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Satan n’avait pas l’intention d’abandonner et réaliserait le rêve qu’il avait forgé avec Yuri, la seule humaine qui avait pris le temps de parler avec lui. Et pour cela, il devait détruire l’ordre, éliminer tous les exorcistes. Rin lui était maintenant en fuite et devait combattre sa nature démoniaque montant en lui. Une guerre, un combat intérieure et de nombreuses intrigues vous attendent. KHRYSALIS ACADEMY
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Fin d'un XIXème siècle futuriste...
Le monde vit des heures sombres. Peuplé d'Akumas, machines meurtrières créées par le Comte Millénaire, l'Humanité touche à sa fin. C'est là qu'entrent en scène les Exorcistes : combattant au service du Vatican, ils se dressent sur la route du Comte et du Clan Noé dans le but de ramener la Paix dans le monde grâce à l'Innocence, une arme céleste. Cette Guerre Sainte est tenue secrète aux yeux du Monde : pour la comprendre, il faut prendre part au combat...Lire le contexte complet
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 Quelques instants d'inattention [Isleen]

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Quelques instants d'inattention [Isleen]
Dim 11 Jan - 19:07
    Le temps était définitivement farceur. Ça faisait que quelques jours, quelques semaines, mais il avait l'impression que ça faisait des années. Depuis que c'était arrivé, il évoluait dans une sorte de rêve éveillé, vaquant à ses occupations quotidiennes machinalement. Il s'y faisait presque... Eifersucht se faisait discret. Il était toujours là pourtant, murmurant à son oreille, raillant chaque chose qu'il faisait. Il s'y était habitué curieusement facilement. Le plus dur avait encore été de confronter sa famille, la première fois. Il n'avait cessé de craindre un éclat, quelque chose... Mais le Noé était resté calme. Il avait écourté sa visite et s'était enfermé dans son petit appartement de Vienne. La simple idée de croiser quelqu'un qu'il connaissait le paralysait.

    Depuis, il allait et venait, se pliait à son emploi du temps avec indifférence. Sa vie avait reprit son cours, dirait-on. Il n'avait eut aucun contact avec sa... grande famille et ne tenait pas à en avoir. L'unique chose qu'il craignait encore vivement était de voir Eifersucht se manifester auprès de sa famille : il savait qu'il ne pourrait pas vraiment l'en empêcher. Ce n'était cependant pas arrivé et il avait redoublé de prétextes et de rendez-vous pour les éviter. Paradoxalement, depuis sa transformation malheureuse, il n'était jamais autant sorti !

    La plus récente de ses escapades l'avait mené jusqu'en Irlande. Il y était venu rendre visite à un vieil ami, un violoncelliste avec qui il avait joué dans de nombreux concerts. Il ne jouait plus depuis longtemps, et ils n'étaient plus si proches depuis autant de temps, mais Leander ne tenait plus en place. Peut-être avait-il caressé l'idée de revoir Bonnie après leur première entrevue... Mais il avait vite renoncé à cette idée. Ce serait bien égoïste de sa part que de venir la voir à l'improviste ici. A la place, il avait joué la carte du tourisme.
    L'Irlande était une belle région d'herbes et de vents. Il n'y trouvait rien de sa Vienne natale, mais c'était aujourd'hui plus reposant qu'alarmant. Il s'était baladé dans Dublin, avait visité les alentours... Et se trouvait à présent dans un grand village aux alentours où il passait quelques jours. Préoccupé par sa maladie, malgré sa disparition soudaine, on lui avait conseillé air frais de la campagne... Et il avait saisi ce prétexte pour fuir avec soulagement.

    Il est vrai qu'il n'était pas heureux de sa transformation. Il détestait le Noé en lui, pas seulement pour ce qu'il était en essence, mais bien à cause de son caractère odieux et sournois. Il haïssait chaque des interventions qu'il faisait dans son esprit ou pire, dans son corps. Néanmoins, il avait encore l'illusion d'être maître de lui-même le plus souvent, et il en était profondément soulagé. Il avait même pu reprendre son travail... Même si les récents événements l'influençaient énormément. Il était parti sur son idée première, ambitieuse : l'Arrivée de l'Amour. Aussi mal qu'il s'était senti ce jour là, ça restait une idée géniale, n'est-ce-pas ? Terriblement appropriée aussi...
    Une brusque résistance le tira de ses pensées et Leander moulina gracieusement dans les airs pour retrouver son équilibre, lâchant une courte exclamation de surprise. Dans un sursaut de chance, il parvint à rester sur ses pieds, se réceptionnant avec une souplesse de gymnaste – faites au moins semblant d'y croire ! - non sans heurter de l'épaule la personne sur laquelle il venait de trébucher comme un idiot.

    Embarrassé, il releva les yeux... Mais sa maladresse était sans nul doute passé inaperçue. La personne qu'il avait bousculé était une jeune femme rousse, tenant une cane. Ses yeux étaient ouverts, perdus dans le vide néanmoins, et il comprit très vite qu'elle était aveugle. Il tira sur ses manches, décoiffa une mèche, recula d'un pas.

    – Je suis navré... J'aurais du m'écarter. S'excusa-t-il dans un anglais souligné d'un léger accent.

    Plus maladroit encore, Lean', bien joué ! Il ne savait pas où se mettre, mais il savait encore comment se comporter correctement. Il continua, vaguement mal à l'aise mais soucieux :

    – Vous allez bien ?

    Il remarqua à cet instant les courses renversées, et son embarras n'en fit que grandir. Pour une fois, néanmoins, il garda un calme exemplaire. Peut-être était-ce car elle ne le voyait pas ? Lui qui s'inquiétait tant du regard des autres trouvait peut-être un brin de confiance en soit lorsqu'on ne pouvait que l'entendre. Pas si mal, pour un musicien. Il devrait peut-être tenter ça, si l'idée de refaire un concert lui traversait un jour l'esprit ! Se planquer derrière un rideau, planquer l'orchestre aussi...

    – Laissez moi vous aider. Finit-il par dire en se penchant pour ramasser ce qu'il avait renversé.

    C'était la moindre des choses. Elle ne semblait pas se formaliser de son impolitesse criante, alors il se détendit un peu, offrant un sourire invisible à son interlocutrice. Il s'étonnait lui-même : dans toutes autres circonstances, il aurait probablement préféré fuir toute compagnie.
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Re: Quelques instants d'inattention [Isleen]
Dim 11 Jan - 20:52

 

❝ An ghrian agus aer úr



La rousse marchait tranquillement, au son régulier de ses bottines de cuir sur le sol, et au tapement régulier de sa canne sur le sol. Il faisait beau depuis quelque temps ; enfin du moins, elle le devinait. Seuls les rayons du lumière qui chauffaient sa peau, joueurs, le lui confirmais. Ainsi qu'à la douce brise qui ondulait ses mèches, les poussant dans son visage, alors qu'elle les y retirais d'un geste rapide de la main.
Elle revenait tout juste du petit marché installé sur la place de la ville, avec des légumes frais dans le sac sur son épaule, bercé au rythme de ses enjambées. Elle le sentait tapoter son dos, en rythme, avec une certaine douceur, à travers le tissu de sa fine tunique.
Après tout, il faisait beau, pourquoi ne pas en profiter ? La peau de ses bras, désormais légèrement dorée par le soleil était à nue. Seulement piquetée des quelques taches de rousseur qui prenaient place sur son épiderme, s'éveillant grâce au soleil, comme sortant d'une longue hibernation à pâlir sous la froideur des températures.
Elle sentait les pointes de ses cheveux les effleurer quand elle remontait son chargement d'un petit coup d'épaule et s'aidant de sa main libre, tandis que l'autre tenait fermement sa canne.
L'animation des habitants lui sembla de plus en plus lointaine, décroissant lentement en volume, ne laissant qu'un semblant de calme, agréable pour ses oreilles sensibles. Elle avait toujours aimé cette dite animation, même si elle y était plus sensible que d'autres.
La faute à ses sens plus que développés.
Une fois arrivée, elle s'était naturellement dirigée, non son corps l'avait dirigé vers l'étal des fruits et légumes. Le marchand l'avait saluée avec chaleur, lui claquant deux bises retentissantes sur chaque joue, et papotant tranquillement avec elle.
Discuter ainsi, naturellement, lui faisait beaucoup de bien. Ce n'était pas pareil que de discuter avec sa mère, ou les domestiques du Manoir. Bon, bien évidemment, le langage était moins raffiné, mais elle ne s'en plaindrait pas. D'autant plus que les bonnes vieilles expressions du pays la feront toujours doucement rire, surtout quand la Mère Cormaic les disait de sa voix légèrement nasillarde.
Au moins, ils ne la jugeaient pas. Du moins, elle n'en avait pas l'impression ; voilà depuis longtemps qu'aucun d'eux n'avait pas manifesté de gêne concernant son état.
Ses yeux aveugles.
En soit, elle avait toujours vécu avec. Et avec cette question, étrange pour tous les autres, mais remplie de mystère pour elle : qu'était-ce que voir ?
Elle n'en savait rien, comment aurait-elle put le savoir ? Ses prunelles étaient mortes depuis sa naissance. Tuées dans l'œuf par une quelconque malformation, un gène manquant. Pourquoi ? Le mystère de la génétique. Pourtant, son frère était bien portant, et sa mère en bonne santé au moment de sa création. Rien n'aurait put l'expliquer, et pourtant maintenant, et depuis toujours, elle vivait avec des yeux morts.
Quand elle parlait avec des inconnus, elle sentait souvent chez eux une tension presque palpable. Peut-être ne savait-il pas comment réagir face à ses prunelles fixes, qui fixaient le vide, alors que la jeune fille s'adressais bel et bien à eux.
Peut-être, peut-être pas.
Au fur à mesure, elle avait arrêté d'y penser, passant outre. Si elle prenait le temps de faire attention à tout ce que l'on penserait d'elle, elle ne serait pas sortie de l'auberge. Les regards glissaient sur elle, comme de l'eau sur les plumes d'un canard, ou les écailles d'un poisson.
Insensible à tout cela, comme aux langues de vipère, qui malheureusement perduraient dans la petite ville d'Irlande, proche de Dublin, et pourtant assez éloigné pour être dans la campagne.
Indirectement, Isleen s'était souvent dit que c'était une bonne chose qu'ils n'habitent pas dans une grande ville. Qu'aurait-elle put faire dans les rues bondées de monde ? Pas de doute qu'elle y ait eu bien plus de mal qu'ici, dans les larges rues de pavés irréguliers.
Même si de temps en temps encore, il lui arrivait de percuter quelqu'un à cause d'une faute inattention, c'était assez rare. Maintenant, les habitants étaient habitués à son handicap, et s'efforçaient de lui rendre les choses plus faciles.
À quoi bon les rendre plus compliquées, alors qu'elle était déjà bien en difficulté ?
La vue lui manquait, certes, mais ses autres sens rattrapaient à peu près la mise.

C'était déjà ça de gagné, pensait-elle avec un vague amusement.


Elle préférait dédramatiser son état, que de pleurer sur son sort. Cela n'aurait rien résolu, et ce n'était pas en pleurant toutes les larmes de son petit corps, qu'elle aurait changé quoi que ce soit. Et puis, elle s'était fait une raison. On ne guérit pas de la cécité ; surtout lorsqu'elle était installée depuis la naissance.
Le voile qui rendait le monde autour d'elle, noir, était une chape de plomb, lourde et pourtant, dont elle ne sentait pas le poids.
Plongée dans ses quelconques réflexions, tout en marchant tranquillement, sa canne rencontra quelque chose. Suivit rapidement d'un autre corps qui la bouscula légèrement avec un petit bruit d'exclamation. Abasourdie, elle partit légèrement en arrière, faisant deux trois pas vacillants, histoire de retrouver son équilibre le plus rapidement possible.
Un peu plus, et elle aurait certainement fini sur le sol, bien que le choc ait été modéré. Son poids plume n'aidait pas beaucoup, et se confirmais par son corps fin, à la limite du possible. Un petit oisillon.

« Je suis navré... J'aurais du m'écarter. »


Une voix masculine lui parvint, s'excusant. Un instant, elle ne sut quoi répondre, restant encore légèrement désorientée, perdue dans la noirceur environnante. C'était une angoisse perpétuelle. Ne pas savoir ce qui vous entourait. Un océan noir qui s'étalait à l'infini, déployant ses contrées sombres à perpétuité. Ses lèvres entrouvertes dans une exclamation silencieuse de sa surprise, restaient immobiles.

« Vous allez bien ? »


Sans lui laisser le temps de répondre, la voix enchaînait, lui demandant si elle allait bien cette fois. Avec un léger hochement de tête, réflexe, elle finit par se résoudre à répondre de vive voix, en anglais elle aussi, qui conservais ses notes chantantes d'irish.

« Oui tout va bien. » Assura-t-elle.


Sa main se porta à son visage pour dégager les quelques mèches qui glissaient avec curiosité sur sa joue, redescendant en lissant les cheveux emprisonnés dans ce rassemblement ondulés, pour s'arrêter sur son épaule, ou elle ne sentait plus que le vide, qui remplaçait désormais le sac.
Son sac.
Remplis de légumes qu'elle avait tout juste achetés.
Elle avait sans aucun doute raté le bruit sourd de leur impact, et le léger roulement sur le sol. Un instant, elle hésita entre panique et lassitude, et laissa échapper un petit soupir embêté.
C'était vraiment, vraiment, pas le moment qu'une chose pareille arrive. Sa mère devait l'attendre au Manoir, et elle lui avait promis de se presser. Surtout que midi n'allait certainement pas tarder ; Binne aurait besoin de ce qu'elle avait acheté pour préparer le déjeuner.
Rapidement, elle plia ses jambes pour se laisser tomber à genoux sur le sol, peu soucieuse de l'état qu'aurait son pantalon après. Le plus important, maintenant, était de ramasser tout ça.
Et ce n'était pas la chose la plus simple à faire, surtout lorsqu'on était aveugle. Ses doigts tâtonnaient le sol avec maladresse, trouvant de temps en temps la forme d'une tomate, ou d'un autre légume, qu'elle remettais dans le sac.
Tout cela aurait été bien plus lentement, si l'inconnu ne l'avait pas aidé, lâchant un « Laissez moi vous aider », ce qu'il fit d'ailleurs.
Ce fut donc sans surprise que son sac se remplit rapidement de son contenu, et qu'elle put se relever en s'époussetant à l'aveuglette, remettant son précieux chargement sur son épaule, calant du mieux qu'elle le pouvait les bretelles de cuir épais, poids rassurant sur sa fine épaule.
Un fin sourire c'était dessiné sur ses lèvres, qu'elle adressa à l'homme, bien qu'elle ne put le voir. Dans tous les cas, elle sentait approximativement dans quelle direction il était.

« Merci de votre aide. »


Sur ce, la rousse commença à reculer légèrement, préférant s'éclipser avant que les choses ne commencent à devenir gênantes, pour elle comme pour lui. Mais prenons le coté positif ; au moins, il n'avait pas été agressif, ou désagréable comparé à d'autres à qui elle avait eu à faire.
Comme quoi, il restait encore des personnes polies. Mais, à l'accent qu'elle percevait, ce devais être un étranger. Pas de doute possible ; c'était même sur, et certain, et un instant, elle se demanda de quel endroit du globe, il venait précisément.
Curiosité, sa bonne amie de toujours.

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Re: Quelques instants d'inattention [Isleen]
Mar 17 Fév - 2:17
    Leander avait du mal à détacher son regard de son visage, peut-être car elle ne pouvait pas voir la curiosité avec laquelle il la dévisageait. Il ne voulait en aucun cas être grossier, mais il devait bien admettre qu'il se posait des questions. Ça devait être dur, pour elle, que de vivre ainsi. Elle n'avait pas l'air malheureuse ceci dit : un sourire illuminait son visage piqueté de tâches de rousseur. Il lui trouvait même un charme simple de soleil et de bonne humeur. C'était plutôt plaisant que de voir ça, et en même temps, c'était une question qui restait pour lui mystérieuse. Il n'avait pas grand chose qui lui manquait : il avait un confort certain, une famille aimante, et une bonne réputation dans son milieu. Et pourtant, il était complètement incapable de se sentir satisfait de son sort. Incapable d'être aussi naturel avec ses semblables qu'elle semblait l'être. Peut-être était-il de nature à geindre pour peu...

    Détournant brusquement les yeux, comme si il craignait qu'elle ne le sente, il s’épousseta nerveusement. Elle ne semblait pas plus à l'aise que lui, reculant en le remerciant. Tout ce qu'il restait à faire à présent c'était partir, continuer son chemin, et oublier paisiblement cette rencontre. Pourtant, Leander ne bougea pas. Il était curieux, et il se sentait plus sur de lui qu'avec quelqu'un qui aurait été – l'expression sonnait parfaitement maladroite – normal. Finalement, se reprenant, Leander prit son courage à deux mains, le serra contre lui, en fit une béquille solide et s'appuyant dessus de tout son poids, reprit :

    – Puis-je vous raccompagner ? Je ne veux pas vous déranger bien sûr.

    Comme d'habitude, c'était maladroit, mais il ne perdit pas la face. Pas cette fois. Il se sentait plutôt calme, pour une fois : sa présence ne le rendait pas aussi nerveux que de coutume. L'idée d'avoir un semblant de connaissance, tant qu'il restait ici, n'était pas pour lui déplaire non plus. Son sourire simple et le schéma léger de ses tâches de rousseur la lui rendait sympathique et... Et pourquoi pas, après tout ? Pourquoi aurait-il besoin de se justifier ?
    Espérant qu'elle ne refuserait pas sa compagnie, aussi gauche soit-elle, il la suivit très lentement. Il hésita un instant, mais décida finalement que l'aider serait une insulte : elle semblait parfaitement à l'aise et plus que tout, il ne voulait pas paraître grossier. Finalement, avec une légère hésitation, il se risqua :

    – Puis-je... vous poser une question ? C'est... un peu indiscret.

    Il espérait que cet instant perdurerait. Il espérait qu'elle accepterait ces bribes de curiosité. C'était si rare pour lui d'oser, surmonter ses propres peur. Le pire qu'il pouvait lui arriver à présent, ce serait qu'elle se ferme à ses timides tentatives. Ce serait compréhensible pourtant : c'était un rustre maladroit et vaguement collant, ou du moins ça devait être ce à quoi il ressemblait. Néanmoins, il se plaisait à croire qu'elle l'écouterait peut-être et ne s'offusquerait pas de sa curiosité mal placée.
    Retenant à grand peine ses prochains mots, attendant une réponse avant de s'y jeter, Leander détourna les yeux. Le ciel s'échappait tout autour de lui, vertigineux, vide de tout nuage. Une brise diaphane achevait de décoiffer ses cheveux blonds, et d'un geste nerveux, il dégagea son col, laissant un peu d'air frôler son cou. Il se surprit à sourire, légèrement, mais c'était une si belle journée qu'il ne pouvait s'en empêcher. Il se sentait bien, tout simplement, mieux que depuis longtemps. Comme si le reste du monde lui rendait son sourire. Ca ne durerait sans doute pas, mais il profiterait aussi longtemps que possible de cette douceur réconfortante, ce petit moment de calme.

    Spoiler:
     
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Re: Quelques instants d'inattention [Isleen]
Sam 28 Fév - 17:13

 

❝ An ghrian agus aer úr



Oui, elle sentait parfaitement le regard de l'inconnu. Ses yeux curieux qui la fixaient, sachant pertinemment qu'elle ne verrait rien. Mais elle pouvait bien le sentir, cette attention longue et appuyée. Sans piper mot, elle laissa couler. Elle avait l'habitude, et ce n'était pas avoir des paires de yeux braqués dans le dos qui la dérangerait maintenant. Ce n'était pas seulement deux yeux, même inconnus qui la gênerais. Son sourire s'était lentement effacé, mais cela n'enlevait rien de l'impression de bonne humeur que son visage montrait. Après tout, ce genre d'incident arrivait de temps en temps, et puis il faisait trop beau pour se froisser à la moindre petite bousculade. Ce n'était pas son genre.
Brusquement, elle avait senti qu'il détournait le regard. Ce petit geste fit naître une ébauche de sourire sur ses lèvres, les traîtresses, clairement amusé. Ce genre d'attitude l'amusait plus que cela ne la vexait. Après avoir remercié l'inconnu, elle avait commencé à reculer comme elle le pouvait, bien que la route soit lisse et sans gros défauts. Sa canne l'aidait vraiment à ne pas se prendre les pieds dans les trous plus ou moins profonds des routes de campagne, et bien d'autre obstacle pour une personne qui ne voyait pas.
Le simple fait de devoir descendre des marches requérait une concentration plus ou moins extrême. Du moins quand elle le faisait seule. En ville, elle préférait saisir le bras de la personne qui l'accompagnait, ou celle-ci le lui prenait automatiquement. Il était prudent, les villageois, envers leur petite poupée rousse. Si fragile. Si à même de se casser quelques choses dans un faux mouvement, et une chute accidentelle.
Jeune, elle en avait fait des chutes, la peau de ses genoux était rosée, un peu fripée à force d'avoir été abîmée dans ses jeunes années et ses faux pas qui l'entraînais vers le sol répétitifs. Pourtant, elle avait continué. Les sorties avec son frère étaient l'occasion rêvée, pour s'amuser un peu plus qu'avec sa mère qui lui tenait la main, pour ne pas la perdre. Même si elle tenait aussi la main à son frère pendant ses moments-là, elle pouvait courir comme une petite-fille "normale". C'était leurs instants privilégiés.
Mais voilà. Elle avait grandi. Finis, les ballades et les courses dans les prairies perdues dans les bois entourant le Manoir. Sa mère qui lui tenait la main au marché. Quand elle eut l'âge de faire suffisamment attention, on lui avait donné cette canne ; d'un objet encombrant ses jeunes mains, elle s'était vite rendu compte que s'en servir était beaucoup plus utile, même s'il était contraignant. Isleen n'avait alors plus rechigné contre cet objet. La tenir dans sa paume, ce poids, était même réconfortant, lui apportant confiance et soutient.

« Puis-je vous raccompagner ? Je ne veux pas vous déranger bien sûr. »


Arrêtant ses quelques pas maladroits en arrière, elle tourna de nouveau son visage vers lui, enfin l'endroit où il semblait être à quelque chose près. Ses sens aiguisés aidant grandement sa manœuvre, ainsi, elle pouvait être approximativement sure que l'homme se trouvait à l'endroit où elle tournait la tête. Pensivement, elle pencha son minois sur le côté, laissant ses mèches rousse retomber de son épaule, qui sous le soleil étaient pratiquement, rouge vif.

« Pourquoi pas, cela fait longtemps que je n'ait pas fait le chemin avec quelqu'un. Et vous ne me dérangez pas. »


Elle esquissa un autre doux sourire, qu'elle espérait rassurant. L'inconnu ne semblait pas franchement désagréable. Après tout, il parlait poliment, et l'avait aidé, il ne pouvait donc pas être désagréable, sa présence encore moins, même si une bousculade était un bien étrange moyen de rencontre.
Sa question l'avait relativement surprise. Normalement, après qu'elle l'ait remerciée, elle aurait dû repartir de son côté, et lui de même. Et pourtant ... Qu'est-ce que poussait donc cet homme à vouloir la raccompagner ? Elle pouvait bien évidemment se débrouiller seule avec sa canne, mais là n'était pas la question. Étant donné que son accent sonnait clairement étrangement par-ci, dans les campagnes irlandaises, se devait être des manières d'autre-part. Ou alors, il était du genre à être extrêmement courtois ? Peu importe.
Tout en tournant lentement les talons, en direction du manoir, elle lui fit un léger signe engageant, et bientôt, elle entendit ses pas derrière elle, avant qu'il ne se place à ses côtés. Son allure quelque peu lente, à cause de sa canne qui tapotait en repérage la route, de temps en temps ne semblait pas réellement le gêner, car elle n'entendit ni ne sentit de soudaines tensions venant de la personne l'accompagnant.

« Puis-je... vous poser une question ? C'est... un peu indiscret. »


Voilà qui répondrait certainement à la question qu'elle s'était posée. Il faisait donc cela par curiosité, était-ce là, ce qu'elle devait en déduire ? Cela aurait certainement vexé n'importe qu'elle autre personne, mais elle ne ressenti qu'un léger amusement. Elle comprenait parfaitement, étant elle-même très curieuse, et Dia que cette curiosité pouvait être pesante, voir pressante.

« Vous pouvez, mais en échange, j'aimerais que vous m'en accordiez une aussi. » Fit-elle avec malice, tournant légèrement la tête vers le côté où il se tenait, un petit sourire en coin.


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