pour y passer la nuit comme elle en avait eut l'intention. Elle n'en avait qu'une envie toute relative maintenant, et elle hésita. Mais finalement, elle se départit de son manteau, trop chaud, jeta un regard courroucé à Valiere et ajouta :

    – Vous êtes vraiment pas bien !

    Ses colères dramatiques avait quelque chose de vaguement ridicule, vaguement méprisable, mais aucune importance. Ça suffirait peut-être à lui faire lâcher le morceau. Tournoyant dans un froufrou de jupe, elle se détourna de lui et alla vérifier auprès d'un aubergiste penaud si il leur restait des chambres. Elle espérait que cet homme louche éviterait le scandale ici... Ailleurs, ou plus tard.


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Re: Deadfall (P.V : Lucja)
Sam 13 Sep - 13:13
Sybéria

« Essayer de gagner la confiance d'une ombre n'est pas chose facile. Vu qu'elle est sourde face à vos paroles. »



Acte V, Scène 1 : Le manteau de la Reine

Elle était belle cette scène. Digne d'une Atalante hystérique, prête à arracher en bonne amazone les gorges de ses ennemis, à planter dans les poitrails gonfler ses griffes de flèches. Une scène qui aurait pu émouvoir et laisser en admiration l'amateur de jeu théâtral qu'était notre cher pantin du Vatican hors, il n'avait pas le cœur à aimer ce genre de jeu. Encore direz-vous qu'il lui faudrait un cœur et cela, je vous l'accorde, reste incertain. Il s'agirait plutôt d'un bloc de glace duquel ne suinte pas de l'eau transparente et bonne à être bue par vos lèvres avides, non ... ce qui en suinte est le sang, le dégout et la haine que chacun put poser à ses pieds en modeste présent, juste avant de mourir ou juste avant de se faire condamner par une erreur. Les plus censés vomiraient en voyant le pu de l'humanité s'écouler de ce bloc. Les plus dégénérés quant à eux se mettraient à rire et admirer cette "beauté". La jeune fille ne faisait qu'ajouter un crachat sur la lie de l'humanité, représentée par cet homme au passé bien torturé. Valiere la regardait s'agiter, hurler contre lui comme le ferait une petite voleuse de rue. Au moins, elle avait pu éviter de manger ce repas si gentiment servi. Ce piège empoisonné. Bras et jambes croisés, il continua à l'observer jusqu'à ce qu'elle parte dans une vrille de vent vers le tenancier. L'assemblée présente, peu habituée à voir ce genre de scène dite cocasse était hilare. Gorges déployées et choquant leurs pintes d'alcool bon marché, tous en tant qu'hommes se disaient "Celle là, une bonne paire de claques et une remise dans le droit chemin, et on l'a à nos pieds".  

"Tenancier"

De sa voix forte et grave, le russe attira l'attention de tout le monde. L'homme accourut en faisant une série de signes à ses employés. Visiblement, il n'était pas rassuré par la tournure que prenait les événements. Et il avait raison. Le forcis avait ignoré volontairement la question de la femme, qui, pour lui, était le genre bon à jeter dans la forêt. Si seulement ils savaient ... que feraient-ils une fois qu'ils eussent mis la bête à terre, et qu'il l'aurait dépecée de ses poils pour en goûter la chair ? Ils crieraient en voyant les griffes qui trancheraient une à une leurs gorges de prestes travailleurs.

"Monsieur ?"

"La dame vous a posté une question. Avez-vous encore des chambres ?"

"Non, monsieur ..."
"Pourquoi ?"
"Parce que vous avez loué les dernières, monsieur ..."
"Nous avons donc loué les dernières. C'est fort regrettable."

Valiere leva sa main droite comme pour sortir une arme de sa poche. Les hommes se mirent en position, mais il ne fit que sortir un simple étui à cigarettes ainsi que son briquet à pierre pour le tendre au tenancier.

"Vous fumez ?"

Le rondelet personnage avait ces bourrelets sur sa carcasse d'ancien chasseur qui tremblaient. Tant il se contractait de peur et de colère imbécile, on aurait dit qu'ils faisaient une danse arabique. Il n'avait pourtant rien à craindre, c'était une cigarette qu'on lui tendait, pas un bâton de dynamite. Dans sa grande mansuétude mais aussi par envie, le tenancier arrêta sa piètre performance d'homme courageux et prit un de ces papiers à brûler. Ils prirent chacun une bouffée, Valiere regardant les autres dingos saouls et le boulimique en devenir Valiere.

"Donc cette femme ne peut pas dormir ici ?"

"Sau .. sauf si vous libérez une chambre"

"Je libérerai donc la mienne et j'irai dormir avec mon compagnon à la peau de chiotte, comme vous l'appeliez. Par contre son sabre n'est pas une copie de chiotte. Maintenant permettez."


Certains se mirent à déglutir en voyant ce personnage aussi impénétrable qu'un iceberg de plus d'une tonne passer devant eux. Quand il s'arrêta à mi chemin dans les escaliers pour se retourner, quelques uns tressautèrent.


"Pensez à amener le repas dans la chambre de la demoiselle aussi. Demande de client. Merci et bonne soirée."


Léger salut et sourire en coin, Valiere savait que c'était lui qui avait l'avantage du terrain et que s'occuper de prendre en tenaille un deuxième akuma serait un bonus. Emballant ses affaires minutieusement en laissant dans les lattes du parquet, un petit cadeau : Un Mamori bane. Là elle pourrait pester et faire autant qu'elle veut l'hystérique. Au moins, ça aurait l'avantage de lui signaler qu'elle était tombée dans le piège ... Contenté, le russe prit son sac de voyage et partit rejoindre Ajay dans leur chambre à présent commune ...

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Re: Deadfall (P.V : Lucja)
Dim 12 Oct - 1:25
    Lucja, elle était débrouillarde, en général. Depuis sa... renaissance imprévue, elle n'avait plus peur de rien et agissait avec l’insouciance même des gens qui se savent immortels. Alors elle n'avait jamais vraiment prit de gants avec personne. Après tout, admirez le personnage : une jeune fille de bonne famille, orpheline mais vivant encore dans un confort remarquable, rendue plus ou moins folle par la mort de ses parents. Une gamine dans un corps de femme qu'on disait capricieuse mais associable, toujours enfermée, secrète, dans son vieux manoir délabré. De son vivant comme de sa mort, elle avait ce rang qui lui permettait toutes les excentricités sans recevoir aucune opposition, car aussi orpheline, aussi douce dingue qu'on la disait, elle restait ce qu'elle était : issue d'une bonne famille, riche, et donc supposément puissante. Si Lucja Kielenska avait daigné élever la voix de la sorte là où elle était connue, elle aurait eut la réaction escomptée : un silence religieux et une calme obéissance.

    Seulement voilà : elle n'était personne ici. Elle était habillée comme n'importe qu'elle fille de ferme, au fin fond de la Russie, et tout au plus agissait comme une gosse gâtée et prétentieuse. Une femme à remettre à sa place, en somme. Elle s'en rendit compte trop tard, au moment où s'était trop tard pour faire profil bas. Tant pis ! Elle serait la pseudo-princesse d'un père trop généreux, et ferait ses caprices. Le premier qui lui chercherait des noises finirait amoureusement déchiqueté dans un recoin sombre, pas vrai ? Ils pouvaient rire autant qu'ils voulaient, ça remuerait un peu les quelques neurones imbibés d'alcool qu'il leur restait. Alors, campée sur sa position, elle croisa les bras avec une moue, un air de défi dans le regard. Le regard que lui jetait le tenancier n'avait rien de très avenant... A mi-chemin entre la moquerie et la pitié. Il l'ignora purement et simplement, mais elle n'eut pas le temps de s'offusquer et s'éclipser – ce qui l'aurait arrangé, honnêtement – que la voix du russe rustre s'éleva à nouveau, grave et forte. Sans se départir de sa raideur arrogante, Lucja lui jeta un bref coup d’œil par dessus son épaule.

    Elle suivit leur échange sans un mot, visiblement mal à l'aise. Lucja ne se sentait pas inquiète, mais son personnage voyait son assurance s'effriter petit à petit... Du moins devait-elle en donner l'impression. Ce petit jeu de rôle l'aurait presque amusé si elle ne sentait pas, derrière la nonchalante générosité de son bienfaiteur, quelque chose de pourri. Ça sentait le piège à plein nez. Avait-il comprit ce qu'elle était ? Elle n'en serait plus si surprise à présent. Son comportement avait quelque chose de louche. L'environnement tout comme ses compagnons aurait parfaitement pu coller avec une expédition d'exorciste et traqueurs, mais elle ne sentait pas d'Innocence... Dans tous les cas, son instinct lui soufflait de se tenir sur ses gardes. Clairement méfiante, maintenant, Lucja le laissa organiser ses petites choses sans un mot.
    Lorsqu'il quitta la salle, elle le suivit, laissant entre eux quelques pas de distance. Elle préférait encore le type louche et son acolyte que la salle pleine de lourdauds suintant. Silencieuse, le visage fermé, elle attendit dans le couloir qu'il finisse par ressortir avec un sac de voyage. Elle l'observa un instant, et avant de s'enfermer dans sa toute nouvelle chambre, lui souffla, bas mais sans hargne :

    - Je ne sais pas à quoi tu joues, mais tu devrais faire attention.

    Simple mise en garde, elle ne souhaitait même pas vraiment le menacer. Seulement, si elle retombait sur lui dans d'autres circonstances, lorsqu'elle aurait des instructions moins strictes... Il serait délectable de faire de lui une victime. Il avait quelque chose de dangereux dans les gestes et si elle avait pu, Lucja aurait aimé s'y mesurer. Par jeu, un peu par caprice, et surtout par goût du risque. Mais là n'était pas le moment de se faire remarquer. Elle aurait d'autre occasions. Pendant la nuit peut-être ?...

    Sur ces mots, elle rentra dans la chambre et claqua la porte derrière elle. Elle s'immobilisa aussitôt, observant l'endroit avec attention, sans s'avancer. Tout lui semblait normal... C'était une chambre exiguë, dont le papier peint défraîchit se détachait dans les coins et l'air sentait la poussière. Elle fronça le nez. Sol en parquet, rayé, brûlé par endroits. Lit étroit, orné tout de même d'une épaisse couverture râpeuse. Une minuscule commode branlante en plus faisait office de tout mobilier. Elle ne sentait rien de particulier, tout semblait en place... Alors elle se permit de se détendre et de s'éloigner de la porte.

    Elle fit quelques pas prudents dans la pièce, se débarrassant d'une couche de laine épaisse qu'elle jeta sur le lit. Toujours rien. Elle commençait à croire qu'elle s'inquiétait pour rien et que l'autre inconnu n'était qu'un homme parmi d'autres. Elle se détendait presque lorsque soudainement, un éclat de lumière tracé à ses pieds l'arrêta.
    Il y eut un moment de flottement, puis Lucja se replia soudainement sur elle-même dans un réflexe heureux. Lumière, éclat, brûlure sur ses bras. Ce fut curieusement silencieux pour une explosion, et la trace qu'elle laissa sur le plancher était nette, grise et terne. Ses vêtements épais l'avaient protégée du plus gros des explosifs. Lorsqu'elle releva, avec d'infinies précautions, la tête, elle vit que les dégâts étaient modérés. Au début, ça la rassura. Ensuite, une vague froide – peur, excitation ? - parcourut son corps, de la racine de ses cheveux décoiffés jusqu'au bout de ses ongles.
    Piège disait-elle, cette vague, zigzaguant fébrilement dans ses membres comme l'alarme effrénée d'un bombardement prochain.

    Tremblante du choc et de la surprise, Lucja ne s'autorisa pourtant pas la moindre pause. Au sol, elle remarqua un cercle trop rond pour être naturel. Une petite poussée confirma ses craintes : elle était confinée dans une sorte de bouclier aussi palpable qu'invisible. L'effleurer, au moins, n'était pas douloureux, mais elle évita de trop le titiller pour le moment. Elle sentait que ce cadeau de son tout nouvel ennemi pourrait être plus fourbe qu'il ne l'était déjà, et elle se maudissait déjà d'avoir été si naïve.
    Elle était euphorique.
    C'est formidable, n'est-ce-pas ? Le goût du risque, chez elle, confinait à l'autodestruction parfois. Mais elle n'y pouvait rien. L'adrénaline qui, furieuse, coulait dans ses veines lui donnait une telle impression de force, une telle sensation de vivre qu'elle ne pouvait s'empêcher d'adorer ça. Et aussi fort qu'elle tenait à son ombre de vie, elle ne pouvait se planquer pour se préserver. Elle aimait un peu trop la sensation grisante du danger. Alors l'exaltation combattait en elle l'inquiétude, et c'était la première qui avait tendance à gagner. Après tout, qu'était-il de plus qu'un homme plein de gadget ?

    Ce n'était pas un exorciste, elle l'aurait senti. Elle faisait confiance à son flair pour ça. Elle savait que leurs ennemis n'étaient pas tous, et seulement des exorcistes, mais l'unique chose qu'elle craignait à part les Noés, c'était l'Innocence. Alors, elle ne se sentait pas capable de s'angoisser, pas encore, sur ce que la suite lui réservait. Tout ce qu'elle voyait, c'était un combat proche, et la machine à tuer en elle s'agitait doucement. Ce n'était pas toujours une sensation désagréable.

    Lentement, Luce fit le tour de sa prison improvisée. Les murs invisibles qui la retenaient n'étaient lisses, sans anicroches ni failles. Elle ne pouvait s'y accrocher. Elle tenta, avec un brin d'agitation, de lancer une de ses chaussures, puis la seconde, par delà ses murs : elles s'y heurtèrent toutes les deux et roulèrent à ses pieds. Soit.
    Elle essaya ensuite d'y glisser ses griffes de matière noire. Elles ne passèrent pas non plus la barrière. Alors elle se fit une raison : soit son hôte – était-ce le bon mot ? Il lui plaisait en tout cas – viendrait la chercher, soit sa prison disparaîtrait d'elle-même. Ces choses là, selon elle, ne pouvaient pas durer à tout jamais. Ce n'étaient que de tristes substituts après tout, des imitations de pouvoir. Curieusement, elle pariait sur la première solution.

    Alors elle se mit à l'aise. S'asseyant au centre du cercle, en tailleur, les yeux rivés sur la porte, Luce écarquilla ses pupilles fendues de chat et attendit, farouche. La nervosité couplée à l'excitation la rendaient impatiente, mais elle n'avait pas le choix, alors elle se fit silencieuse, immobile... Et le Chat attendit paisiblement la Souris.


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Re: Deadfall (P.V : Lucja)
Mer 15 Oct - 13:28
Sybéria

« Horrible vous avez dit ? Je vous rectifie : Monstueux. »



Acte V, Scène 1 : Le manteau de la Reine

"C'est quand même idiot de ne pas se douter de ce que tu as mis en place"

La voix grave et tranchante d'Ajay, qui ne se faisait pas souvent entendre sortit Valiere de sa lecture. Dans un claquement faible, l'oeuvre aux proses divines se referma, accompagnée du soupir las de son propriétaire. Certes ce plan était on peut le dire bancal, voir même facile. Mais à quoi bon. Si la demoiselle mécanique refusait de rentrer et repartait tout de go on ne sait où, ou rentrait et se faisait piéger un temps, le russe, dans tous les cas, aurait tout le temps d'accomplir sa mission secondaire.

"L'on verra bien. On a toute la nuit pour le savoir."

L'hindi haussa simplement les épaules, sourire en coin sur ses lèvres. Il ne savait que trop bien ce que son compagnon s'apprêtait à faire : donner la chasse au malin gibier. Sa volonté de ne prendre que des traqueurs et Crow dans son équipe en était la preuve. Peu de bruit sera soulevé et en confiance, le tapis dans l'ombre pointera sa truffe à l'air. Les deux compagnons se calèrent chacun dans leur couche sans échanger d'autres paroles. Le silence n'était pas roi en cette soirée car dehors la tempête faisait rage, poussant de ses milliers de bras neigeux les structures de l'Homme. Le poêle entre eux deux était tout de même là pour réchauffer cette atmosphère aux accents hostiles et ... glacés. Puis soudain, le craquement du plancher dans la chambre voisine les alerta. Immobiles et faisant semblant de dormir, les deux hommes écoutèrent les pas avancer toujours plus dans la pièce. Ajay fronça les sourcils et fixa Valiere d'un air contrit : ce fichu russe avait encore eu raison. À cette réponse silencieuse, le noir corbeau haussa juste les épaules en étirant un fin sourire. Puis plus aucun bruit ... jusqu'aux explosions.

"C'est bon, j'y vais."

Sur ces mots, l'imposant Central se leva en douceur, serein et décontracté. Il prit son manteau sur son épaule et se dirigea vers la porte. Au vu du brouhaha constant dans la salle de l'auberge, les explosions n'alertèrent personne. Sur cette confirmation, le russe descendit les escaliers et sortit dans la tempête, manteau mis et lunettes spéciales sur la tête. Le lieu de culte n'était point loin, mais les remous de la nature firent que ses pas s'alourdirent pour mieux le ralentir. Plus que deux mètres ... et le voici aux portes de la bâtisse. L'exorciste, à la vue des cheveux noirs, sortit de sa cachette et suivit le Central sans échanger un mot. (...) Le prêtre orthodoxe eut juste le temps de voir un homme fondre des fondations de son habitat religieux. Il n'eut pas le temps de sauter et fuir, sa robe l'empêchant de se déplacer convenablement et ainsi, la cible se retrouva à terre, yeux aux iris sanguinolents, à mi chemin entre transformation et humanité. Les chaînes qui le retenaient en différents points nerveux, comme pour l'humain de base, l'empêchaient de riposter et de plus, l'homme encapuchonné avait une force incroyable dans ses bras.

"Vas-y"

L'akuma ne comprit pas tout de suite ce qui se tramait. Mais bientôt, la présence de l'Innocence chatouilla ses sens, l'agitant et le faisant hurler de peur. Il haletait, se débattait comme un lion ce qui pourtant se révéla infructueux quand l'arme en forme de dague sacrificielle se ficha dans son crâne, entre ses deux sourcils. La machine se désintégra, âme libérée et mission accomplie. Les deux hommes se fixèrent, chacun rangeant son arme avant de tourner les talons vers des destinations opposées. Valiere repartit à l'auberge d'un pas plus forcé qu'à l'aller et salua l'aubergiste à son entrée pour signifier son retour. La disparition ne serait remarquée qu'à l'heure du culte, c'était déjà ça de gagné en temps. Maintenant, l'akuma dans cette chambre ...

"Je m'excuse d'avoir pris ces mesures violentes pour vous immobiliser mademoiselle, mais je ne pouvais me résoudre à vous voir certainement compromettre ce que j'avais à faire dans cette ville."

Le russe était à la porte, imperturbable, cigarette entre les lèvres et encore couvert de neige. Ses yeux de glacent étudièrent avec plus de précision cette femme cachant en son sein la plus redoutable des armes contre l'humanité : une mécanique de peur et de sang. Sans attendre, il entra dans la pièce en se doutant que sa captive ne devait pas être très heureuse de se retrouver ainsi. Et il s'alluma sa cigarette, fumant un peu avant de retirer un pan de son piège pour la délivrer.

"Je sais que vous avez une envie grandissante de me planter, là, de me saigner à blanc et de me voir écarquiller les yeux face à ma mort. Ce que je peux comprendre. Mais ce que je ne comprends pas, c'est ce que vous êtes venue faire ici"

Chaîne à son pied, fine et dansant sur le plancher, Valiere se préparait une fois de plus à anticiper le mouvement de sa nouvelle ennemie.

"Ah et juste au cas où, si vous voulez vous battre, il serait préférable de le faire dehors. Les humains n'aiment pas vraiment voir des 'monstres' comme ils les nomment si bien"

Il était humain aussi. Il les nommait aussi monstres. Mais pas pour des raisons imbéciles comme le fait qu'ils soient des bêtes, pour qui la tuerie ou la corruption de l'âme était un met de choix. Non ... un monstre était à ses yeux l'humain même. Le russe en était un et l'assumait. Puis, rencontrer une partenaire de jeu, entendre grognements, sifflement de métal et voir les regards se froncer à chaque coup dur cela lui semblait amusant. Valiere s'avança et posa son manteau sur les épaules de l'akuma pour qu'elle se réchauffe et s'assit à côté d'elle, sur ce lit vieilli. Il lui prit la main délicatement, sans la forcer et de son regard perçant, questionna ces yeux félins.

"Auriez-vous l'amabilité de me répondre, mademoiselle ?"

Fichu russe.


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Re: Deadfall (P.V : Lucja)
Sam 18 Oct - 13:18
    Le temps se faisait long. Lucja s'impatientait tranquillement. La tête renversée en arrière, crinière de cheveux blonds frôlant le plancher, elle observait les rainures au plafond comme si c'était les plus belles choses qui soient. Comment aurait-elle pu deviner ? Elle avait eut des soupçons, c'était évident, mais il n'y avait pas de trace d'exorciste, et elle avait préféré se croire paranoïaque que d'imaginer avoir croisé l'un des sbires du Vatican. Après tout, que faisaient-ils ici ? Avaient-ils une cible en ligne de vue ? Se tramait-il quelque chose de plus, à cet endroit ? Drôle de coïncidence pour un trou paumé au fin fond de la Sibérie... Mais qui sait. Peut-être que la tempête de neige serait bientôt le théâtre de festins sinistres.

    Finalement, elle entendit les pas lourds de quelqu'un remonter les escaliers. Le visage figé en une une expression de calme politesse – elle s'adaptait à ses interlocuteurs ! ; Lucja vit sans surprise le grand russe faire irruption dans la chambre.

    "Je m'excuse d'avoir pris ces mesures violentes pour vous immobiliser mademoiselle, mais je ne pouvais me résoudre à vous voir certainement compromettre ce que j'avais à faire dans cette ville."

    L'akuma leva un sourcil dubitatif, vaguement soupçonneux. Pour qui jouait-il cette comédie ? Elle était plus habituée à voir des hommes enragés et terrifiés à la fois l'agresser aveuglément que de converser comme si de rien n'était avec un de ses ennemis. La situation avait un petit quelque chose d'absurde qui l'amusa. Un demi-sourire aux lèvres, les yeux pétillants de malice, Lucja se releva et épousseta d'un geste ample ses jupes sombres. Croisant les bras, sans se départir de son sourire narquois, elle observa un instant le Corbeau – car ça devait probablement être ça, n'est-ce-pas ? Ou quelque chose de similaire, elle n'était pas spécialiste de la chose. Pour elle, tout ce qui venait de Central ne pouvait être qu'un oiseau de malheur.

    Visiblement, il était sorti. Il y avait encore de la neige sur ses épaules et entre ses mèches sombres. Une cigarette nonchalamment glissée entre les lèvres. Ce qu'il avait dit, également, l'alerta sans l'alarmer. « Ce que j'avais à faire dans cette ville »... Que voulait-il dire par là ? Elle essaya de trouver la réponse dans l'austérité de sa silhouette mais il ne portait pas d'arme visiblement, aucune trace de sang ni de lutte. Rien qui lui permettait de choisir laquelle des options qu'elle imaginait, de plus en plus loufoques, était la bonne. Curieusement, elle imaginait bien que ce n'était pas pour courir le jupon...

    Et là, comme si de rien n'était, le russe désactiva son propre piège. Les bras lui en tombèrent. A cet instant où, enfin libre, elle eut une vue alléchante sur le visage encore intact de sa proie... Son sang rugit dans ses veines, son instinct feula. Ses paroles passèrent autour d'elle sans qu'elle les écoute, focalisée comme elle l'était à présent sur...
    tuer, Tuer, TUER.
    Lucja recroisa les bras, plus farouchement cette fois, plantant ses ongles dans la peau pour se retenir, ignorant le frisson délicat qui lui parcouru la colonne vertébrale. Non, elle ne devait pas se laisser aller. Il n'était certainement pas sans défense. Et aussi fort que ça la démangeait de l'éliminer, elle devait se contrôler. Il n'était ni seul, ni inoffensif. Son argument la laissa de marbre. Elle se contenta de quitter le cercle qui la retenait auparavant prisonnière, les talons de ses bottines claquant contre le plancher roussi.

    Le russe eut même le culot admirable que de lui passer son manteau, comme si elle avait été une jeune fille frileuse après un rendez-vous galant. Encore une fois, Lucja resta de marbre, resserrant les pans du manteau contre elle avec un naturel total. A quoi jouait-il ? Était fou ou inconscient ? Le regard qu'elle lui adressa n'était guère amène et pourtant, pas le moins du monde impressionné, il lui prit la main comme le charmant, galant gentilhomme qu'il avait décidé de jouer. A cet instant, son cœur s'emballa à nouveau et Lucja se crispa, se retenant très fort de ne pas lui arracher le bras, à cet moment précis. Son instinct était exceptionnellement dur à contrôler, en de telles situations. A cet instant, ses pupilles se fendaient comme celles d'un chat, ses griffes prenaient la teinte délicate de la matière noire.

    Foutaises. Elle ne tomberait pas dans de stupides jeux théâtraux. Alors elle se dégagea, sans violence mais fermement, se releva et s'éloigna de lui avec un calme désoeuvrant. S'adossant au mur opposé, le plus loin de lui, elle répliqua finalement, visiblement nerveuse :

    – A quoi ça rime ? Es-tu fou, inconscient, ou stupide ?

    Cette situation l'aurait amusé, sans doute, si elle n'était pas aussi tendue, à tenter de se maîtriser. Elle rejoignit la fenêtre dans un claquement fébrile de talons, l'ouvrit en grand en fixant les volets, se pencha. Le vent s'engouffra soudainement dans la pièce en rugissant et mourut aussitôt. Rien aux alentours. Ou bien... Ses yeux de chat sondèrent l'obscurité sans mal et elle repéra, tout près, à côté de l'auberge, une silhouette humaine. Deux autres, de l'autre côté cette fois, discutant à voix basse sans grande conviction. Très bien. La chute lui semblait courte, les humains lents, alors elle opta pour ce chemin de sortie. Au cas où. Comptant sur le fait qu'il n'avait pas eut le temps de poser un piège à cet endroit aussi.

    Se détournant de la fenêtre, bien au chaud dans le manteau trop grand de son chevalier servant, Lucja lui fit à nouveau face. Elle se sentait calme à présent, comme si le froid lui avait remis les idées en place. La tension laissait à nouveau sa place à l'amusement. La discrétion qui lui avait été demandée s'effaçait dans son esprit : c'était maintenant la dernière de ses priorités. Tant pis pour eux, semblait dire ses yeux taquins ! Souriant à nouveau, elle continua :

    – Espérez-vous vraiment que je vous répondre, si j'avais eut quoi que ce soit à vous dire ? Enfin, voyons, je suis là pour tuer. J'ai été créée pour ça. Vous vous rappelez ? Croyez-vous que cela m'importe que des humains me voient ?

    Il n'y avait pas de rancœur dans sa voix, mais le sarcasme était omniprésent. Elle renonça à faire semblant, la farce avait assez duré et elle ne le savait pas dupe. Se rapprochant, avec la légèreté du félin qu'elle incarnait, elle se planta juste devant lui, les poings sur les hanches. Les yeux rivés dans les siens, à mi chemin entre la curiosité et le jeu, elle reprit, plus lentement :

    – Non, non, la vraie question, c'est ce que vous, vous faites là...

    Pour une fois, la réponse l'aurait vaguement intéressée. Elle hésita un instant, puis s'éloigna à nouveau, rejoignant la fenêtre encore une fois. S'accoudant tranquillement sur le rebord, les yeux perdus dans l'obscurité, elle repéra les mêmes silhouettes, ayant à peine bougé. Paisiblement, un peu taquine, elle demanda sur le ton de la conversation :

    – Tenez-vous beaucoup à vos hommes ?

    Probablement un minimum. Son interlocuteur du moment ne semblait guère être du genre sociable, mais elle pouvait parier qu'il s'était formé une petite équipe soudée dans laquelle il pourrait avoir confiance, quelque chose dans ce goût là. De là à souffrir de leur disparition... Elle n'en était pas si sûre. Elle hésitait, néanmoins. Devrait-elle, dès à présent, quitter la pièce et disparaître, ou pouvait-elle se permettre d'attendre un peu ? Il n'y avait aucun moyen que cette entrevue se finisse autrement que dans la douleur, mais le grand russe l'amusait. Son jeu avait quelque chose de divertissant, voire de rafraîchissant pour elle qui rencontrait essentiellement des brutes belliqueuses ou des gamins terrifiés. Alors, elle se permit de rester là un instant de plus, à mi-chemin entre la tempête rugissante et le confort chaleureux de la chambre.


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Re: Deadfall (P.V : Lucja)
Jeu 30 Oct - 14:33
Sybéria

« Nous sommes conscients lorsque nous avons accepté d'embrasser la mort. Ou sinon, nous sommes des idiots. »



Acte V, Scène 2 : Baiser mortel

Là ... lentement, mais sûrement l'étau se refermait sur la femme mécanique. Propre est sa nervosité, propre est sa sécheresse. Après tout, un agresseur se permettant de faire un baise main pouvait paraître pour presque n'importe qui un fou ou abruti. Ni l'un ni l'autre, le froid homme se tenant dans cette chambre à l'ambiance de plus en plus oppressante, s'amusait. Curiosité intéressante qu'était l'akuma aux allures humaines. Humain restait l'akuma. Valiere se releva du lit dans un mouvement lent et aux allures lascives. Non pas que cela l'ennuyait de la voir reprendre peu à peu du "poil de la bête", mais plutôt qu'elle essaya de se montrer menaçante. Une main dans la poche de son pantalon et l'autre tenant toujours son papier bourré de tabac, le russe se remit à fumer comme si de rien n'était. Elle avait raison d'agir ainsi. Tout feulement ou tentative pour terroriser l'adversaire était bonne à prendre en cas de situation en sa défaveur. Mais le russe était Crow depuis bien longtemps, avait été l'instrument de bien des missions avant de fouler le parquet mal lavé de cette auberge. Puis il se mit à rire, un rire doux mais grinçant en l'entendant s'agacer alors que lui restait imperturbable malgré le froid léchant sa peau comme la plus glaciale des lames.

"Si j'étais à votre place, même si mon désir de tuer était grand, je m'y prendrai plus subtilement. Arracher des têtes et déchirer des ventres en se jetant à corps perdu dans une mêlée de plus de dix hommes n'est pas vraiment recommandé."

Réplique juste, quand l'on savait se faire discret et propre dans son travail. Preuve vivante même, car rien n'apparaissait sur le manteau ni sur son veston rembourré qu'il y avait eu lutte et tuerie, précédemment. L'hésitation, les mouvements transitoires, chaque once de la jeune femme mécanique était observée de ces iris glaciales. La reine était en manteau, se cachait et crachait sur son propre kidnappeur. Cet homme qui n'avait aucune raison valable de la retenir en otage. Absurde, amusant, agaçant ... tant d'adjectifs pouvaient ainsi fuser dans ce corps frêle mais beau, dans ce regard félin et délicieux mais sanglant comme la pire des tueries connues. Le vent se remit à souffler plus férocement, séparant de sa force les deux protagonistes. Mais des questions que pose la succube des Noé, il n'y eut qu'expirations de fumée, jusqu'à ce qu'elle se mit à observer l'horizon nocturne et sa ville presque morte.

"Tenez-vous beaucoup à vos hommes ?"

Ton de menace à nouveau, lui proclamé par la féline comme le fou du roi. Son sourcil droit se hausse et un fin sourire apparaît sur ces lèvres jusque là glacées dans un détachement et un désintérêt profond. Valiere s'avança alors d'un pas, sachant pertinemment qu'elle sentirait ce nouveau mouvement et le prendrait en compte comme une possible réaction à sa phrase. Mais son but n'était pas de lui donner raison non ... de juste attiser sa flamme de machine destructrice et de femme attirante mais aussi froide que les contrées les plus reculées de Sibérie. De nouveau le silence. Pourquoi, car il se prêtait à la détailler, elle cette jeune femme aux cheveux blonds qui fut gâchée par un caprice de la destinée.

"Les hommes qui m'accompagnent savent dans quoi ils se sont engagés. Si ils ont suivi aveuglément sans prendre en compte tout facteur, je ne serai pas responsable."

La seule chose dont il serait responsable : laisser un akuma traîner non loin de leur prochain objectif et y laisser des civils. Mais durant cette légère palabre le russe s'était rapproché et à présent ses mains se posaient sur le rebord de la fenêtre. Non il n'y avait aucun piège, aucun. Seul un "timbré" se mettant ventre à portée de coups d'une machine mortelle. Ce même "timbré" qui se baissa pour venir chuchoter de sa voix sombre ces quelques mots.

"Je serai même prêt à me laisser tuer pour vous observer vous frustrer face à mon visage impassible quel que soit la douleur que vous m'infligeriez ..."

Provocation certes, mais les mots étaient pesés. Valiere avait eu ses limites, les avait vécu jusqu'à en être un corps à demi brisé et affamé. Ce corps qui fut marqué sauvagement à la tête par cet étrange tatouage de dragon pour le simple plaisir d'un gouverneur accroc à l'opium et de mèche avec les Noé. Sa respiration chaude et calme se glissait contre l'oreille de la dame de fer en une fine couche de vapeur. Puis il se retira pour de nouveau s'installer sur le matelas, amusé de la balancer entre pulsions assassines n'attendant qu'à tuer dehors et son envie de rester.

"Si vous voulez tuer, partez, mais je ne serai pas contre un peu de compagnie féminine. Et je vous rassure cela restera pur oratoire."

Mystère. Tentation. Bien sûr qu'il n'allait poser la main sur elle, sauf si celle-ci le souhaitait. Il restait brusque et insensible face à ses ennemis, mais cela n'effaçait en rien son côté gentleman. Mais si elle voulait tuer, alors le baiser de velours sortira d'entre ses lèvres la dague empoisonnée du Corbeau.


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Re: Deadfall (P.V : Lucja)
Mer 24 Déc - 19:08
    Lucja sentit peu à peu son pouls se calmer. Elle restait alerte, sur ses gardes, mais peu à peu elle se prenait au jeu. S'appropriait son personnage, rentrait dans la scène. S'entourait de ses grands airs, faisait sienne la voix voilée de cette femme-akuma un peu farouche. Plus de chat ronronnant, cette fois-ci, plutôt une reine féline habillée de sa propre fierté.
    Valiere avait un comportement curieux. Elle avait souvent eut affaire à des ennemis, par le passé, même si elle évitait tout ceux qui auraient pu la blesser. Sa vie comptait plus que sa mission, c'était certain. Mais même les plus pathétiques des recrues, le plus fragile des exorcistes, tous s'étaient montrés clairement hostiles, voire agressifs. Alors ses belles paroles, elle ne savait pas comment les recevoir. Sa première réaction avait été celle d'un animal sauvage acculé : agressivité, méfiance, attention. Déceler les pièges, passer outre ses attitudes sereines. Percevoir la menace derrière son vocabulaire fleuri. Mais il n'avait pas bougé, rien fait pour la blesser, et ce n'était pourtant pas les occasions qui manquaient. Il était préparé, méthodique, et clairement efficace... C'était une attitude d'autant plus déroutante qu'elle n'avait pas la moindre idée de ce qu'il pouvait bien attendre d'elle.

    Seulement, voilà : Luce était joueuse, et parfois clairement imprudente. Ayant récupéré sa liberté de mouvement, et sa verve calmée, la peur légitime pour sa vie envolée, elle se sentait portée par une toute nouvelle sorte de malice. Une légère envie de s'amuser. Alors elle ne bougea pas, posée face à la fenêtre sans paraître gênée par les bourrasques glaciales. Elle détailla l'homme du regard, ignorant sa remarque. Il est vrai qu'elle ne gagnait rien à faire un bain de sang... Pas cette fois. On lui avait demandé de la discrétion, et vu l'instabilité de ses supérieurs, elle allait s'y plier de son mieux... Même si ce n'était pas tout à fait gagné. Néanmoins, en tout autre occasion, elle n'aurait eut aucun remord à causer un carnage. C'était dans sa nature.

    Immobile, un lueur d'amusement dansant dans son regard, elle le regarda venir, s'appuyer à côté d'elle sur le rebord maintenant couvert de neige de la fenêtre grande ouverte. Cette scène avait un petit quelque chose de romancé, d'irréel... C'était délicieux. Elle se prenait au jeu. Peut-être sa vie passée avait été si morose que tout était bon pour faire de celle-ci une véritable expérience...
    A sa remarque, elle sourit, amusée. Légèrement, avec une nonchalance tranquille, elle répliqua :

    – Je n'en demande pas tant.

    L'envie meurtrière qu'elle avait ressenti plus tôt s'était envolée. Sa proximité la laissa de marbre. Elle en ressentait une sorte de fierté absurde, d'être capable de se maîtriser ainsi. En tout cas, ce soir, ce sang froid lui était bien utile. Peut-être y aurait-il un mort ce soir, mais ce ne serait pas maintenant, et surtout... Ce ne serait pas elle. Elle hésita encore un instant, puis finalement s'écarta de la fenêtre à son tour. Elle rabattit les volets en partie, la fixant à peine entrouverte, avec des gestes mesurés. Puis, abandonnant le manteau trop grand derrière elle, elle se rapprocha d'une démarche féline, les yeux pétillants. S'installant à côté de lui avec le plus grand des naturels, sans jamais le quitter des yeux néanmoins, elle déclara :

    – Tu es quand même étrange... Il y a plus conventionnel, comme compagnie féminine, que la mienne.

    Après, elle ne doutait pas un instant qu'il n'était pas du genre à se complaire de la chaleur impersonnelle d'une fille ramassée sur un trottoir, ni même des avances pressantes de l'aubergiste. En fait, il ne semblait pas du genre à apprécier une compagnie tout court, féminine ou non. Cependant, elle fit semblant d'y croire, pour que le plaisir qu'elle prenait à ce petit jeu n'en dure que plus longtemps. Puis, si il affirmait que passer une soirée avec un cadavre vivant était à sa convenance, ce n'était que bénéfices pour elle.

    Lentement, elle se pencha vers lui, le fixant entre ses cil comme si elle essayait de découvrir quelque chose dans son regard, une explication peut-être. Mais il était remarquablement inexpressif, et elle ne vit rien de plus dans ses yeux clairs qu'une parfaite maîtrise de soit. Très bien, gentleman. Continuons un peu plus.
    Son regard s'écarta du sien, et très lentement, elle glissa ses doigts sur sa tempe, suivit la ligne de sa mâchoire, très délicatement mais sans gêne aucune. Effleurant à peine la peau, elle dessina le contour du dragon tatoué, puis s'écarta, les yeux brillants d'une curiosité sincère :

    – Qu'est ce que c'est ?

    Lucja se sentait détendue, à l'aise presque. Au delà du fait qu'il était son ennemi, et que par conséquent elle s'en méfiait comme de la peste, la compagnie de Valiere ne serait sans doute pas désagréable. Alors, instinctivement, elle s'abandonna à sa familiarité habituelle, comme si elle était en présence d'un vieil ami.

    Spoiler:
     
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Re: Deadfall (P.V : Lucja)
Sam 27 Déc - 23:35
Sybéria

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Acte V, Scène 2 : Baiser mortel

L'on ne s'attend jamais à ce genre de questions, à ce genre d'événements. Toute personne aura beau se préparer, être la plus expérimentée ... mais lorsque l'on frôle de manière physique ou par sensation et sentiments, tout peut s'ébranler, se briser et n'être plus que poussières à l'odeur puante et au goût de sang séché. Même dans le froid qui les entourait, dans son froid, le marqué, le maudit corbeau ne pouvait réprimer ce qui touchait à cette plaie visible. Mais ça, ce n'était arrivé qu'après, bien après ... Non pour le moment il restait là, à tenir entre ses doigts cette cigarette presque terminée, à fumer, comme le mortifié qui rejette d'un simple souffle son âme.

Cliquetis de briquets au craquement du plancher, tout cela devenait une sérénade digne du plus pesant des requiems. On battait la mesure, la vitre teintait sous la force du vent en un cuivre à la mélodie bien solennelle. Puis c'est le vrombissement du volet fermé qui forme le bois de cet orchestre ... pour finir sur la délicate note d'une eau qui coule en l'image du manteau. Le russe s'amusait sans ressentir le besoin de faire briller sa fierté. Il n'en avait pas besoin. Preuve étant que l'akuma se rapprocha de sa personne, l'en se montrant bien plus personnelle ... il ne put s'empêcher de lâcher un rire et remonter de sa main tenant le bout de papier fumant sa frange.

"Il en existe bien. Et je dois avouer que ... les observer ... c'est comme étudier chaque interstice, chaque point d'une aile de papillon ..."

Ses yeux d'un bleu si pâle se plantèrent dans les rougeoyants, les pétillants de cette machine à l'apparence fatale. Elle la belle qui s'immisce, frôle et souffle son glacial poison durant cette pause dans la mélodie de leur histoire ... cette présence était flatterie, jeu de poker et chacun le savait. Tourner une carte dans le mauvais sens, avec la mauvaise combinaison, tout était synonyme de meurtrissure. Une belle roulette russe. Clic ... clic ... cliqua de nouveau le briquet, brûla la cigarette sur ce parquet crasseux. Jamais, non jamais le regard de glace ne se détacha du sien durant cet instant. Et accompagné d'un sourire fin, lentement son index glissa jusqu'à sa tempe pour remonter vers la fin de son crâne.

"On les fige, pique, sans vraiment dénaturer leur beauté. Puis on les déshabille ... lentement ... pour les garder en mémoire."

Valiere ne va pas le cacher ni le nier. Il restait un homme, comme les autres. Mais un homme qui appréciait la compagnie quand celle-ci se montrait digne d'intérêt. Sinon tel la panthère se lassant de sa proie à la nuque tendue, il partait, ne laissant derrière lui qu'un vague souvenir : une odeur de cigarette et une senteur forte, comme l'agrume. On le boit, on le sent, et on le veut encore ... mais quand celui-ci a donné, il ne peut servir plus. Alors il disparaît, pour se faire goûter loin de nos lèvres avides, droguées. Puis ... tout s'arrêta. Elle venait d'elle-même enclencher le mécanisme. Intentionnellement car telle est la logique du chat : étancher sa curiosité tout en faisant fulminer l'humain.

You put on poison on your lips as we came to my room, didn't you?
With your touch, my body and mind feel like they're going to melt

"..."

Un silence ... il n'y eut rien de plus subtil, de plus facile à apposer en réponse à cette approche. Il vint, et revint, par cette touche fugace de la pulpe de ces doigts. Si fins, si légers mais si métalliques. Et cet infime détail gâchait toute la beauté de cette vénus féline. D'un prompt haussement de sourcil, le glacial russe laissa faire en sentant le souvenir de l'intense douleur effleurer tempe et mâchoire. Alors comment se fait-il qu'il arriva encore à respirer aussi calmement, malgré ces pulsions assassines ? Parce que cet homme était et resta énigme pour la curieuse machine.

You hate me such as I hate myself ...
"De l'encre. Du mystère ..."
You hate me such as I hate myself ...

Puis d'un souffle, d'un mouvement preste de jambe le faisant se relever légèrement, les deux êtres se frôlèrent ... mais rien ne toucha. Valiere restait là, à deux petits millimètres de distance. La dame empoisonnée pouvait sentir ce souffle chaud caresser chaque partie de sa délicate épaule, et remonter jusqu'à son lobe d'oreille. Penchant sa tête sur le côté pour tendre la nuque dans une volonté d'attiser une soumission feinte, la main partit pour délivrer de sa cachette la bandelette.

You wanted to become a black swallowtail butterfly and to be loved by everybody.
Even though that's 99% not possible, You wanted to even for a moment...

"... de l'amour ... de la drogue ... "

Mais tout de même, le Corbeau se risqua à jeter sa dernière carte, aussi surprenante fut-elle. La main libre vola vers les longs cheveux. Il avait envie de les sentir, de les toucher de les prendre ... et ensuite, le lèvres chaudes de l'humain se posèrent sur la joue métallique. Douce, comme celle d'un amant protecteur.

You hate me such as I hate myself ...
"... De la mort. "
You hate me such as I hate myself ... !

Et dans une tape directe dans le ventre tout se fracassa, vola pour n'être que feu et destruction. Elle put le griffer, il ne sentit rien. Il pouvait saigner, cela l'indifférait. Il avait accepté un défi avec une machine de mort, aussi attirante qu'elle put être.

"Ajay !"

Ce simple nom fit voler dans les cieux nocturnes et les flammes de l'auberge, l'arme à feu de prédilection de Valiere. Guère soucieux de son état et de l'hébétude de ses coéquipiers postés loin de la position, mais assez près pour entendre l'explosion, l'imposant Central pointa le canon en direction d'une simple cible : l'oeil droit de Lucja. Ainsi partirent cinq coups, chacun déviant dans une direction proche du corps de l'akuma, pour qu'ensuite, avec la prochaine, il puisse empêcher tout mouvement d'esquive suite à l'état de surprise. Peut-être ratera-il son coup. Peut-être qu'il ne fera que blesser légèrement le félin. Sourire en coin et lunettes remontées, le Central dit d'un ton désabusé :

"Fais-toi détester, ma jolie. Après tout, tu hais l'amour humain parce qu'il est celui qui a permis ta création. Et tu lui en veux."

Nouveau coup de feu. Les gens sortirent en hurlant de l'auberge et certains de leurs maisons. Quant à Ajay, il se tapit dans l'ombre de Crow, en chasseur qu'il était. Shade engageait les hostilités sans broncher, se permettant même une révérence comme pour dire adieu à cette femme qui aurait pu le flatter.

Que les jeux, la traque, la vraie mélodie que tout le monde attend, commence !


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Re: Deadfall (P.V : Lucja)
Dim 18 Jan - 12:21
    Entre ses lèvres figées, la cigarette se consumait sans un bruit. Sa voix avait l'allure du cuir et du miel alors que s'affrontaient leurs regard. Lucja était joueuse, prudence entièrement masquée sous la malice. Elle ne pouvait nier l'étincelle d'excitation qui lui parcourrait les os comme autant d'aiguilles brûlantes. Alors que le vent se battait encore pour franchir la barrière des volets mi-clos, elle voyait déjà de la glace dans son regard, un froid si intense qu'il en était brûlant. Et alors qu'elle jouait de ses mots, préparait insidieusement son terrain, elle pouvait voir le givre dans ses yeux se craqueler. Tout ceci ne menait à rien de bon, et cette pensée la ravissait. Lucja se sentait si confiante, maintenant que c'était devenu un jeu. La chasse était imminente, et cette fois... Elle ne serait pas la proie.

    Ses silences étaient les plus amusants, peut-être. Lorsqu'elle effleura du bout des doigts le tatouage sur sa tempe, il resta de marbre, mais ne répondit d'abord pas et Lucja sourit légèrement. Elle devinait sans mal qu'il était bien moins calme qu'il ne le montrait, mais son sang froid était impressionnant. Il jouait le jeu avec une admirable intensité... Pour un ennuyant, froid comme la glace, désagréable petit corbeau, car c'est ainsi qu'ils sont censés être, non ? De pâles marionnettes vides qui masquaient leur dégoût d'être utilisés comme de vulgaire outils sous une couche de fierté mal placée. Il semblait échapper à cette définition, s'en fichait-il ? Ou bien ne s'en rendait-il pas compte ?
    De toute façon, qu'elle importance ? Elle n'était pas là pour méditer le sorts de ces pauvres, pauvres corbeaux.

    Son souffle dans son cou la fit frissonner. Invariablement souriante, un peu narquoise, Lucja le suivit des yeux sans ciller. Sa main hésita un instant en l'air, puis agrippa la couverture rêche qui couvrait le lit où ils étaient assis, alors qu'elle suivait chacun de ses mouvements, chacun de ses mots avec une attente aussi fébrile que feinte. Peut-être se serait-elle laissé charmer, pour le simple plaisir de l'être. Elle se souvenait encore, comme si ce n'était qu'un rêve d'une étonnante clarté, comme il était agréable de céder à son attirance, sombrer dans l'illusion morbide de l'amour, s'abandonner aux fils soyeux d'une araignée aussi tendre que sournoise. Elle savait encore que dans une autre vie, un autre monde, elle avait adoré ce sentiment délicat, l'équilibre entre se préserver et se rendre à un fantôme de ce que les autres appelaient, ignorants, l'amour. C'était comme se trouver à une très haute altitude et hésiter, chaque instant, à sauter dans le vide.
    Mais elle était un chat, et elle n'avait plus peur des hauteurs.

    "... De la mort. "

    La brutalité de son geste l'alarma, et dans un réflexe, son bras heurta le sien. Le coup, même prévu, même attendu, était soudain et Luce se plia en deux. Entre les cascades de ses boucles blondes, elle vit soudainement la gueule métallique d'un canon. Le face à face étrange sembla durer une éternité. L'adrénaline, si toutefois il en restait dans son corps dépourvu de sang, rugit à ses oreilles. Un sursaut réflexe l'écarta de la visée. La balle traça une ligne brûlante contre la pommette. Elle sentit son passage juste contre l'os. Elle roula brusquement hors de sa portée, portée par son instinct. Une seconde balle vint se planter dans son bras. Un sang trop sombre pour être humain tâcha l'étoffe fine de son chemisier, mais elle ne broncha pas.

    Ce qui fusa à l'autre bout de la pièce était une ombre plus d'acier que de peau, plus bête qu'humaine. Dans sa course, elle renversa la lampe, brisa le verre, éteignit la lueur, les plongeant dans une semi-obscurité agréable. Seuls leurs parvenaient à présent la faible lumière du couloir, détachant des ombres nettes sur les traits de Valiere. Les volets claquèrent, cédèrent, s'ouvrirent en grand sous le coup qu'elle leur porta. Un dernier coup de feu se perdit dans la pièce. Face à la fenêtre, Lucja se redressa, bien humaine, ses cheveux décrivant des courbes folles sous le vent qui les malmenait. D'un geste presque nonchalant, elle essuya les traces de matière noire sur sa joue blessée, le regard brûlant. Un sourire sans joie étirant ses lèvres, elle ironisa :

    – Tu me déçois beaucoup... Ne passions-nous pas une agréable soirée ?

    Et en même temps, quel mensonge éhonté ! N'attendait-elle pas que ça, après tout ? La traque reprenait, et cette fois à armes égales. Au diable la discrétion, au diable le silence qu'on lui avait demandé de respecter. C'était pas vraiment de la nécessité, rien ne l'empêchait de sauter de la fenêtre et de disparaître dans la nuit. Elle était de ces créatures que l'on ne peut suivre dans l'obscurité, son domaine, son royaume. Mais pourtant elle restait là, car on ne luttait pas aussi impunément contre sa propre nature. Elle pouvait se tenir, lutter sans mal contre ses pulsions... Mais engagée, alors même que sa proie la poussait à le faire, comment résister ?

    Ils étaient deux face à elle, mais deux humains. Entraînés, peut-être, mais ils ne l’impressionnaient pas. Lentement, Luce les contourna, deux pas claquant contre le parquet, et soudainement une bête énorme bondit à leur rencontre. Malgré le métal épais qui faisait office de chair, le félin se déplaçait silencieusement, en mouvements éclairs. Il ne faisait pas assez noir pour y être invisible, mais qu'elle importance ? La lumière glissait contre elle sans s'accrocher. Crocs découverts, griffes suintant de matière noire dévoilées, Lucja bondit sur Valiere, sans se soucier de son acolyte. Le plaquer au sol, ou juste lui arracher la peau en essayant... Mais pas le tuer, pas tout de suite.
    Un corbeau piaillant est nettement plus intéressant qu'une carcasse déplumée, pas vrai ?
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Re: Deadfall (P.V : Lucja)
Mer 11 Fév - 13:11
Sybéria

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Acte V, Scène 3 : Jouer à chat

Tout n'est que poussière et amère dépréciation. Poudreuse volant de blanc, poudreuse noire à l'odeur forte de brûlé, elle se mélangeait avec envie malgré leurs éléments opposés. C'était la panique pour la populace. Trop paisible bourgade valsant sous la tempête glaciale, habitants terrifiés comme absorbés par la scène qui se jouait devant eux. Une femme et deux hommes, enlacés dans un désir de survivre ou de tuer. Couverture illusoire portée par des épaules tendues, elle flotte au milieu des éventrés édifices, brasiers et flocons se mêlèrent pour former cette fine couche de vapeur bientôt balayée par les vents assassins. Une goutte encore brûlante toucha la joue de l'imposant russe, l'électrisant bien plus qu'il ne le fut de prime abord. Son ombre, se mit à se mouvoir légèrement en émettant un grognement.

"Je sais."

Il aurait fallu être plus discret et moins se mettre en avant. Le devoir du Corbeau. Mais que pouvait-il faire d'autre en cet instant ? Attendre, ne pas baisser la garde de l'akuma pour laisser le temps à son équipe de se retirer et donc les laisser crever ? Non, ce n'était pas son genre. L'équipe était plus sacrée à ses yeux qu'il ne le laissait paraître et il était prêt à payer les pots cassés. Alors, tandis que siffle dans le vent les mouvements entrecoupés de la dame de fer, Valiere fait cliqueter son pistolet pour recharger l'arme à une vitesse ahurissante. Chaque balle se fiche à quelques centièmes de secondes dans les interstices. Coup d'oeil à son partenaire, et valse se mit en place. Le russe se penche légèrement de côté, sans perdre de vue le regard rubis de leur adversaire survoltée.

"Elle va vouloir nous prendre à revers. Tu as vu ses mouvements ?"
- Un chat.
- C'est ça. Il va falloir jouer sur les ondes. Ou bien ... jouer tout bonnement à chat."

L'hindi ferma lentement les yeux, imperturbable face à ce grabuge. Tout comme son partenaire qui, attrape le sabre de son partenaire tandis que lui récupère la chaîne et le pistolet. Parfait. Le Corbeau se tint prêt à l'éventualité de finir lacéré. Ils n'avaient certainement pas l'avantage face à la jeune femme mais le russe savait comment s'en dépêtrer. Si elle venait vers lui sans se douter que le Talisman du traqueur était sur l'arme, ils auraient un moyen de diversion temporaire, ce qui permettrait de poser les bandelettes sur les monceaux de ruines. Arme qui servirait sans doute à faire crisser ses petites oreilles de chat ...

"Tch ..."

Paupières closes, dos à la mort, l'homme attend dans l'ombre. Il se fond, serre la mâchoire et se prépare à encaisser, posé sur ces plaques de taule. Le sabre sortit lentement du fourreau, faisant briller sa lame dans cette nocturne ambiance d'hiver éternel. Il la sentit arriver, bondir vers lui tel un félin enragé, ne cherchant plus la proie pour se nourrir. Alors Valiere sourit et attend. Il attend de pouvoir dégainer face à elle le sabre et de laisser le talisman voler vers l'arrière afin qu'Ajay l'active. Deux humains certes ... mais deux humains qui savent jouer à chat.


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Re: Deadfall (P.V : Lucja)
Ven 10 Juil - 13:17
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    Spoiler:
     

    Le sifflement des balles se mêlaient aux hululements du vent. Lucja les sentait fuser autour d'elle, tandis qu'elle se faufilait dans l'obscurité, les contournant peu à peu, ombre parmi les ombres. Elle les sent sur la défensive, parler entre eux comme si elle ne pouvait pas les entendre. Malgré le bruit, elle reste un chat, elle capte leurs paroles. Alors elle hésite : céder à ses instincts, aller à l'assaut comme le lui suppliait ses gènes d'Akuma, ou s'éclipser avant que ça dégénère vraiment ?
    Jouer avec le russe l'amusait. Beaucoup plus que la plupart de ses adversaires jusqu'à maintenant. Il avait une façon de régler les choses qui l'enthousiasmait plus que ça ne l'inquiétait. Cependant, elle le savait suffisamment dangereux pour lui nuire, malgré l'absence d'Innocence. Elle pouvait être blessée autrement que par la détestable arme des exorcistes.

    Un instant, elle hésita, épousant dans son immobilité la semi-obscurité de la pièce. Puis finalement, son instinct l'emporta : elle se rua, presque silencieusement, non pas sur le russe mais droit sur son compagnon, maintenant armé de l'arme à feu. Elle sentit une balle lui déchirer l'épaule, mais n'y prêta aucune attention. De tout son poids, elle renversa le grand homme, plantant ses crocs suintant de matière noire dans la jonction tendre entre son cou et ses épaules. Elle fut aussitôt dégagée par un puissant coup de pied dans le ventre, mais ne perdit pas l'équilibre, et retourna aussitôt se cacher dans les ombres, abandonnant l'homme blessé derrière elle. Intérieurement, elle jubilait... Le goût métallique du sang l'euphorisait complètement. Elle passa une langue râpeuse sur ses babines, métal crissant contre le métal dans un bruit d'horreur.

    Elle enchaîna aussitôt, se précipitant cette fois sur le russe, espérant que son coup d'éclat l'avait ne serais-ce qu'un instant détourné de sa concentration. Griffes en avant, elle se dressa sur ses pattes arrières pour envoyer un fulgurant coup de patte à son adversaire, ignorant sa lame comme si elle n'existait pas. Elle n'avait plus qu'une chose en tête : continuer de jouer avec sa souris... Ou bien était-elle la souris dans cette histoire ? Elle n'en avait que faire. Elle était transportée par l'adrénaline fictive qui lui traversait ses veines d'acier, seulement concentrée sur le fait d'aller plus loin, encore...
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Re: Deadfall (P.V : Lucja)
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