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Satan n’avait pas l’intention d’abandonner et réaliserait le rêve qu’il avait forgé avec Yuri, la seule humaine qui avait pris le temps de parler avec lui. Et pour cela, il devait détruire l’ordre, éliminer tous les exorcistes. Rin lui était maintenant en fuite et devait combattre sa nature démoniaque montant en lui. Une guerre, un combat intérieure et de nombreuses intrigues vous attendent. KHRYSALIS ACADEMY
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 Montmartre n'est pas fait pour les campagnards [Félix]

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Montmartre n'est pas fait pour les campagnards [Félix]
Dim 5 Avr - 17:37


Montmartre n'est pas fait pour les campagnards


Si Emile avait trouvé que sa balade à Fribourg avait été mouvementée, non pas à cause de sa rencontre avec Lucas mais plutôt à cause de l’ambiance étrange de la ville, il n’était pas au bout de ses surprises. Fribourg avait beau être une assez grosse ville, ce n’était rien comparé à l’endroit où il se trouvait à présent. De nombreuses marches s’étendaient devant lui, d’un blanc salit par le passage des nombreux badauds. En fait, tout avait cette blancheur mêlée de gris et de beige, des escaliers légendaires aux murs de pierres de taille. A bien y réfléchir, c’était exactement comme Emile se l’imaginait. Enfin comme on le lui avait dit en fait.

Avec même la Basilique du Sacré-cœur qui se dessinait au-dessus de la ville.

Paris faisait l’objet d’une certaine fascination voire même d’un culte pour les paysans de la France lointaine. On disait la vie tellement différente là-bas. Il n’y avait pas de champs ni même de forêts. Ou alors très loin. Les gens vivaient bien moins simplement qu’en province disait-on, toujours occupés par des impératifs que les autres, eux, n’avaient pas. Mais il y avait aussi ce que la campagne n’avait pas. Les cafés emblématiques de la ville, les grands bâtiments abritant de toutes aussi grandes institutions et même des cabarets. Emile n’avait pas franchement saisi le concept de tels spectacles mais au final, ça lui passait au-dessus. Il n’allait de toute façon pas entrer dans une de ces salles pour admirer le déhanché de belles parisiennes inaccessibles. Et puis même, il ne pouvait pas. Pas avec Buck à ses côtés. Il se serait bien vite fait jeter dehors.

Si Pigalle n’était pas loin, ce n’était donc pas son centre d’intérêt. Il y avait des choses autrement plus intéressantes à voir par ici d’ailleurs. Alors il s’était mis en tête de gravir les escaliers de la butte Montmartre et de voir ce qu’il pouvait y trouver. Le soleil était haut dans le ciel et il tapait avec force sur la ville. Cette chaleur était d’ailleurs une motivation pour Emile. Il espérait trouver un peu de fraicheur en haut, sur le parvis de la Basilique.

Le lozérien n’était pas en mission, du moins pas à cet instant précis et avait profité d’un petit jour de repos à Paris pour abandonner ses impératifs et visiter. Il avait bien vite arraché son uniforme et l’avait rangé dans sa valise, lui préférant des habits moins stricts, impressionnants et plus légers. Il s’en était remis à ses traditionnels habits -que certaines mauvaises langues qualifieraient de tenue de garçon d’écurie- pour se rendre aussitôt compte que ce n’était absolument pas adapté à la Ville. Les gens d’ici étaient bien plus soignés. Les femmes portaient de lourds chapeaux et des robes aux couleurs acidulées. Les hommes, des costumes trois pièces bien taillés. Inévitablement, on le remarqua. Enfin pas que lui. Ils étaient deux après tout. Et Buck jouait un rôle important dans les regards qu’on leur adressait et qu’Emile faisait mine de ne pas voir. Le gros chien tirait la langue de chaud mais gardait sa bonne humeur habituelle. Son maître avait un peu pitié de lui, se disait qu’il n’aurait pas dû l’emmener dans cette balade en sachant pertinemment qu’il allait mourir de chaud. Mais bon, Emile se consolait en se disant qu’une chambre d’hôtel n’était certainement pas l’endroit rêvé pour son sauvage camarade.

Sauvage, on pouvait le dire. Si le fermier était au fait de leur rencontre forestière et de la nature primaire de Buck, les mondains voyaient très bien que le chien-loup n’avait rien de conventionnel. Du moins pour l’univers parisien. Poil hirsute et brumeux, regard aiguisé, un vrai prédateur dans la bergerie. Et bien sûr, il n’y avait qu’Emile pour voir la bonté qu’il y avait en Buck. Alors les gens dans la rue les regardaient avec un air amusé, plein de pitiés et craintifs. Amusé parce que c’était assez rare de voir un provincial à la Ville, piteux parce qu’Emile, dans son habit de garçon d’écurie, faisait de la peine (du moins selon les codes parisien) et craintif de voir la bête enragée qui se trainait à côté de lui.

Emile se sentait assez mal à l’aise dans cet environnement. Comme dit, il tentait de ne pas voir les regards qu’on leur adressait mais personne ne pouvait réellement les ignorer. La désillusion totale. La fascination pour la Ville avait cessée aussitôt le premier inconnu croisé. Emile se disait que ça ne serait jamais arrivé dans le Gévaudan. Les gens étaient beaucoup plus simples.
Malgré cela, Emile avait quand même décidé de s’arrêter à la terrasse d’un café non pas, comme on pourrait le croire, pour boire un café mais plutôt quelque chose de plus rafraichissant. Là encore, les clients le regardèrent s’installer avec surprise. Étrangement, si les regards étaient là, les mots non. Le serveur ne lui dit rien parce qu’il avait avec lui un gros chien. En fait, c’était sûrement parce que l’exorciste avait pris soin de s’installer à la périphérie de la terrasse pour embêter le moins de monde. Il commanda un verre bien frais et attendit. Ce n’est qu’une fois bien installé qu’il commença à penser à autre chose, que son regard dériva vers le paysage urbain qui, malgré tout, n’était pas si laid. Il y avait toujours de l’animation dans les rues et ses yeux bleus suivaient une fois une conversation rieuse de jeunes femmes, puis se reportaient sur deux hommes qui discutaient d’on ne sait quoi.

Puis des bruits et des phrases surprises et indignées se firent entendre juste derrière lui, sur la terrasse. Il tourna rapidement la tête pour, tout d’abord, constater que Buck avait disparu d’à côté de sa chaise puis pour voir que le chien se trouvait en plein milieu de l’allée devant une table où un homme aux cheveux bleuâtres était assis. Ô grand malheur, à cause de Buck, le serveur avait renversé une tasse de café sur l’homme. Pris de panique, Emile se leva en trombe et alla s’excuser platement :


« Je … Je suis désolé. Mon chien est un peu fou avec tout ce monde. Attendez, prenez ça, fit-il en lui tendant une serviette. »

Pendant leur échange, Buck grognait, les yeux rivés sur l’inconnu. Mais Emile était trop accaparé par l'incident qu'il ne le remarquait pas. Et pourtant, ça n'augurait rien de bon.


J'espère que ça te conviendra
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Re: Montmartre n'est pas fait pour les campagnards [Félix]
Sam 11 Avr - 0:52
Paris était presque chaud. Le temps laissait place à la détente. Dans la périphérie de la capitale française, Felix – une fois encore – peignait. Il terminait une demande faite par une jeune femme qui l’avait vu peindre quelques instants plus tôt mais dans Paris-même. Il avait décidé de choisir la tranquillité afin d’exécuter les finitions du mieux qu’il pouvait. S’appliquant comme jamais il ne lui avait été permis, Felix tira légèrement la langue en dehors de sa bouche. Ses sourcils étaient froncés et ses yeux brillaient de détermination. Le pinceau glissant sur la toile maculée de peinture donnait d’énormes frissons au franco-suédois dont les poils se levaient sans arrêt. C’était pour ces sensations-là qu’il peignait… Et cela lui donnait l’occasion de sourire.

De longs instants plus tard, Felix avait terminé son œuvre. Désormais, il devait le livrer sans que l’on soit tenté de lui voler. Heureusement pour lui, le peintre avait tout le matériel nécessaire. Il coupa la toile, laissant l’œuvre sur une toile plus que fine. Et lorsque la peinture fut sèche – à peine quelques minutes après – il l’enroula et le glissa dans un carton qu’il boucha. Cette façon permettait de laisser le doute sur ce que le jeune homme transportait réellement. Enfin… Pas pour ceux qui vivaient dans la périphérie « avec lui ».

Le Noé se téléporta. Ainsi, il pu esquiver le moindre petit curieux de ces bas-fonds parisien.

Le plus gros pourcentage d’ennuis passé, Felix fut beaucoup plus détendu et fit donc sa livraison. Il sortit de sa poche un petit morceau de papier. Là-dessus avait été écris, par la cliente, l’adresse à laquelle il devait se rendre. Ce ne fut pas une chose facile. Après avoir demandé à bon nombre de passants, l’Outragé se trouva face à la porte de la maison de celle à qui il devait vendre ce tableau. Une demoiselle dont le nom ne lui revenait pas. Après tout, il était fait pour peindre, pas pour mémoriser des choses sans importance.

Une fois le colis livré, et l’argent réceptionné ; Felix se permit de se payer un café en pleine terrasse. Ce n’est pas comme s’il avait toujours été habitué à une pareille chose… Enfin, en Suède oui, mais pas ici. D’ailleurs cette dernière lui manquait un peu. Parfois, il écrivait des lettres à ses parents, surtout à sa mère qui le comprenait si bien. Cependant, ses géniteurs n’avaient pas compris son si rapide départ en France – bien que sa mère soit française. Il n’avait pas voulu s’élargir sur le sujet. Après tout… Felix préférait garder cet Outrage pour lui-même quand bien même cela le faisait s’insurger contre les hommes. Tous étaient les mêmes, de toutes façons… L’être humain était une ordure et c’était peut-être un peu pour ça que Gloomy l’avait choisi ; lui non plus n’aimait pas l’espèce humaine.

Qui l’aimait ?

Ces exorcistes. Eux sauvent la vie humaine alors qu’elle ne la mérite pas. Pour quelles raisons pouvaient-ils agir de la sorte ? Savaient-ils qu’ils conduisaient l’Humanité à sa perte en agissant de la sorte ? Probablement pas. Après tout, ce n’étaient que des incapables. Chaque exorciste que Gloomy avait été contraint de tuer des exorcistes, tout cela n’avait été que trop facile. Une ou deux téléportations et en deux-trois mouvements le tour était joué. C’était incroyablement pitoyable. C’était surtout triste, finalement, car la raison de vivre de Felix/Gloomy ne parvenait pas à les distraire, ni l’un, ni l’autre.

C’est d’un triste.

Soupirant, presque par habitude, Felix s’assit à une terrasse au hasard et commanda un café. Ce ne serait qu’un simple break. Et puis, pour une fois sa tenue était plutôt correcte ! Il avait un pantalon marron/beige et une chemise à carreau bleu/beige pour aller avec son pantalon. Quant à ses chaussures, elles étaient chic sans trop paraître et convenait à l’ensemble. Il avait parfaitement bien calé ses bretelles sur ses épaules, elles étaient noires. Finalement, le serveur lui apporta son café bien rapidement et Felix se décida à le payer directement, ainsi il pourra quitter la terrasse quand bon lui semble.

Le regard inexpressif, Felix fixa sa tasse, la tête vide.

Néanmoins, quelque chose ou plutôt quelqu’un attira son regard et en particulier l’attention de Gloomy. Un homme avec un chien arrivèrent et s’installèrent en bout de terrasse. Le souci n’était pas vraiment commun. Cet animal avait quelque chose que les autres n’avaient pas. Une chose qui repoussait Gloomy. Le Souvenir qui hantait Felix ne se sentait plus autant à sa place que quelques minutes auparavant. Quelque chose d’incroyable se produisait. Et le franco-suédois décida d’ignorer totalement son Souvenir. Il bu une gorgée de café, le regard vide planté sur la plante en face de lui… De l’autre côté du trottoir.

Ca y est ; il s’ennuyait de nouveau. Alors il recommanda un café. Après tout, cela ne pourrait pas le tuer ; autant en profiter. Cependant, quelque chose de dérangeant se produisit par la suite. Ce maudit chien vint jusqu’à lui ; cette maudite bestiole bouscula le serveur qui venait apporter la deuxième tasse et… Celle-ci se renversa sur les vêtements de Felix. Pour une fois qu’il s’était bien habillé ! Par pure réflexe, le franco-suédois se releva en panique, suite à la douleur engendrée par la brûlure et fronça les sourcils.

« Ugh… » fut le son qui sortit d’entre ses lèvres.

Le maître se pressa de venir jusqu’à son chien pour le maîtriser et s’excuser avec beaucoup de respect. « Je… Je suis désolé. Mon chien est un peu fou avec tout ce monde. Attendez, prenez ça. » lui dit-il en lui tendant une serviette. L’Innocence grognait tandis que Felix épongeait – avec nonchalance – le café qui gisait sur sa cuisse. « Ne vous en faites pas, je n’ai rien. » Il releva la tête, et lui sourit. « Merci beaucoup pour la serviette. » fit-il avec sa légendaire voix douce.

Une fois son action terminée, le Noé s’écarta de sa chaise en la rangeant, ignorant les injures du serveur concernant le chien et le payant malgré tout. Il partit. Et revint avec le fameux café. Désormais, Felix faisait face à cet inconnu dont l’animal avait été très énergique avec le serveur. « Pourriez-vous calmer votre bête, s’il-vous-plaît ? » lui demanda-t-il très poliment.

Finalement, le jeune homme avait peut-être trouvé une tactique pour rendre sa vie plus attrayante. Mener un exorciste par le bout du nez. Jouer avec. Il verra bien ce que ça donnera avec celui-ci.
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Re: Montmartre n'est pas fait pour les campagnards [Félix]
Dim 12 Avr - 11:22


Montmartre n'est pas fait pour les campagnards


Mais quel idiot ce chien ! Émile n’en revenait toujours pas. Ce qu’il venait de voir ne voulait pas s’imprimer dans son esprit. S’il avait été seul avec toute cette agitation en moins, il se serait volontiers secoué la tête pour se remettre les idées en place. Mais bon sang, qui lui avait fichu un chien pareil dans les pattes ?! Décidément, Dieu avait un petit côté comique. Du moins, c’était ce que le lozérien pensait en ce moment sans savoir que cette rencontre ou plutôt la réaction de Buck n’était pas du tout due au hasard. Mais il n’était pas le loup, il ne sentait pas l’essence maléfique qui émanait de l’inconnu. Du trio, il était vraiment le seul à ne rien comprendre à la situation. Pauvre Émile.

Et il tomba encore plus des nues lorsqu’il vit la réaction de l’inconnu, totalement à l’encontre des réactions de l’assistance. Si certaines femmes -des commères- s’étaient tout de suite outrées du comportement d’un monstre tel que ce loup enragé, l’homme aux cheveux bleus s’était étrangement montré courtois envers le maître de cette bête sauvage. Émile marqua une pause dans son agitation et le regarda s’éloigner avec effarement. Qu’ils aient été à Paris ou à Mende ou même à n’importe quel autre endroit du monde, l’homme qui se serait fait brûler par le café aurait sermonné comme il le faut le fautif. Mais là, absolument rien. Pas même un merci bougon. Non, un remerciement sincère et doux puis un nouveau café rapporté comme si de rien n’était. Même si Émile n’était pas capable de sentir la chose à l’intérieur de l’homme, il devait quand même avouer qu’il était sacrément étrange. Et bien élevé.

« Pourriez-vous calmer votre bête, s’il-vous-plaît ? »

La voix toujours aussi douce de l’inconnu le rappela à la réalité et aux grognements de mauvais augure de Buck. Sans réprimander tout de suite sa bête, Émile fronça les sourcils en se demandant ce qui faisait agir le chien ainsi. Il faisait renverser du café sur un homme puis se mettait à fixer avec agressivité cet homme en particulier. Est-ce qu’il avait peur que l’étranger ne lui fasse payer cette maladresse ? Non, Buck était bien trop imposant même en étant ''désactivé''. Personne étant un brin sensé ne voudrait sans prendre à lui. Alors quoi ? De toute façon, ça importait peu. Les bruits et murmures des personnes présentes sur la terrasse se faisaient de plus en plus présents et Émile n’avait pas envie que les journaux du lendemain narrent l’attaque d’un pauvre homme par une bête enragée.

« Buck ! Ça suffit ! lança le fermier d’une voix puissante et ferme visant à montrer tout le contrôle qu’il avait sur le chien-loup. »

L’intéressé leva les yeux vers son maître, une lueur de fureur dans son regard. Émile ne comprit pas et sentit un frisson parcourir son échine. Le temps d’un instant, il avait été persuadé que Buck n’allait pas l’écouter et s’en prendre réellement à l’homme. Mais le chien cessa son grondement sourd et posa son habituel regard doux et joueur sur son maître.

Le lozérien laissa un soupir s’échapper d’entre ses lèvres. Tout est bien qui finit bien ? Pour lui, c’était sans doute le cas. Mais il était loin de se douter du petit jeu auquel allait se livrer le Noé. « Je suis vraiment navré. Je sais pas ce qui lui a pris. Il est pas comme ça d’habitude. » fit Émile. Il ressentait le besoin d’exprimer encore ses plus plates excuses. Il attrapa doucement son chien par la peau du cou et lui adressa un regard qui voulait bien dire ''Tu m’as mis dans de beaux draps, t’es content de toi ?'' et étrangement, Buck semblait ne pas réagir. Ce geste avait été fait seulement pour, encore une fois, montrer à l’assemblée qu’il n’y avait pas de crainte à avoir. Mais c’était peine perdue. Le serveur s’approcha d’eux et lui glissa quelques mots, en étant à la fois ferme et embêté. « Les clients commencent à s’agiter et craignent que votre … animal ne leur fasse du mal. Si ça continue, ils vont déserter le café. »

Émile le regarda avec effarement. Il le mettait à la porte ou bien ?

« Non mais … voulut-il protester. Vous avez raison. Viens Buck, on s’en va. »

Le fermier tourna les talons et s’arrêta à sa table où il déposa un billet pour payer sa boisson mais aussi le café qu’avait renversé Buck puis il s’éloigna. C’était peut-être mieux ainsi. De toute façon, que pouvait-il faire d’autre ? Discuter comme si de rien n’était avec l’inconnu ? C’était trop tard de toute façon maintenant. Enfin, à moins que l’étranger ne vienne le rattraper.


Je me suis dit que puisque Félix veut un peu se distraire avec Émile, il pourrait le rattraper et commencer la conversation, non ?
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Re: Montmartre n'est pas fait pour les campagnards [Félix]
Dim 12 Avr - 22:23
Tout s’était finalement déroulé à une vitesse fulgurante. Si bien que Felix en eut le vertige. Il n’allait pas disputer le maître car cela ne servirait à rien ; c’était le chien lui-même qui était venu à lui… Et qui plus est, il avait une excellente raison, sans le savoir. Car après tout, Felix était un Noé et ce chien était une saloperie d’Innocence. Une puissante lumière qui voudrait anéantir cette noirceur qu’il représentait, cet homme aux cheveux bleus. Pourtant, sans qu’ils ne le sachent, l’un ne pouvait pas vivre sans l’autre. Car après tout, l’ombre ne peut pas vivre sans la lumière. Cependant, l’exorciste qui faisait face au Noé… N’était au courant d’absolument rien. Il ne se doutait pas un instant à qui il avait à faire. Et s’il avait pu le savoir ; son chien aurait sauté à la gorge de Felix pour l’abattre avant qu’il ne fasse le moindre mal.

En plein Paris, une bataille de la Guerre Sainte n’aurait pas été de bon augure pour l’Ordre Noir. Après tout, leur rôle était de protéger, de sauver l’humanité.

Enfin… L’exorciste finit par calmer la bête d’un ton autoritaire, ce qui surprit Felix. Il faillit même en sursauter. A vrai dire, il était plus que temps que le jeune homme remette son animal à sa place, car les murmures et les têtes outrées s’étaient incrustés dans le paysage. Il ne faudrait pas dix minutes au gérant de ce café pour mettre dehors ce chien et son maître. Enfin, l’être oisif qui lui servait de maître ; car Felix avait bien remarqué que le blondinet avait été plutôt ailleurs durant les récents évènements comme s’il avait été surprit par quelque chose. Peut-être l’agressivité subite de son canin, ainsi que la réaction du Noé. Elle avait été normale, puisque le jeune garçon descendait d’une riche famille suédoise. On lui avait donc appris à être poli en toutes circonstances, même dans celles qui ne s’y prêtaient pas. En tout cas, quelques instants après les réprimandes, le canin se calma.

« Je suis vraiment navré. Je sais pas ce qui lui a pris. Il est pas comme ça d’habitude. » expliqua-t-il. Nonchalant, Felix fit un signe de la main pour lui faire comprendre que cela n’avait aucune importance. Après tout, et réellement, le jeune homme n’avait jamais eu de « chance » avec les animaux. Ils n’ont jamais su le sentir. Dans tous les sens du terme. « Ca doit venir de moi… Les animaux n’ont jamais su me flairer. » il rit à sa petite blague, mais nerveusement.

Par la suite, l’exorciste fusilla son chien du regard en lui attrapant la peau du cou. Malgré tout ce que l’on aurait pu dire sur l’incident, le maître avait une bonne façon de recadrer son animal de compagnie. Finalement, le serveur parvint jusqu’à eux et glissa quelques mots au creux de l’oreille du blond. C’était très probablement pour lui dire de partir, et d’ailleurs… Ce fut bien le cas ; Felix avait vu juste. L’espace d’un instant – après sa surprise – l’exorciste voulu protester, néanmoins il se rétracta. Et accepta le sort qu’on lui desservait, il paya pour les « pots cassés » et partit avec son chien ; sans même dire un mot à l’accidenté.

Felix en fut surprit. Il est un peu rustre celui-là… » murmura-t-il pour lui-même lorsqu’il fut loin. Il soupira et trottina – tentant de se donner la force et l’envie – jusqu’au chien et jusqu’à l’homme. « Merci d’avoir payé mon café… Et euh. Moi c’est Felix, enchanté. » fit-il avec un minuscule sourire, et une main tendue, nonchalamment. Il attendit qu’il la lui serre avant de continuer… « Vous n’êtes pas d’ici, je me trompe ? » enchaîna-t-il. « Vous aimeriez être peint ? Votre chien n’a pas l’air de m’aimer, mais… On pourrait discuter pendant que je vous dresse un tableau ? » demanda-t-il avec son éternelle voix douce, et son innocence.

Le filet était désormais lancé… Qu’allait-il ressortir de la chasse ?
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Re: Montmartre n'est pas fait pour les campagnards [Félix]
Lun 13 Avr - 18:57


Montmartre n'est pas fait pour les campagnards


Émile était légèrement contrarié. Si déjà les actions de son animal l’avaient mis dans de beaux draps, il fallait encore que le serveur le pousse à partir, certes cordialement, mais à partir tout de même. Comme s’il n’était pas capable de se rendre compte tout seul que les gens les fixaient, lui et son chien, avec un regard apeuré et à la fois rempli de pitié. Il n’y avait bien que cet inconnu qui l’avait regardé avec autre chose qu’un mélange de dégoût mondain et de peine. Mais Émile ne s’était même pas excusé de partir si promptement. Il avait failli le blesser (même s’il s’agissait de Buck, ça en allait de la responsabilité du blond) et maintenant, il partait sans même se retourner ou lui adresser un mot. Et même si Felix n’était clairement pas l’objet de l’irritation du fermier, c’était lui qui en subissait les conséquences.

Le duo s’éloignait assez rapidement du café comme s’il voulait s’épargner les commentaires forcément désobligeants de tous ces citadins. Si Émile allait bientôt ne plus pouvoir entendre les commères, ce serait le cas pendant encore quelques dizaines de mètres pour Buck et son ouïe fine. Son maître se demanda alors si le canin était conscient qu’il était la cible de ses commentaires. Si Émile savait que Buck était particulièrement intelligent pour un chien, il doutait sur ce point précis simplement parce que son compagnon ne semblait pas être le moins du monde accablé parce qu’il entendait. Mais si ça se trouvait, c’était ça qu’il fallait faire : abstraction, oublier ce qu’il venait de se produire et passer à autre chose.

Mais le lozérien n’eut pas le temps de broyer plus de noir ou de penser quoi faire. Une voix le héla, étrangement proche alors qu’Émile ne l’avait pas entendu arriver. Il se retourna de surprise pour voir l’inconnu se présenter à lui « Merci d’avoir payé mon café… Et euh. Moi c’est Felix, enchanté. ». Enfin inconnu, il ne l’était plus maintenant. Il s’appelait Felix et lui tendait une main à serrer. Émile n’y croyait pas. L’homme aux cheveux bleus avait été laissé sur le carreau sans un mot et maintenant il revenait vers lui ? C’était bien étrange. La surprise première passée, le campagnard finit par lui serrer la main en répondant dans un sourire « Je m’appelle Émile. Et … et bien oui, enchanté ! Même si on a pas franchement commencé sur de bonnes bases, haha. Et lui, c’est Buck. » Le chien en question s’était retourné seulement parce que son maître l’avait fait. Mais il ne fit rien d’autre. Pas de fouettement heureux de l’air ou de jappements joyeux. Felix n’avait apparemment pas le droit à tout cela, pas comme Lucas.

« Vous n’êtes pas d’ici, je me trompe ? fit Felix un peu brusquement. »
« Non, en effet. Je pense que c’est facile à voir, n’est-ce pas ? Enfin vu les regards des gens. La Ville est quelque chose de nouveau pour moi. C’est sûr qu’à la campagne on fait pas tout ce chichi. »
« Vous aimeriez être peint ? Votre chien n’a pas l’air de m’aimer, mais… On pourrait discuter pendant que je vous dresse un tableau ? »

Pardon ? Émile dut faire les yeux ronds pendant quelques secondes, incrédule. La tête du blond devait être assez tordante, tant il regardait Felix avec étonnement. Deux fois en même pas quelques minutes que le parisien le prenait de court et allait droit au but. Et bien, on pouvait dire qu’il savait ce qu’il voulait, lui. Émile était peut-être un peu rustre mais il n’était pas vraiment sûr qu’il aurait agi de la même façon. Et puis la proposition en elle-même !

« P..peint ? commença-t-il soudainement agité. Heu … et bien, je ne suis pas sûr d’être un bon sujet et puis, je suis pas habillé de façon très … Enfin. C’est vous le peindre, vous avez plus l’œil que moi pour ces chose, je suppose. Et si ça vous fait plaisir, oui je veux bien. Et ça nous permettra de reprendre sur de bonnes bases j’imagine.  »
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Re: Montmartre n'est pas fait pour les campagnards [Félix]
Mer 6 Mai - 19:48

Paris était une capitale, une ville qui regorgeait d’êtres en tout genre. C’était une évidence même ; car il y avait beaucoup de personnalités et comme chacun d’entre nous est unique… Il y a forcément d’étonnants spécimens. C’est en tout cas ce c’était dis Felix. Oh, et bien entendu, il se comptait dedans ! Après tout, il était un riche héritier de Suède, pays qu’il avait fuit suite à un incident dont il n’avait jamais parlé à qui que ce soit… Le dit peintre était donc venu en France – à Paris – pour prendre l’air et du recul face à son Outrage. Néanmoins, il s’était dit que la richesse lui rappellerait beaucoup trop sa famille et ce pour quoi il avait fuit, Felix avait donc décidé de « vivre » dans une bâtisse d’infortune. A ses yeux, cela avait été la meilleure solution. L’était-elle vraiment ?

En tout cas, il s’était trouvé un camarade. Exorciste, peut-être, mais un camarade malgré tout ! Felix n’était pas agressif ; il voulait simplement se distraire… Mais à partir du moment où un de ses « frères » était en mesure de voir ce qu’il pouvait faire le jeune homme passerait à l’attaque. Le suédois savait pertinemment que cela n’allait pas être le cas ; tous étaient dans leur chambre, dans l’Arche, ou bien entrain de tuer doucement un exorciste. Après tout, c’est tout ce qui leur était permis de faire ; ainsi que vivre, mais c’était au second plan.

Contre toutes attentes, l’homme au chien, le campagnard, se présenta à son tour. Emile était donc ainsi son nom. Et Buck était celui de son fidèle compagnon. Il était un peu particulier, tout de même et Felix était curieux de connaître sa forme déployée. Activée. Comment disaient-ils déjà ? 3 ans qu’il était Noé et le jeune homme oubliait toujours ces phrases ridicules qu’ils prononçaient. Enfin, ça.. Ce n’était pas Felix qui le pensait ; mais Gloomy, ce parasite en lui qui avait changé sa vie. Il n’avait pourtant pas été la raison principale de sa venue en France.

Lorsque Felix lui demanda, de façon rhétorique, s’il n’était pas d’ici ; le campagnard acquiesça. Il développa alors ; « Je pense que c’est facile à voir, n’est-ce pas ? Enfin, vu les regards des gens. La Ville est quelque chose de nouveau pour moi. C’est sûr qu’à la campagne on ne fait pas tout ce chichi. » Probablement, avait envie de répondre Felix. Qu’en savait-il lui ? Il n’avait vécu que dans une belle et imposante maison. D’ailleurs, à ce niveau là ce n’était plus une maison mais un palace. Un palais. Un domaine ? « Je ne peux malheureusement pas vous comprendre. Enfin… Quand vous dites qu’à la campagne vous ne faites pas ce chichi… Vous voulez dire que les gens sont plus accueillants et plus gentils ? » Felix cherchait le contact rapproché par une discussion sur un sujet auquel Emile pouvait répondre avec naturel. Un sujet qu’il maîtrisait, à priori.

Quant à l’autre question ; elle l’avait laissé plutôt surprit, presque choqué. C’en était à ne rien comprendre. Pourquoi diable tout le monde était survis face à cette demande ? Après tout, il y avait des tonnes de peintres qui cherchaient des modèles ! Peut-être qu’eux cherchaient côté mannequins… ?  Felix n’en avait aucune idée ; son mentor avait préféré autre chose plutôt que de lui apprendre les choses essentielles au métier de peintre.

Le Noé déglutit et écouta la réaction d’Emile ; « Eh bien… Je ne suis pas sûr d’être un bon sujet et puis, je suis pas habillé de façon très…  Enfin. C’est vous le peintre, vous avez plus l’œil que moi pour ces choses, je suppose. Et si ça vous fait plaisir, oui, je veux bien. Et ça nous permettra de reprendre sur de bonnes bases j’imagine. » Il paraissait presque réticent. Felix commença simplement par ; « Alors suivez-moi, je vous emmène chez moi, ce n’est pas très loin d’ici. » Il marqua une pause, hésitant. « Par contre, ne soyez pas choqué, ce n’est pas une maison très… Fortunée ? » Comment pouvait-il décrire son taudis ? Cependant, il continua. « Pour vous expliquer pourquoi je vous ai choisi ; c’est tout simplement parce que vous m’avez fais l’impression d’un personnage extraordinaire, au sens littéral. Vous n’êtes pas comme tous les autres… Quelque chose de différent est en vous. Et c’est ce qui est attirant ; le hors du commun. » Il sourit. « Et votre compagnon est très beau. » termina-t-il tout simplement.
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Re: Montmartre n'est pas fait pour les campagnards [Félix]
Mer 13 Mai - 17:01


Montmartre n'est pas fait pour les campagnards


Émile se rendit compte un peu tard qu’il s’était sûrement aventuré sur une pente glissante. Voire même très glissante. C’est vrai, quoi ! Il ne connaissait rien de ce dénommé Felix ! Il l’avait même rencontré en ville, à Paris, cette ville dont il venait de plus ou moins dénigrer ses habitants. Combien y’avait-il de chance que le peintre soit un citadin parfaitement intégré qui, justement, faisait tout le chichi dont Émile parlait. Et voilà même qu’on le lui faisait remarquer ! Aïe Aïe ! Le fermier plissa les yeux dans un rictus de gêne alors que Felix lui demandait ce qu’il entendait exactement par "chichi". Quel idiot faisait-il, Bon Dieu ! Il se maudit trente fois avant de finir par répondre.

Il dit au peintre qu’il avait tout faux ou presque, qu’il n’y avait pas ou très peu de sous-entendus négatifs dans cette constatation. Simplement que la réaction des gens autour d’eux, au café, avait été disproportionnée, ou du moins totalement étrangère à Émile. A Mende, dans le peu de cafés qu’il y avait et dans le peu de cafés avec terrasse qu’il y avait, les chiens étaient tout à fait accepter aux pieds de leur maître et ça n’aurait pas étonné Émile si "des accidents" comme celui-ci d’aujourd’hui étaient déjà arrivés. Mais jamais ô grand jamais on aurait gentiment poussé un homme dehors pour les débordements de son chien, il en était persuadé. Mais bon, il était sûrement bien peu objectif puisqu’il était l’une des victimes de l’affaire. Alors il s’excusa gentiment d’avoir pu faire croire à des sous-entendus non voulus.

Sans dire un mot Felix changea de sujet, laissant ainsi à son vis-à-vis la possibilité d’accepter de se faire tirer le portrait. Émile ne savait plus trop où se mettre lorsqu’il avait répondu que oui, s’il le voulait vraiment. Il renversait du café sur cet homme, celui-ci le rattrapait gentiment dans la rue, le campagnard avait dit quelque chose qui pouvait le vexer, mais non, l’homme restait tout à fait poli et lui proposait même de le peintre. C’était à ne plus rien y comprendre. Mais après tout, ça faisait bien longtemps qu’Émile ne comprenait plus rien à ce qu’il se passait, depuis qu’il était arrivé en ville à vrai dire.

« Alors suivez-moi, je vous emmène chez moi, ce n’est pas très loin d’ici. Par contre, ne soyez pas choqué, ce n’est pas une maison très… Fortunée ? »Si Émile se mit à suivre l’artiste, il ne se permit pas de faire de remarque sur cette maison si fortunée. Il en avait dit et fait bien trop de choses pour le moment, pas la peine de faire une autre gaffe. L’adolescent eut un rapide coup d’œil vers son chien pour s’assurer qu’il suivait et se rendit compte de la lueur qu’il y avait dans ses yeux. Il pouvait lire en Buck et à cet instant, il y vit de la méfiance. Mais Émile n’en tint pas compte. Son chien avait été à l’origine de tout ce remue-ménage, il n’était pas trop en position de protester sur les choix de son maître.« Pour vous expliquer pourquoi je vous ai choisi ; c’est tout simplement parce que vous m’avez fais l’impression d’un personnage extraordinaire, au sens littéral. » Extraordinaire ? Dumont ne put s’empêcher de sourire. Il savait bien que ce mot voulait simplement dire que ça sortait de l’ordinaire mais quand même, ça lui faisait drôle que quelqu’un dise une telle chose de lui. Qu’un non-initié à la Guerre Sainte dise ça de Buck parce qu’il l’aurait vu se transformer en loup-garou, Émile aurait pu comprendre. Mais lui n’avait rien de très extraordinaire.

Il ne put s’empêcher de rire doucement, candidement. Ça n’avait rien de moqueur, loin de là. Il était même flatté. « Si vous le dites ! Peut-être que c’est le fait que je sois un fermier se baladant en ville qui vous fait cet effet-là. En tout cas, je suis d’accord avec vous. Buck est le plus beau. » Il baissa les yeux vers son compagnon et passa sa main dans la fourrure sombre de l’Animal. Il eut un doux sourire que Buck ne put que voir. « Hein, mon grand ? » Le Grand méchant Loup était la meilleure qui lui soit arrivé. Leur amitié était vraie, bien plus que celle entre un autre chien et son maître, bien plus qu’entre deux humains. Mais ça, seuls eux deux le savaient.


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Re: Montmartre n'est pas fait pour les campagnards [Félix]
Dim 24 Mai - 15:31
Felix se sentit bête. Il n’avait eu aucune idée de la définition du mot « chichi » ; et c’est sans mal que le dénommé Emile la lui expliqua. Il comprit alors un peu mieux de quoi il en retournait et surtout à quelle situation cela pouvait s’appliquer. Le suédois hocha la tête pour lui dire qu’il avait bien comprit. Finalement, ce n’était pas très compliqué… Simplement pas commun, n’est-ce pas ?  C’était aussi simple qu’Emile le suive. Il tomberait dans le panneau et alors Felix pourrait « s’amuser » de sa compagnie. Enfin, c’est bien ce qu’il désirait, ainsi que son Souvenir, néanmoins, il ne verrait pas venir la surprise que la personnalité du français lui apporterait. Du cadeau qu’il recevra.

Si Emile, lui, avait vu la méfiance dans le comportement et l’attitude de Buck, il n’en était rien pour Felix. Il n’y prêtait pas attention, de toutes façons, mais en plus de tout ça, le canidé était derrière eux. Lorsque le franco-suédois expliqua pourquoi il avait choisi le jeune campagnard français, ce dernier rit, visiblement flatté par l’explication. Cela rassura Felix qui, encore néophyte quant à la vie sociale, avait eu peur de ce qu’il aurait pu lui répondre. Tout un film s’était déroulé dans sa tête et il avait imaginé que le français ne se serait pas laissé faire aussi facilement. Foncièrement, ce jeune homme avait l’air bienveillant et c’était probablement une des raisons pour laquelle l’Innocence l’avait choisi.

Felix était un Noé très particulier. Quand bien même il essayait de haïr cet homme qui le suivait jusque dans sa demeure très peu fortunée, le peintre ne pouvait s’empêcher d’éprouver de la sympathie envers lui. Il était terriblement extraordinaire ; doux, gentil, souriant, et social. Un jeune garçon tout à fait normal, finalement, pour quelqu’un qui ignore tout du conflit entre deux camps bien distincts, et dont la bataille a pris le nom de « Guerre Sainte ». La réponse d’Emile le tira hors de ses pensées ; « Si vous le dites ! Peut-être que c’est le fait que je sois un fermier se baladant en ville qui vous fait cet effet-là. En tout cas, je suis d’accord avec vous. Buck est le plus beau. » Il marqua une courte pause le temps de caresser tendrement l’animal. « Hein mon grand ? »

Le Noé ne pu s’empêcher de rire un peu. Mais rire de joie, de… D’il ne savait quoi, en fait. Il était bien, il était joyeux, content. Comment pouvait-il expliquer ce qu’il ressentait là maintenant, alors qu’il n’avait jamais connu ça ? « Ca m’a probablement influencé, en effet ! » fit-il avec humour. « Mais j’ai été sincère avec vous. » termina-t-il.


* * *


Quelques instants plus tard, les deux « amis » étaient arrivés dans la périphérie de Paris, là où trônaient difficilement les petites maisons, les « bidonvilles », faites de bois et de matériaux trouvés sur place. Felix indiqua sa maison de son index. « C’est celle-ci… » fit-il avec beaucoup de honte. La maisonnette ne comportait que deux pièces, une salle pour peindre, et l’autre, distinguée avec un panneau de bois, comportait le lit du suédois. « Je reviens. » fit-il à Emile avec politesse. Quand bien même la maisonnette était petite, la hauteur ne posait pas de soucis. Les êtres humains pouvaient facilement y entrer. Felix ressortit quelques secondes à peine après avec son chevaler, puis fit encore deux trois allers-retours pour le reste du matériel ; chaises, pinceaux, peintures… etc.  Le peintre invita son modèle à prendre une pose. Et dès lors que ce fut fait, il commença à étaler sa peinture sur sa palette.

« Qu’est-ce que vous êtes venir faire à Paris ? » lui demanda-t-il, non par curiosité, mais pour faire la conversation. « N’y voyez pas d’espionnage, simplement, je me dis qu’on pourrait discuter pour que vous voyiez moins le temps passer. »
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Re: Montmartre n'est pas fait pour les campagnards [Félix]
Lun 25 Mai - 11:03


Montmartre n'est pas fait pour les campagnards


Ils arrivèrent bientôt dans des quartiers bien moins huppés et blancs que ceux dans lesquels ils s’étaient rencontrés. Felix l’avait prévenu après tout. Mais c’est vrai que le fermier ne s’attendait pas à ce qu’il vive dans un tel lieu. C’était assez difficile à imaginer pour un peintre. Qu’y avait-il de beau à peindre ici ? La misère, la saleté ? Un œil avisé aurait certainement pu trouver un sujet intéressant dans ces "bas-quartiers" mais ce n’était pas le cas pour Émile qui finit par se dire que si Felix habitai ici, c’était parce qu’il n’avait pas les moyens pour le faire ailleurs. Il trouvait ça dommage, presque triste. Paris était une si belle ville et des gens ne pouvaient pas en profiter correctement. La vie semblait vraiment bien différente à la ville. A Mende, les parents de l’adolescent avaient une belle petite ferme malgré la dure vie qu’ils y menaient. Le campagnard s’était toujours imaginé que les parisiens vivaient tous dans des immeubles haussmanniens et passaient leur temps dans des cafés. Mais Felix lui servait une image bien différente

« C’est celle-ci… » Un taudis parmi les taudis. Ça ne payait pas de mine vraiment mais Émile ne dit rien, ne pouvait rien dire. A quoi bon d’ailleurs ? Faire une remarque serait malvenu et ce n’était pas son genre de se moquer des autres. Il entra à la suite de Felix pour découvrir une petit pièce dépourvue de presque tout. Une porte ouverte lui montrait une seconde pièce d’où il voyait dépasser des toiles et chevalets. Ce devait être l’atelier du peintre. D’ailleurs, celui-ci le laissa quelques instants pour chercher son matériel et l’installer dans la première pièce. Il n’y avait trop rien à observer dans la maison de Felix mais néanmoins, le regard d’Émile se baladait, cherchant à voir ce qu’il pouvait y avoir dans l’autre pièce.

Le demi-scandinave l’invita à s’installer devant le chevalet qu’il avait dressé. Émile se dit qu’il pouvait s’asseoir sur le lit qu’il y avait là. Il dit à Buck de s’approcher et le fit s’asseoir devant lui puis finalement, il demanda avec un peu d’anxiété :  « Comme ça c'est bien ? » Il gardait une main près de l’épaule de son chien pour l’empêcher de bouger s’il ne respectait pas son ordre, ce qui aurait été très étonnant. Buck s’était beaucoup calmé depuis qu’il avait fait renverser du café sur Felix et Émile ne pouvait pas s’imaginer que le chien puisse faire quelque chose de mal au peindre, plus maintenant en tout cas.

Felix commençait à mélanger sa peinture sur la palette lorsqu’il rentama la conversation. « Qu’est-ce que vous êtes venir faire à Paris ? » La question était peut-être indiscrète et le citadin tenta de se justifier mais Émile ne vit pas d’inconvénient à répondre. De toute façon, le temps ne passerait que plus vite avec un sujet de discussion. Et puis, le lozérien n’avait pas franchement à mentir à ce sujet là, simplement à ne pas tout dire et ça ne le gênait pas. « Je suis venu visiter. Je viens du Gévaudan et j’ai récemment pu voyager un peu. Alors je me suis dit que Paris était une bonne destination. Et je crois que je ne me suis pas trompé ! Jamais je n’aurais imaginé que quelqu’un allait me tirer le portrait, haha ! » Il se tut pendant quelques instants alors que Felix commençait à étaler la peinture sur la toile. « Paris est vraiment une ville magnifique. Les gens de chez moi peuvent bien dire ce qu’ils veulent, ce n’est rien comparé au fait de visiter la ville en vrai. Et Montmartre ! Qu’est-ce que c’est beau ! »

Buck s’agitait face à l’excitation palpable dans la voix de son maître mais le fermier le tint en place avant de demander à l’artiste. « Et vous ? Vous avez toujours vécu à Paris ? »
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Re: Montmartre n'est pas fait pour les campagnards [Félix]
Mer 27 Mai - 12:34
Si Felix avait honte de son foyer, cela passa avec l’action de peindre. Enfin, rien que préparer sa peinture le détendait, alors il réussi à calmer son sentiment de honte et à se concentrer. D’ailleurs, Emile ne fit aucune remarque par rapport à son taudis. Il était bien aimable et bien élevé contrairement à ce que l’on pourrait penser des campagnards. Les stéréotypes tournaient sur beaucoup de monde ; probablement que le français serait surprit d’apprendre que finalement Felix est un des plus importants héritiers de Suède… Ses yeux ressembleraient très probablement à des billes toutes rondes tant il serait « choqué » par cette révélation. Et pourtant, c’était on ne peut plus réel !

Tout d’abord un peu tendu, le présumé exorciste se détendit lorsqu’il eut son chien à ses côtés, devant lui alors qu’il posait la même sur l’une de ses épaules. Hésitant, il demanda ; « Comme ça, c’est bien ? » Le franco-suédois hocha la tête avec un sourire accompagné d’un pouce levé, de manière détendue, et non vive… La nonchalance avait toujours fais partie de lui ; c’était un désavantage parfois. Surtout dans le cas de combat, même s’il tentait de les éviter le plus possible car il n’aimait pas ça.

Finalement, la conversation reprit un court plus naturel lorsque le Noé lui demanda ce qu’il était venu faire à Paris. Il s’était d’ailleurs excuser de son indiscrétion de « peur » que le français ne le prenne mal. Fort heureusement, ce dernier était très détendu concernant les raisons de sa venue ; bien entendu, il n’allait pas confier à un inconnu qu’il était exorciste et venait pour une X raison mais servant une cause plus ou moins juste dans  une Guerre dite « Sainte » pour la simpel et bonne raison que c’était un Elu de Dieu. Intérieurement, Felix gloussa. Il n’était pas très engagé dans cette Guerre mais il n’avait pas la Foi… Et à ses yeux, personnes n’étaient choisi pour quoique ce soit dans la vie.

Dieu n’existait pas. Le Diable non plus, quand bien même le Comte Millénaire semblait en être une pâle copie. « Je suis venu visiter. » fit-il en sortant Felix de ses pensées. Il continua en expliquant qu’il venait du Gévaudan, et qu’il avait récemment un peu voyagé. Emile expliqua qu’on lui avait dit que Paris était une bonne destination et qu’il n’en était pas déçu ; Felix se demanda pourquoi. Bien rapidement il eut sa réponse dès lors que le campagnard lui dit sur une note d’humour : « Jamais je n’aurais imaginé que quelqu’un allait me tirer le portrait ! » et il en rigola un peu. Marqua une pause tandis que le peintre s’attelait à sa tâche, s’appliquant. Ses sourcils étaient d’ailleurs légèrement froncés tandis qu’il se concentrait au maximum, tout en écoutant ce qu’il lui disait. « Paris est vraiment une ville magnifique. Les gens de chez moi peuvent bien dire ce qu’ils veulent, ce n’est rien comparé au fait de visiter la ville en vrai. Et Montmartre ! Qu’est-ce que c’est beau ! » Cela arracha un sourire à Felix, malgré sa concentration.

« C’est plaisant de voir que vous aimez la ville. Il y a beaucoup de monde, mais cela ne gâche en rien sa beauté. Et puis, tout paraît deux fois plus grand qu’ailleurs, vous ne trouvez pas ? » lui demanda-t-il, curieux de savoir si l’on partageait son point de vue.

Le pinceau du peintre commençait à dessiner les contours d’Emile et de son Buck à la beauté sans égale. Un fin trait apparaissait alors sur la toile. Le peintre aimait jouer sur le contraste et il avait déjà sa petite idée. Ses tableaux n’étaient toujours joyeux mais… Ils étaient beaux et c’est tout ce qui attirait les gens ; en tout cas, cela valait pour les Parisiens.  

Sans qu’il ne s’y attende, le français lui demanda ; « Et vous ? Vous avez toujours vécu à Paris ? » Felix s’écarta de sa toile pour le regarder d’un air surprit. Cela tombait bien, il pourrait se justifier sur sa situation financière et le choix de son mode de vie. Le franco-suédois s’éclaircit la gorge et reprit où il en était. C’était très aimable à lui de l’inviter dans sa demeure pour le peindre, cependant Felix n’allait peut-être pas non plus l’occuper trop longtemps. Ce serait probablement suspect…

« Eh bien, non. Je viens de Suède, en vérité. Je suis né là-bas. Ma mère est française, et a déménagé pour vivre avec mon père ; un aristocrate quelconque. Bref. Euh. J’ai décidé de venir en France et de m’en sortir seul grâce à la peinture, parce que c’est ma passion, et mon métier par la même occasion. » Il marqua une pause, honteux que son discours soit si peu attrayant. Mais il était l’Ennui. « Cela ne marchait pas comme je le souhaitais en Suède, côté peinture… Alors… J’ai sauté le pas, et je suis parti vivre ma vie. » termina-t-il avec un goût amer dans la gorge. Repenser à cet Outrage était douloureux, lui qui était la raison de cet Exil qu’il s’était appliqué à lui-même…  

Petit à petit, le campagnard et son chien prenait fort, en noir… Nuancé de gris. Ombré. Dans un décor sombre, mais existant.
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Re: Montmartre n'est pas fait pour les campagnards [Félix]
Ven 29 Mai - 16:38


Montmartre n'est pas fait pour les campagnards


Émile devait avouer que le peintre était un peu étrange. Il n’avait pas l’air d’aimer beaucoup parler. Oh bien sûr c’était lui qui avait lancé la conversation, qui l’avait même ré-abordé après leur mésaventure du café mais lorsque le fermier lui demanda s’il était bien placé, Felix avait préféré hocher la tête plutôt que de se perdre en paroles inutiles. Être bref et concis, c’était quelque chose qu’Émile avait bien du mal à imaginer. Lui qui était un moulin à paroles, qui pouvait raconter sa journée, se plaindre, faire preuve d’une extrême extraversion, se taire était compliqué. Sûrement parce qu’il y avait toujours quelque chose à dire, à communiquer, à partager. Alors oui, ça lui faisait bizarre d’être devant un homme qui ne s’éparpillait pas.

Felix commençait à griffonner quelque chose sur la toile, on pouvait le voir à ses mouvements de bras, à ses rapides coups d’œil allant du futur tableau au sujet, du sujet au tableau. Mais de là où il était, Émile ne pouvait rien en voir. Il se rendit bientôt compte que ça allait être une torture pour lui de poser des minutes, qui sait, peut-être des heures à attendre que son ami finisse son portrait. Et il ne pourrait même pas en voir l’avancement ! D’autant plus que si le campagnard était curieux, ce n’était rien comparé à Buck. Le chien avait très bien compris ce qu’il se passait et voudrait sûrement aller jeter un coup d’œil … pour se dégourdir les pattes. Émile se mit à caresser le flanc de son animal lorsqu’il pensa à cela comme si ce geste allait prévenir les actions du chien par après.

« C’est plaisant de voir que vous aimez la ville. Il y a beaucoup de monde, mais cela ne gâche en rien sa beauté. Et puis, tout paraît deux fois plus grand qu’ailleurs, vous ne trouvez pas ? »

« Oui c’est bien vrai. On se sent tellement plus petit lorsqu’on se retrouve face au Sacré-Cœur. Mais en même temps on a une vue sur tout Paris et on se sent si grand. C’est … extraordinaire ! » Il suffisait d’y penser pour qu’il retrouve un sourire ébahi, contemplatif et naïf. C’était merveilleux comme endroit lorsqu’on y repensait à tête reposée. Ici, dans cette humble maison, il n’y avait pas le regard que les gens leur portaient, à lui et à Buck. Tout ce monde dont parlait Felix avait disparu et Émile pouvait profiter pleinement de ses souvenirs sans y voir de choses à redire.

Puis la conversation bifurqua sur autre chose que la contemplation des monuments parisiens. Il y avait quelque chose qui avait tiqué à l’oreille d’Émile dans les dernières paroles de l’artiste. "Qu’ailleurs." Cela voulait-il dire qu’il avait déjà voyagé loin ? Le blond se mit à imaginer Felix en train de peindre un paysage d’Italie, le Kremlin ou même les grandes étendues du Mid West américain. Mais il retourna bientôt à la réalité lorsqu’il reposa les yeux sur le lieu dans lequel ils se trouvaient. Le parisien  ne devait certainement pas avoir les moyens de se payer de telles folies.

« Eh bien, non. Je viens de Suède, en vérité. Je suis né là-bas. Ma mère est française, et a déménagé pour vivre avec mon père ; un aristocrate quelconque. » Un suédois ? Un aristocrate ? Émile fut perdu pendant un instant  et ça dut se voir sur son visage. Son père était riche, il avait voyagé jusqu’en France … Alors pourquoi vivre dans un tel taudis ? Puis on lui expliqua, du moins dans les très grandes lignes. Bien sûr que Felix n’allait pas lui révéler sa véritable raison pour avoir pris le large, leur amitié naissance en aurait été brisée à ses tous premiers balbutiements. Ainsi il voulait vivre de sa passion. C’était noble de sa part et très ardu en même temps. Se faire un nom dans la peinture, aux côtés des Friedrich et autres Léonard de Vinci ne serait pas aisé. Mais à plus petite échelle, Émile était persuadé que le scandinave pouvait se faire une place. « Cela ne marchait pas comme je le souhaitais en Suède, côté peinture… Alors… J’ai sauté le pas, et je suis parti vivre ma vie. »

« Je trouve ça bien que vous ayez pu sauter le pas. Beaucoup en rêve et ne le peuvent pas. Enfin je crois. Moi je me suis toujours trouvé très bien dans mon Gévaudan et je crois qu’une part de moi-même y restera pour toujours même si je suis amené à partir loin. Et j’y reviendrai toujours. » C’est ce qu’il s’était promis et ce qu’il avait promis au petit Joseph -qui devait avoir bien grandi même si ça ne faisait pas longtemps que son grand frère avait quitté la maison- et à toute sa famille. Sa mère lui avait fait jurer qu’il reviendrait sain et sauf quand tout cela se terminerait et qu’ils pourraient ainsi reprendre une vie normale. Émile se souvint comment sa mère avait regardé Buck lors du départ. Elle lui avait fait un regard qui voulait tout dire. Elle ne lui avait demandé qu’une chose, ordonné qu’une chose : Qu’il lui ramène son ainé sain et sauf. Et c’était aussi pour cela que l’adolescent s’était juré de revenir sur les terres qui l’avaient vu naître dès qu’il le pourrait.

« Votre famille ne vous manque pas ? Moi, ça ne fait pas longtemps que je suis parti de chez moi et pourtant j’ai envie d’y retourner et de revoir mes proches. » fit Émile assez pensivement de telle sorte que l’ambiance soit un peu cassée par cette brève nostalgie.

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Re: Montmartre n'est pas fait pour les campagnards [Félix]
Dim 31 Mai - 14:27
Le franco-suédois avait bel et bien peur que le campagnard lui pose des questions étranges pour en connaître davantage sur son histoire. Et s’il remarquait une incohérence à laquelle le Noé n’avait pas fais attention et qu’il devinait tout ? Le jeune peintre n’avait aucune envie de devoir le tuer. Et ce qu’il pensa le surprit. Ne l’avait-il pas prévu, au tout début ? Dès lors qu’ils s’étaient « rencontrés », Gloomy avait ressenti le désir de le tuer… Et de détruire son Innocence surtout. Enfin… Si Buck était l’Innocence, Emile pourrait rester en vie, après tout. Rien ne pouvait prédire qu’il soit à nouveau Elu de Dieu plus tard. Qui savait vraiment ? Il est vrai que combattre et faire la Guerre avait quelque chose d’attrayant. Peut-être parce que c’était une activité prenante ? Après tout, on pensait davantage au fait de survivre ainsi qu’à la stratégie plutôt qu’au fait que l’on ait rien à faire… Et que l’on ne sache pas quoi faire, sans forcément avoir envie de faire quelque chose.

L’Ennui était un sentiment étrange.

« Oui, c’est bien vrai. On se senti tellement plus petit lorsque l’on se retrouve face au Sacré-Cœur. Mais en même temps, on a vu sur tout Paris et on se sent si grand. C’est… Extraordinaire ! » continua-t-il sur sa lancée. Felix hocha la tête, même si le modèle ne pourrait sûrement pas le voir. « Et est-ce que vous avez vu la Tour Eiffel ?! Elle est gigantesque ! N’est-ce pas ? Je rêve de pouvoir y monter. Pas vous ? De tout là-haut, on pourrait voir toute la ville ! » fit-il non sans merveille. Felix avait toujours gardé ça pour lui, parce qu’il avait un peu honte de ressentir tout ça à cause de bâtisse, d’œuvre de l’Homme. Le jeune homme était plutôt nature. « Est-ce que vous avez rencontré les Bohèmes de Montmartre ? J’entends beaucoup de personnes en parler, mais je ne les ai jamais rencontrés moi-même… ! » fit-il avec enthousiasme.

Felix faisait un effort ; lui qui ne parlait que très peu, tenta de s’engager dans la conversation afin que son « nouvel ami » ne s’ennuie pas trop à ses côtés.

Lorsqu’il raconta son histoire, Emile sembla écouter le récit de Felix sans broncher. Il était très attentif pour quelqu’un qui parlait énormément… Le Noé l’avait remarqué, et c’était parfait. Au moins, il contrerait quelque peu les effets de l’Ennui ainsi que ceux de la personnalité de Felix ; la nonchalance était douloureusement ennuyeuse. Tout paraissait si lent, et si… Mou, que cela en énervait plus d’un ; « Je trouve ça bien que vous ayez pu sauter le pas. Beaucoup en rêve et ne le peuvent pas. Enfin, je crois. Moi je me suis toujours trouvé très bien dans mon Gévaudan, et je crois qu’une part de moi-même y restera pour toujours, même si je suis amené à partir loin. Et j’y retournerai toujours. » fit-il. On ne l’aurait pas cru ainsi, mais le campagnard semblait très attaché à son foyer, à ses origines. Felix l’était aussi ; mais pour une raison dont il ne désirait pas parler, il l’avait fui… Emile avait beaucoup de chance de se sentir bien « chez lui ». « Vous semblez vraiment très attaché à votre « chez-vous »… C’est très touchant. Vous êtes liés à votre famille ? Enfin, vos parents y vivent aussi ? » Etait-il vraiment originaire du Gévaudan ? C’est bien ce que Felix se demandait… Après tout, il s’était peut-être attaché à cette région après un voyage… Qui savait ? Peut-être que pour lui, cette zone, c’était chez lui.
Sans qu’il ne le fasse exprès, le franco-suédois eut sa réponse.

« Votre famille ne vous manque pas ? Moi, ça ne fait pas longtemps que je suis parti de chez moi et pourtant, j’ai envie d’y retourner et de revoir mes proches. » Cette phrase avait été prononcée de sorte à prodiguer beaucoup de nostalgie, un sentiment à la fois positif et négatif mais qui donnait un peu le « blues » quand même… L’ambiance s’en vit touchée et sembla grisonnante. « Elle me manque terriblement, vous savez… Je corresponds parfois avec ma mère, qui transfert probablement à mon père. J’aimerais beaucoup les revoir, mais j’ai peur qu’ils ne m’en veuillent, vis-à-vis de mon départ. » Ce sujet l’arrêta dans sa peinture… Les nuances de gris étaient terminées… Enfin, pour le décor. Il ne restait plus que le plus dur ; Emile et Buck seraient le plus dur du travail… Si auparavant Felix ne les avait pas trop regardé, désormais, il faisait souvent le mouvement toile-modèle, et modèle-toile.

« Quand est-ce que vous comptez y retourner, si ce n’est pas indiscret ? » demanda Felix par curiosité et pour continuer la discussion autour de ce sujet.
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Re: Montmartre n'est pas fait pour les campagnards [Félix]
Lun 1 Juin - 17:43


Montmartre n'est pas fait pour les campagnards


Paris était vraiment une ville magnifique. Emile n’avait parlé que de Montmartre et de ses alentours simplement parce qu’il n’avait eu l’occasion que de se balader dans ce coin-là mais plus cette discussion avec Felix se prolongeait, plus grandissait en lui une envie de visiter l’intégralité de cette magnifique ville. Qu’importe si cela lui prenait des jours, des mois voire des années et qu’importe aussi si les gens les regardaient, lui et son compagnon, d’un regard qui ne lui plaisait et ne lui plairait jamais. C’était si beau et même si le fermier ressentait un peu le mal du pays, les monuments et les boulevards haussmanniens pouvaient être lui faire oublier ce sentiment. Surtout lorsque Felix lui parla de la Tour Eiffel. C’avait été l’évènement dans la France entière, cette exposition universelle et cette tour était connue de tous, au moins de nom. Emile l’avait vu, au loin, en arrière-plan mais il pouvait aisément s’imaginer la Grandeur de l’édifice. Des étoiles dans les yeux, il but littéralement les paroles du peintre.

Puis Felix parla des Bohèmes de Montmartre et les lumières dans les yeux de l’adolescent s’éteignirent, laissant place à une lueur d’interrogation. Du fond de sa campagne lozérienne, Emile n’avait jamais entendu ce terme. Qu’est-ce que cela pouvait-il bien désigner ? Emile n’en avait aucune idée. Il ne dit rien, peut-être pour ne pas avoir l’air idiot. Ou pour autre chose peut-être, il ‘en savait rien lui-même et finit par passer à un autre sujet auquel Felix répondit rapidement.« Vous semblez vraiment très attaché à votre « chez-vous »… C’est très touchant. Vous êtes liés à votre famille ? Enfin, vos parents y vivent aussi ? »

Comment ne pas l’être ? Emile ne pouvait pas se l’imaginer. Sa famille avait tout de la petite famille modeste mais heureuse. Il eut un petit sourire avant de répondre : « Toute ma famille vit dans le Gévaudan vous savez. Même mes grands-parents. Alors oui, je crois que je ne peux pas être plus lié à mon "chez-moi". » Il fit une pause en tapotant le flanc de Buck comme pour signifier que lui aussi faisait partie de sa famille. « Mes parents ont une petite ferme près de Mende et je les aide souvent. Bientôt j’aurai un peu moins de travail, mon frère et ma sœur vont pouvoir nous aider. » Il dit ça comme si ça le gênait de devoir s’occuper des moutons, des quelques cochons qu’ils avaient, de rentrer les céréales pour l’hiver. C’était peut-être dur mais il n’avait connu que cela et combien de fois il avait pu sortir dans la nature pendant des heures et des heures ? Il n’y avait rien de plus vrai à ses yeux, rien qui ne lui procure plus de plaisir.

A la question d’Émile, celle avec cette pointe de nostalgie non désirée, Felix répondit bien mélancoliquement que c’était aussi le cas pour lui. Ce devait être dur pour lui. Ses parents se trouvaient à des milliers de kilomètres de lui, encore plus loin que ne l’étaient ceux d’Émile et il n’avait sûrement pas la possibilité de les revoir aussi facilement que ne pouvait le faire l’exorciste. « Vous savez, je ne pense pas qu’ils vous en veuillent. Vous avez fait votre choix et je pense qu’ils le respectent. » Comme l’ont fait mes parents lorsque je suis parti. C’est ce qu’Émile aurait voulu dire mais il ne pouvait pas révéler son "travail".

« Quand est-ce que vous comptez y retourner, si ce n’est pas indiscret ? » Une date ? Felix voulait savoir cela alors que le fermier recherchait la même chose. Il n’espérait que cela, pouvoir prendre ses affaires, ne serait-ce pour un jour seulement, prendre le train et marcher tranquillement sur le chemin qui menait à chez lui. Embrasser ses parents, faire virevolter Marie dans une étreinte bien mérité et laisser jouer Joseph avec Buck. Ça ne faisait pas longtemps qu’il était parti, vraiment peu de temps et pourtant, pour quelqu’un qui n’avait jamais vraiment quitté sa maison, c’était dur. Il y eut un petit moment de silence alors que ce doux rêve passait devant ses yeux comme un mirage.

« Dès que j’en aurai fini avec mon tour de Paris je pense. A moins que le blues ne me passe pendant un temps et que je parte un peu plus loin. Mais pour mieux revenir ensuite. »

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Re: Montmartre n'est pas fait pour les campagnards [Félix]
Lun 29 Juin - 18:43
Felix écouta attentivement le campagnard tandis que son pinceau caressait la toile. Tandis qu’il parlait de sa famille et du lien qu’il entretenait avec elle, et son chez lui, le jeune peintre regardait Emile et Buck puis tentait de reproduire les deux êtres le plus fidèlement possible sur sa toile. Il y aurait probablement quelques défauts, mais Felix n’était pas assez expérimenté pour reproduire à la perfection. « Mes parents ont une petite ferme près de Mende, et je les aide souvent. Bientôt, j’aurai un peu moins de travail, mon frère et ma sœur vont pouvoir nous aider. » expliqua-t-il par la suite. Cette phrase piqua la curiosité du Suédois. « Votre frère et votre sœur sont trop jeunes pour vous aider pour le moment, c’est ça ? » demanda-t-il tandis qu’il peignait les contours des deux êtres derrière sa toile. D’ailleurs, il voulu changer de position mais changea d’opinion lorsqu’il se dit qu’Emile verrait la toile.

La surprise devait être complète.

Petit à petit, Felix en vint à peindre les cheveux blonds d’Emile, puis ses épaules, son torse, ses débuts de genoux et son chien. Puis ses jambes, où ce qu’il en voyait. Le but était que cela plaise, quand bien même les goûts de Felix étaient plutôt étranges. Tout était axé sur le contraste, c’était bel et bien là-dessus que reposaient toutes ses œuvres, en ce moment en tout cas. Il avait eu une période bien plus sombre, quelque temps après son Outrage. Mais c’était terminé. Ou presque.

« Vous savez, je ne pense pas qu’ils vous en veuillent. Vous avez fait votre choix et je pense qu’ils le respectent. » Felix savait bien que c’était une phrase de réconfort, et de gentillesse… Il ne pouvait pas savoir ce que ses parents avaient dans la tête si lui-même, leur fils, n’en avait aucune idée. Seulement, la gentillesse d’Emile était touchante, et le franco-suédois accepta cette dernière. « Vous devez avoir raison. Ils ont eu leur jeunesse, eux aussi, ils doivent probablement comprendre… » fit-il, pour se convaincre. Ses parents ne savaient pas, ils ne savaient rien. Felix avait eu beaucoup trop honte pour leur avouer ce qu’Il lui avait fait, et le nombre de fois qu’il l’avait fais. Mais Felix avait eu besoin de son soutien en tant que mentor, et peintre expert. De plus, ils ne savaient pas non plus ce qu’il était devenu. Son « choix » d’hôte avait été fait avec fracas, il avait hurlé sous la douleur ! Mais il avait toujours su interdire à ses parents d’entrer… Quelle force les avaient fait obéir ? Felix n’en savait absolument rien…

Toujours est-il que désormais, il regrette d’être parti aussi vite de chez lui. Peut-être que ses parents sont fâchés, peut-être sont-ils blessés, ou même inquiets. Le peintre n’en savait rien.

Petit à petit, le tableau se faisait. La dextérité naturelle de Felix était un atout ; les contours se faisaient plutôt rapidement. Il ne restait désormais plus que les détails des deux protagonistes du tableau. C’était le plus délicat. Prenant une inspiration, et tentant de se calmer, le Noé se mit à la tâche tout en demandant quand Emile retournerait voir ses parents. Le silence s’installa quelques secondes dans la pièce. Puis Emile répondit ; « Dès que j’en aurai fini avec mon tour de Paris, je pense. A moins que le blues ne me passe pendant un temps et que je parte un peu plus loin. Mais pour mieux revenir ensuite. » Le peintre fronça les sourcils ; comme inquiet. Il ne comprenait pas vraiment de quel « blues » le campagnard pouvait être pris. Enfin. Felix se doutait bien que c’était son travail d’exorciste qui lui prenait tout ce temps… Si seulement il savait que devant lui se trouvait un ennemi… Il ne serait pas aussi détendu et presque familier avec lui. « Quelque chose vous pèse, c’est ça ? Et vous êtes parti pour vous en débarrasser ? » demanda-t-il innocemment.

Petit à petit, une fois encore, Felix se perdit. Il avait presque oublié que le jeune campagnard face à lui était un ennemi. Pendant de longues minutes, il l’avait prit pour un nouvel ami qu’il venait de se faire…
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Re: Montmartre n'est pas fait pour les campagnards [Félix]
Mar 30 Juin - 14:48


Montmartre n'est pas fait pour les campagnards


« Votre frère et votre sœur sont trop jeunes pour vous aider pour le moment, c’est ça ? » demanda Felix avec curiosité sans pour autant se détourner un seul instant de sa toile. Cela fit sourire Émile. Le parisien semblait acharné au travail, comme si rien ne pouvait l’empêcher de finir son tableau. Il lui rappelait son père. Louis Dumont était exactement comme lui, voulant toujours finir de rentrer le foin malgré la chaleur qui ne baissait pas et la nuit qui venait, qui ne cessait de traire les chèvres quand bien même il y en avait beaucoup et qui ne ronchonnait jamais à se lever en pleine nuit parce qu’un animal mettait bas. Son père était quelqu’un d’admirable mais qui n’avait pas transmis ce don à son ainé. Émile était bien plus tête en l’air et paresseux. Ce n’était pas un défaut à avoir à la ferme mais néanmoins, lorsqu’il fallait être plus présent, il était capable de soutenir la charge de travail. Alors ça le fit aussi sourire de penser que bientôt il n’aurait plus autant de chose à faire et pourrait un peu plus flâner en forêt avec Buck. « Ils le sont encore un peu trop, oui. Même s’ils font quelques petits travaux ça et là, ils arrivent à un âge où ils pourront nous aider pour le fauchage du foin ou pour le semi. Et croyez-moi, deux paires de bras en plus, c’est toujours bienvenue ! »

Puis l’atmosphère avait changée, Felix devenant plus mélancolique. Émile se dit que ç’aurait été mieux de tenter de le rassurer aussi dit-il quelques mots apaisants qui semblèrent avoir eu de l’impact sur le peintre. Le lozérien pensa que c’était tant mieux si Felix se rendait compte que ses parents pouvaient le comprendre et comprendre ses choix. Et même si le suédois lui mentait en secret, ça ne changeait rien parce qu’Émile était intimement convaincu par ce qu’il venait de lui dire. Pour lui ça ne faisait pas de doutes, des parents étaient toujours à même de comprendre et de respecter les choix de leurs enfants. N’était-ce pas ce qu’avaient fait ses propres parents ? Marthe avait semblé très inquiète et Louis très préoccupé. Mais aucun des deux n’avaient protesté, du moins explicitement.

Le silence revint quelques instants après et Émile comprit à l’expression de l’artiste qu’il devait être arrivé dans une phase plutôt critique de son œuvre. Néanmoins, l’adolescent ne put s’empêcher de parler et d’évoquer son possible retour à la maison. Un jour. Et il fut surpris de constater que Felix n’avait apparemment pas bien compris ce qu’il voulait dire. Gêné, le blond répondit vivement pour éviter un malentendu. « Non non ! Ce n’est pas du tout ça ! J’ai toujours été très proche de mes parents et je n’ai pas envie que ça s’arrête comme ça ! Et puis je ne pourrai pas vivre loin de mes frère et sœur, enfin jusqu’à ce qu’ils soient un peu plus grands. » Reprenant son souffle et tapotant les flancs de Buck qui venait de s’agiter à cause du brusque sursaut de son maître, Émile finit par reprendre, un peu plus calme. « Je voulais juste dire que si jamais Paris me faisait oublier le mal du pays, alors je ne rentrerai pas si tôt. Mais j’en doute, honnêtement. Vous ne pouvez pas savoir comment le Gévaudan est magnifique, surtout en cette période de l’année. C’est la Nature, la Liberté. Des forêts à perte de vue et des petits villages isolés mais chaleureux. N’y a que là-bas que je me sentirai chez moi je pense. » Il sourit un peu en se remémorant sa rencontre avec Buck. C’était des évènements comme ça qui rendaient, à ses yeux, sa région magique.

« Vous pourriez peut-être y venir un jour. Les paysages sont si beaux, vous feriez des tableaux magnifiques ! »
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Re: Montmartre n'est pas fait pour les campagnards [Félix]
Mer 15 Juil - 17:38
Felix peignait inlassablement. Son pinceau glissait sur la toile, comme un oiseau traversant le ciel. Avec beauté et délicatesse. Douceur. Petit à petit le visage d’Emile apparut. D’abord ses cheveux blonds, puis son front. Le peintre ne cessait de changer de ton. Ayant commencé par du blanc. Il nuança avec du beige. Et ombra ses cheveux sur son front. Felix s’ennuya le front. Ses œuvres d’art étaient toujours faites avec passion. Avec amour. Jamais une œuvre n’avait été faite sans cette chose en lui. Au fond de lui, de ses tripes. Au fin fond de lui-même. Il y avait cette Chose, cet élément qui – chaque jour en peu plus – le poussait à avancer. Chaque jour, il avait envie de s’améliorer. De progresser dans chaque chose qu’il entreprenait. C’était puissant. Ca outrepassait tous les autres sentiments. Et ça tirait dans ses tripes. Ca faisait du mal pour faire du bien. C’était indescriptible. Et chaque fois que ce pinceau qu’il tenait fermement dans sa main glissait sur cette toile – ou une autre – il ressentait une sorte de plaisir entier. Felix se sentait entier. Lui-même. Aucun mot sur Terre n’était en mesure d’expliquer ce qu’il se passait en lui. C’était tellement fou que chaque fois qu’il ressentait ce sentiment-là, il était surprit et surtout dépassé ; lui aussi.

Les yeux bleus océans fixaient désormais Felix. Lumineux. Mis en valeur par le contraste dont était spécialiste Felix. Le contour de ces derniers avait été fait plutôt rapidement ; le plus compliqué était la couleur avec laquelle il avait fait les deux prunelles du campagnard. Un bleu qui rappelait le bleu ravageur du lapis-lazuli. Une couleur difficilement copiable car elle se situe entre l’azur et l’outremer. « Ils le sont encore un peu trop, oui. Même s’ils font quelques petits travaux ça et là, ils arrivent à un âge où ils pourront nous aider pour le fauchage du foin ou pour le semi. Et croyez-moi, deux paires de bras en plus, c’est toujours bienvenue ! » dit-il avec enthousiasme. « Pour le semi ? » demanda spontanément Felix. Il ne savait absolument pas à quoi cela pouvait correspondre et il espérait que le campagnard éclaire sa lanterne là-dessus. Et presque tout aussi spontanément, le franco-suédois lui proposa ; « Si vous voulez, je viendrai vous aider quelques jours. Je serai curieux de savoir comment ça se passe. Et puisque vous avez dis que des paires de bras étaient toujours les bienvenues… ! » Il avait eut envie de rajouter qu’il posait sa candidature, mais Felix se retint. Peut-être que c’était déplacé. Même s’il vivait actuellement dans un taudis, le Noé était l’héritier d’une des plus riches familles de Suède. Et ça, Emile n’en avait aucune idée. Enfin… Felix croyait se souvenir qu’il lui avait dis qu’il descendait d’un aristocrate. Oh. Peu importait. Sinon, Emile aurait déjà pris ses jambes à son cou.

Puis la conversation suivit la mélancolie de Felix par rapport à ses parents et à sa décision de fuir la Suède pour un moment. Incapable de se confier sur la raison de son départ, le Noé avait tout de même exprimé sa culpabilité. Par chance, son nouvel ami, Emile le comprenait parfaitement. Il tentait tant bien que mal de le rassurer. Malheureusement, une tournure de phrase fut incomprise pour le jeune franco-suédois ; Emile clarifia la chose : « Je voulais juste dire que si jamais me faisait oublier le mal du pays, alors je ne rentrerai pas si tôt. Mais j’en doute, honnêtement. Vous ne pouvez pas savoir comment est le Gévaudan est magnifique, surtout en cette période ; C’est la Nature, la Liberté. Des forêts à perte de vue et des petits villages isolés mais chaleureux. N’y a que là-bas que je le sentirai chez moi, je pense.  » De suite, le cerveau de Felix trouva ça beaucoup plus clair. Et il comprenait parfaitement. La Suède serait toujours son pays, quoiqu’il puisse arriver, quoiqu’il puisse se passer : il le savait. Néanmoins, ce n’était pas avec beaucoup d’entrain qu’il songeait à y retourner. Il avait bien trop peur de croiser ne serait-ce qu’au détour d’une rue son agresseur. « Je comprends parfaitement votre sentiment, vous savez. Je pourrais dire la même chose de la Suède. » fit-il avec un sourire. A peu de choses près eut-il envie de rajouter. Cependant, il devait cesser de penser à cette mauvaise passe qu’il avait vécu. Cela le tirait vers le bas, et cela le rendait maussade. Peu agréable pour les autres. Comment pourrait-il cesser de s’ennuyer s’il ne faisait que repousser les autres avec ses états d’âmes à la con ?

C’était une phrase typique de son mentor. Il jurait beaucoup.
Des frissons lui parcoururent l’échine. De dégoût. D’effroi.

La voix d’Emile le sortit de sa torpeur soudaine. « Vous pourriez peut-être y venir un jour. Les paysages sont si beaux, vous feriez des tableaux magnifiques ! » lui dit-il avec spontanéité. C’était avec humour que Felix lui avait dit qu’il viendrait les aider mais jamais il ne se serait imaginé que son nouvel ami l’inviterait lui-même. Et encore moins pour lui permettre de peindre de « magnifiques paysage. » Ce fut donc touché en plein cœur que le jeune peintre lui répondit positivement : « Ce serait avec le plus grand des plaisirs, Emile. En plus de celui-ci, je vous en offrirai un autre, en guise de remerciements. »

Un large sourire traversa son visage. Emile lui avait fait oublier sa peine ainsi que son ennui.
Quel homme.
Et surtout ; quel ami !
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Re: Montmartre n'est pas fait pour les campagnards [Félix]
Jeu 16 Juil - 11:37


Montmartre n'est pas fait pour les campagnards


Il venait de lui proposer de venir chez lui et d’expérimenter les joies de la vie paysanne. Et même si Felix avait dit cela sur le ton de la plaisanterie, Émile se dit que ça aurait pu être intéressant. Le suédois ne savait pas ce qu’était le semi ! Ça pouvait être enrichissant aussi bien pour lui que pour le fermier. Felix pouvait apprendre plein de choses sur la campagne et ils pourraient en apprendre un peu plus sur l’autre. Plus encore qu’ils ne le faisaient déjà maintenant.

Alors oui, quand Émile lui proposa de venir en Lozère un jour, il était tout à fait sérieux. Lui était né dans le Gévaudan, il n’avait quasiment vu que ses paysages bucoliques entre forêts et champs légèrement vallonnés. Il n’avait qu’à fermer les yeux pour replonger dans la beauté de sa région. Mais ce n’était pas le cas de tout le monde. Émile pensait que le Gévaudan n’était pas assez connu. Certains connaissaient la Bête -Buck dans sa forme monstrueuse- d’autres rien du tout. Et pourtant, il méritait d’être un peu plus renommé. Alors pourquoi pas le faire par le biais de Felix ? Après tout, Émile s’imaginait que le suédois avait un grand talent et qu’il pourrait tout à fait dépeindre les paysages de sa région. Il le voyait déjà sur le pas de la petite ferme familiale ou en plein milieu d’un champ avec un pinceau à la main et l’air rêveur devant la beauté de la Lozère.

« Ce serait avec le plus grand des plaisirs, Emile. En plus de celui-ci, je vous en offrirai un autre, en guise de remerciements. »

Émile se sentit soudain très gêné par ce que venait de lui dire son ami. Ce n’aurait pas été autant si son teint avait viré légèrement au rouge. Il trouvait déjà que c’était un immense cadeau que de lui offrir ce portrait alors en recevoir un second. D’autres auraient tout de suite vu l’investissement que cela pouvait rapporter si Felix devenait célèbre et que ses toiles commençaient à bien se vendre. Mais l’adolescent n’était pas capable d’envisager de telles choses. C’était un grand honneur et une belle preuve d’amitié que de se faire offrir un tableau et si jamais cela se faisait, Émile ne serait jamais capable de vendre les tableaux de son ami. Quand bien même il trouvait bizarre d’accrocher un portait de lui-même et de Buck chez lui ou dans sa chambre de la Congrégation. Hé quoi ! Il n’était pas aristocrate non plus.

Mais comme dit, il s’agissait d’un cadeau et ça représentait beaucoup pour le fermier. Ça lui prouvait que, quand bien même il faisait partie intégrante de la Guerre Sainte, il pouvait tout de même rencontrer du monde et se lier d’amitié. Et même s’ils étaient totalement différents de lui.

Il finit par répondre à Felix, tentant de se calmer pour que le teint du portait ne soit pas rougeaud. « Ça me ferait vraiment plaisir. Mais vous savez, un tableau c’est bien assez. Ma mère ne va déjà pas me croire quand je vais revenir avec ce portrait, haha ! »

Émile regarda ensuite le bras du peintre qui s’agitait. Le pinceau semblait glisser sans aucune contrainte sur la toile pour déposer des touches de couleurs ça et là pour finalement former un ensemble harmonieux. Enfin se l’imaginait-il. Car qui lui disait que Felix était un peintre talentueux ? Mais Émile n’en doutait pas, son ami devait savoir représenter parfaitement le moindre petit détail d’un visage, l’éclat des yeux et la texture des habits.
Buck bailla à s’en décrocher la mâchoire, apparemment fatigué de devoir rester là, entre les jambes de son maître pendant de très longues minutes sans pouvoir se dégourdir les pattes. Le regarder faire aurait presque donné envie à Émile de faire de même. Mais au lieu de ça, il lui flatta une nouvelle fois le flanc pour le tenir en place. Toutefois, cette action de son chien fit prendre conscience à Émile que le temps passait plutôt lentement. Et bientôt il se demanda quand est-ce que la toile serait finie. Il n’allait certainement pas demander cela à Felix car en plus d’être impoli, il connaissait déjà la réponse. Au lieu de cela, il préféra continuer la conversation.

« Ça fait longtemps que vous peignez ? »


Spoiler:
 
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Re: Montmartre n'est pas fait pour les campagnards [Félix]
Lun 17 Aoû - 11:30
Felix s’était longuement perdu toute sa vie. Dans la peinture. Dans la vie. Dans Paris et même en Suède. Ce n’était que grâce à sa vie de maintenant – de clochard, de pauvre bourgeois démuni – qu’il était parvenu à grandir, et à s’adapter à ce que la vie lui offrait. C’était probablement une des raisons pour laquelle il était incapable de tuer l’homme qui était en face de lui. L’homme que son Souvenir aimerait tuer. La sensation d’ennui avait toujours fait partie de lui. Il était à la fois ennuyeux pour lui mais aussi pour les autres ; il n’avait jamais vraiment eu de conversations, et cette nonchalance avait toujours été un poison à sa sociabilité. Elle tuait toujours les petits liens qui commençaient à naître, et ce, sans aucune pitié. Les gens « de la Haute » n’avait aucune envie de lui reparler ni même de le revoir dans leur champ de vision. Felix n’avait jamais compris pourquoi – ni à quel point – il rebutait les gens de la sorte. A la longue, il avait fini par se dire que c’était ainsi et ne chercha plus à plaire à ces gens qui ne lui plaisaient pas. Cela fut sa petite revanche personnelle.

Peut-être que la rareté d’un possible dialogue avec quelqu’un était un poids qui penchait dans la balance… Un poids qui penchait en faveur de la vie de cet Emile. Emile l’Exorciste. Jouait-il la comédie ou bien ne savait-il pas que son chien était une Innocence à lui seule ?

Comment pouvait-on ne pas savoir que l’on était compatible à une Innocence ?
Enfin, cela ne le regardait pas plus que ça.
D’autant plus qu’il allait lui laisser la vie sauve. « Parce qu’il est distrayant. » gronda le Souvenir de l’Ennui. Et il le sera probablement encore plus lorsqu’il sera chez lui. Car oui, le campagnard avait invité son ami « Mondain » dans son humble demeure ; pour peindre de magnifiques paysages du Gévaudan… Avait-il dit. Cela avait fait rêver Felix. Et même, cela l’avait fait voyager.

Autant que son pinceau le faisait. Désormais, il en était au torse du jeune homme. A ses vêtements de campagnard beige, qui rappelait son teint de peau sans pour autant être de la même teinte. Il se hâtait, d’ailleurs. Il ne faisait pas de décor précis, alors cela prendrait moins de temps que d’habitude. Il n’y avait qu’un fond de carrés de différentes couleurs. Du noir au gris plutôt clair. Puis Felix commença à peindre le canidé ; ce « Buck » qui aurait pu le vendre sur sa véritable identité. Peut-être qu’en le voyant ne rien faire, il avait fini par s’adoucir ? « Ca me ferait vraiment plaisir. Mais vous savez, un tableau c’est bien assez. Ma mère ne va déjà pas me croire quand je vais revenir avec ce portrait, haha ! » répondit-il à l’offre de Felix. Cela le fit sourire. Quel campagnard pourrait fréquenter un peintre ? C’est vrai que le jeune homme n’était pas un professionnel et qu’il avait encore beaucoup à apprendre en termes de couleur, et de texture mais surtout en qualité de peinture. A partir du moment où vous savez dessiner… Et maîtriser votre pinceau. Le rendu ne pourra qu’être beau.

Felix peint les longs poils de Buck, il entama son crâne pour arriver jusqu’à ses yeux… Avant de répondre à Emile. « Vous avez sûrement raison, et j’espère que votre mère vous y reconnaîtra. » Avec son ton peu assuré, Emile comprendrait qu’il parlait de son coup de pinceau. Il avait peur de défiguré le jeune homme à tel point que même sa mère ne le reconnaîtrait pas ! « Vous pourrez toujours vous en servir pour la cheminée, cela brûle très bien, il paraît. » rajouta-t-il sur le ton de la rigolade. Il lui sembla que ce jeune Emile le transformait. Jamais d’habitude il n’aurait rit sur la qualité de ses tableaux.

Buck bailla. Qu’en était-il d’Emile ? Peut-être s’ennuyait-il ? Peut-être était-il las d’être assis et voudrait se dégourdir les jambes ? Il ne restait presque rien à Felix. Simplement de terminer Buck et de dessiner les mains et les jambes de son maître. Puis il pourrait lui montrer son œuvre et savoir si elle lui plaît ou non. D’ailleurs, cette question souleva une montagne d’angoisse à l’idée que son tableau soit raté, et encore pire, qu’il ne lui plaise pas du tout. Qu’en ferait-il ? Felix déglutit et se reprit en main.

Il essuya son pinceau et éclaira le poil dudit Buck d’un léger beige. Puis il reprit la teinte foncé de l’animal. Il reposa son pinceau et s’ennuya le front. Son bras qui portait la palette commençait à fourmiller, et l’objet sembla lui devenir lourd. Ce fut à cet instant qu’Emile lui posa une autre question. « Ca fait longtemps que vous peignez ? » Pour le jeune homme ce fut évident. Une évidence même. Felix en profita pour poser son matériel et décaler son tableau ainsi que son portant. « Vous savez. La peinture c’est quelque chose de fondamental. Comme la poésie, comme n’importe quel art. Ca vous prend aux tripes et vous ne parvenez pas à vous en débarrasser. » Il sourit. « Je peins depuis que j’ai l’âge de tenir un pinceau. J’ai appris à dessiner d’abord, c’est vrai, puis ce fut la peinture. C’est plus méticuleux, je trouve. Il y a le mélange des couleurs, la façon de les superposer pour donner une teinte particulière… Ca prend du temps, mais le rendu vaut le coup. » Un immense sourire se dessina sur son visage ; on voyait parfaitement que la peinture était ce qui le rendait heureux. On lisait sur ses traits le plaisir immense qu’elle lui faisait ressentir. Dès lors, l’Ennui n’était plus.

Il était inutile de mentionner dans son parcours, cet odieux pervers de mentor qui avait croisé son chemin et l’avait détourné du bonheur de la vie avec simplement quelques choses très mal placés… On peut détruire une personne avec quelques mots. Ou bien quelques gestes.

Par curiosité et sur le coup, reprenant sa peinture là où il l’avait laissé, Felix lui posa une question ; « Qu’auriez-vous fais si vous n’étiez pas né dans une famille de fermier ? » Sa voix était douce. Il n’y avait pas d’arrogance dans le timbre de sa voix, il avait simplement envie de connaître les rêves de son interlocuteur.
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Re: Montmartre n'est pas fait pour les campagnards [Félix]
Jeu 27 Aoû - 15:17


Montmartre n'est pas fait pour les campagnards


Felix se fit ironique en parlant de son tableau. Émile n’aimait pas vraiment ça. Il n’avait aucune idée du niveau du peintre ou même de si le tableau allait être réussi. Mais les mots de son ami lui tirèrent une moue étrange que, peut-être, Felix n’arriverait pas à déchiffrer. Le garçon de ferme était un optimiste invétéré et il n’acceptait pas vraiment que l’artiste puisse parler ainsi de son travail, quand bien même c’était ironique.
Il ne s’énerva pas. Mais fit bien comprendre qu’il apprécierait le travail quoi qu’il arrive. Et que lui, au moins, ne doutait pas des talents du peintre. « Je suis sûr que ma mère me reconnaîtra, ne vous en faites pas. Et puis, on a tout le bois nécessaire pour chauffer la maison durant l’hiver. Il ne finira pas au feu ! »

Puis Buck bailla. Émile le tint éveillé et Felix continua de peindre. Le fermier ne pouvait pas savoir que son ami doutait sur l’intérêt qu’il portait à son œuvre naissante. Mais Felix était un peu dans le vrai. A l’instar de sa bête, Émile commençait à trouver le temps long. Ce n’était toutefois pas contre Felix. C’était simplement qu’il n’avait pas l’habitude de rester aussi longtemps sans rien faire. A la campagne, il y avait toujours du foin à rentrer, des vaches à traire, des moutons à surveiller. L’inactivité n’existait pas. Du matin jusqu’au soir, il fallait être d’attaque. Alors pour pallier à cette baisse de régime, Émile se concentrait sur les coups de pinceaux que donnait le suédois sur la toile. Il s’imaginait la peinture, forcément exceptionnelle, et cela le maintenait éveillé et alerte. Et puis il parlait aussi.
Et les tirades de Felix étaient passionnées, ce qui faisait rêver le campagnard. Il n’y avait pour lui pas de passion aussi dévorante. Jamais il n’aurait pu parler de quelque chose d’une telle manière en laissant transparaître sa joie.

« Ça vous prend aux tripes et vous ne parvenez pas à vous en débarrasser. » Heureux de voir son ami sourire, il en fit de même. « Je pense arriver à comprendre. On a tous quelque chose qui nous tient particulièrement à cœur. » Maintenant qu’il y pensait, à tout bien réfléchir, il y avait une chose qu’il aimait pas dessus tout. Mais ce n’était pas une passion. C’était tellement différent : Sa région, le Gévaudan.

Émile rêvassait un peu, se laissant bercer par ses souvenirs. Comme quelques minutes auparavant, il revoyait les belles collines du Massif Central, les forêts qui s’étendaient à perte de vue sur elles. Felix le sortit de ses pensées avec une question plutôt incongrue. « Qu’auriez-vous fais si vous n’étiez pas né dans une famille de fermier ? » Émile le regarda en papillonnant des yeux. Il était surpris. Ce n’était pas une question qu’on entendait tout les jours. Il mit un certain temps avec d’apporter une réponse. « Je ne sais pas. Je n’ai jamais connu autre chose et je n’ai rien à envier. » Dit-il en souriant. « J’aime ma vie comme elle est. Et je crois que je ne l’échangerai pour rien au monde. »
Il disait cela. Mais en réalité, son raisonnement allait plus loin. S’il n’était pas né chez les Dumont, s’il n’avait pas eu sa vie, jamais il n’aurait rencontré Buck. Certes, ce n’était pas le fait de ne pas servir l’Église qui le chagrinait. Mais sans tout ce qui le faisait, ce meilleur ami un peu pataud mais toujours fidèle ne ferait pas partie de sa vie. Et ça, il ne pouvait plus l’imaginer.

« Et vous ? » Le retournement de question était aussi saugrenu que l’interrogation elle-même. Forcément que Felix aurait voulu d’une autre vie. Après tout, il était bien loin de chez lui. « Votre vie ne vous plait pas ? »

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Re: Montmartre n'est pas fait pour les campagnards [Félix]
Sam 29 Aoû - 17:33
Peut-être avait-il discerné la détresse du peintre et son manque de confiance en lui. Peut-être même avait-il été plus loin en lui remontant le moral. Toujours est-il que ces mots qui sortirent de sa bouche lui redonnaient confiance. Ils étaient tel un baume à son cœur… Et Felix se prêta davantage à l’exercice. Il devait à tout prix croire en lui ! Sa toile ne pourrait en être que plus belle. Alors, sous l’énergie positive que venaient de prodiguer les mots d’Emile, le suédois se mit à peindre avec plus d’entrain. Son poignet se pliait et se courbait pour exécuter les plus beaux coups de pinceaux. Bientôt, il en aurait terminé avec ce tableau. Et il en saurait davantage sur le goût de son nouvel ami.

Gloomy pestait intérieurement. Depuis quand pactisait-on avec l’ennemi ? Arg. Douleur et Colère étaient les maîtres mots de ce Souvenir.

Le silence fut une réponse à Emile, Felix lui donna raison ; car il avait besoin de croire en lui, plus que jamais. « Je pense arriver à comprendre. On a tous quelque chose qui nous tient particulièrement à cœur. » Et le Noé ne pouvait être plus d’accord avec lui.  Il hocha la tête comme simple réponse, et peignait à vive allure, comme si tout ce qui lui avait toujours manqué n’avait été que la confiance. Ce mot qu’il n’avait jamais connu… Jamais plus connu depuis son Outrage. Oh comme il avait rêvé de grandeur et de succès ! Et cet Homme avait tout gâché. Il avait balayé ses rêves en un seul revers et voilà que Felix vivait dans un taudis, à la périphérie de Paris. Aux voisinages du 16è.

Cependant. A sa plus grande surprise, le jeune garçon s’était fait un ami. Un ami masculin qui plus est ! C’était bien tout ce dont il rêvait. Il pourrait avoir des amis normaux. Pas d’adultes avides de pureté de corps, ni même de… Brrr. Rien que d’y penser, Felix eut des frissons de dégoûts qui lui parcoururent l’échine. Il étira son dos et ses épaules pour les faire fuir et peaufina son tableau. Il ne lui restait plus que quelques retouches, bientôt l’œuvre serait complète et terminée !

Leurs voix retentirent doucement dans le taudis, tandis que Felix lui demanda ce qu’aurait fait Emile s’il n’était pas né dans une famille de fermier. A vrai dire, la question était très personnelle et le peintre s’était probablement un peu trop emballé. Néanmoins, le campagnard lui répondit sans peine. Je ne sais pas. Je n’ai jamais connu autre chose et je n’ai rien à envier. J’aime ma vie comme elle est, et je ne l’échangerais pour rien au monde. » fit-il avec un sourire. Visiblement, sa vie lui convenait parfaitement ! Et c’était bien mieux ainsi. Felix ne souhaitait de malheur à personne.

« Et vous ? » Un petit silence pesa. « Votre vie ne vous plaît pas ? » Felix eut un maigre sourire. Cela lui faisait plaisir qu’il s’intéresse à lui. Mais tout d’un coup, il envia le campagnard. Lui. Sa vie telle qu’elle était lui suffisait. Il avait beaucoup de chance. « Beaucoup de monde doit vous envier, c’est rare de rencontrer des gens qui sont sincèrement satisfait de leur vie. Et je crois que j’en fais partie. » Il souriait malgré tout. Son tableau était terminé. Il en était fier. « Il y a des choses qui se sont passées qui m’ont fragilisé. Je suis ici pour me reconstruire. Ma vie d’avant avait fini par ne plus me convenir… A cause d’une maudite personne. »

Il haussa les épaules. Il n’avait pas à se plaindre. Il pouvait peindre, et offrir des tableaux et même les vendre à certaines personnes !

« Mais peu importe ! Voici votre portrait ! » Felix tourna son chevalier et dévoila l’œuvre. Son fond noir à carreaux nuancés de noir en gris clair contrastait parfaitement bien avec les deux protagonistes en couleur. D’autant que leurs yeux étaient plus lumineux que n’importe quel autre élément de la toile. « Qu’en pensez-vous, Emile ? »

Son cœur battait la chamade sous l’angoisse qui avait assailli son être tout entier. S’il avait pu trembler de trac, il l’aurait fait.
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Re: Montmartre n'est pas fait pour les campagnards [Félix]
Dim 30 Aoû - 16:11


Montmartre n'est pas fait pour les campagnards


Les coups de pinceaux sur la toile se firent plus rapides qu’auparavant. Étaient-ce les paroles d’Émile qui avaient eu un quelconque effet sur le jeune artiste ? C’était peut-être un peu présomptueux de sa part mais le fermier en était convaincu. Il avait à peine fermé sa bouche que Felix avait redoublé d’efforts. Est-ce que le tableau allait bientôt être achevé ? Allait-il tourner le chevalet pour qu’enfin Émile puisse voir le chef d’œuvre ? Peut-être dans une ou deux minutes, le temps de faire les retouches. Le campagnard sourit. C’était étrange. Il n’y connaissait rien en matière de peinture mais il s’imaginait aisément les ultimes étapes que traversait son ami pour fignoler son œuvre. Peut-être l’éclat des yeux n’était pas parfait ou pas assez prononcé, peut-être les plis du tissu n’étaient pas restituer de la bonne manière à un endroit précis ? Il devait y avoir une myriade de choses auxquelles faire attention avant de présenter une toile finie. Certes Émile n’avait pas l’œil aiguisé des experts mais il était évident que comme pour tout artiste, Felix voudrait lui présenter quelque chose de parfait.

Émile parlait et parlait, continuant la conversation sans penser un seul instant qu’à ce moment, son ami aurait peut-être besoin de concentration. Et en plus, il lui posait une question bien trop personnelle ! « Beaucoup de monde doit vous envier, c’est rare de rencontrer des gens qui sont sincèrement satisfait de leur vie. Et je crois que j’en fais partie. » Lui indiqua Felix sans montrer une quelconque gêne. Le fermier fut rassuré et lui sourit, heureux que lui aussi soit satisfait de sa vie. Cependant le lozérien s’était réjouit trop vite. Le sourire du suédois cachait quelque chose qui fit disparaître celui d’Émile. « Il y a des choses qui se sont passées qui m’ont fragilisé. Je suis ici pour me reconstruire. Ma vie d’avant avait fini par ne plus me convenir… A cause d’une maudite personne. » Émile ouvrit la bouche puis la referma sans avoir rien dit. Il était surpris par cette face cachée de ce nouvel ami. Certes, ils ne se connaissaient que depuis quelques heures mais campagnard ne s’imaginait certainement pas qu’il puisse avoir vécu des choses que l’ont poussé à prendre le large. Et quand serait-il lorsqu’il découvrirait celui qui se tapissait au fond de Felix ?
Il avait voulu lui demander ce qu’il s’était passé, qui était cette personne tant haïe. Mais il était trop tôt pour qu’il puisse se permettre de demander une telle chose et pour que le peintre accepte de se confier à lui. De toute façon, ça ne le concernait pas.
Felix semblait ne pas y accorder d’importance, mais était-ce vraiment le cas ? Même lorsqu’il haussait les épaules, Émile n’était pas convaincu. Cependant, il n’eut pas le loisir de s’inquiéter plus pour son ami puisque celui-ci venait de s’exclamer en retournant enfin son chevalet …

Pour révéler Le tableau.

Les yeux d’Émile s’ouvrirent en grand tout comme sa bouche qui forma presque un O parfait. C’était … magnifique. Même Buck semblait suffoqué. Il regardait cet autre chien, la tête penchée sur le côté, se demandant certainement s’il s’agissait de lui. Il était bien plus intelligent qu’un simple chien, il devait certainement comprendre.
Émile restait accroché sur l’éclat des yeux de chacun, des siens comme ceux de Buck. Pratiquement du même bleu, ils ressortaient parfaitement du tableau et notamment du fond en noir et blanc.

« Qu’en pensez-vous, Emile ? » Les mots lui manquaient. Il bégaya un peu, sous l’effet de surprise. « C’est … t-très beau. Magnifique ! » Felix lui faisait un bien grand honneur en lui offrant cette toile. Il n’y connaissait rien mais il était aisé de s’imaginer combien le peintre pourrait vendre cette toile qui, aux yeux d’Émile, était parfaite. Le tableau pourrait titrer : "Le fermier et son chien, variations des tons et nuances." Mais peut-être que Felix allait l’appeler plus sobrement, "Émile et Buck" simplement. Ou même ne pas l’appeler du tout. C’était bien mieux ainsi. Un cadeau immense mais simple.

« Vous pourriez aisément percer dans le milieu, Felix. J’en suis sûr ! » Émile s’adressait à son ami mais il n’avait pas quitté des yeux ce double de lui, retranscrit à la perfection, comme s’il lui parlait à lui, à lui-même.
Il se leva pour approcher un peu plus la toile et Buck fit de même, se dégourdissant les pattes et s’ébrouant pour redonner du volume à ses poils compressés par les jambes de son maître. Il était heureux lui aussi. Émile s’accroupit pour apprécier, de son œil novice, le détail de la fourrure de son chien, de la plus récente représentation de la Bête du Gévaudan, de cet éclat intelligent qui illuminait ses yeux et qui était si propre à Buck.
Le fermier se releva et s’adressa à nouveau à Felix, le regardant droit dans les yeux cette fois. « Je suis véritablement touché. C’est un très beau cadeau, Felix. » Le peintre suédois était un maître dans son art. C’était indubitable, flagrant et émouvant pour le simple fermier qu’était Émile.  

« Merci ! »



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Re: Montmartre n'est pas fait pour les campagnards [Félix]
Mer 2 Sep - 10:53
Si seulement ce Mentor qu’il avait eu lui avait fait autant de compliments. Si seulement il lui avait dit toutes ces choses… Si seulement il lui avait donné la force de continuer… Felix se mordit la lèvre inférieure pour ne pas que les larmes viennent mais ce fut trop pour lui. Emile lui faisait les plus grands éloges qu’il n’avait jamais reçus et il se fit bien. Comme lorsqu’il avait vendu un tableau à une jeune femme qui lui avait passé commande – il ne savait trop comment elle avait eu vent de son existence et de son métier. C’était pour cela qu’il voulait vivre ! Pour voir cette surprise et ces étoiles dans les yeux d’autrui. Pour voir leur regard admiratif et recevoir des compliments. Pour leur faire plaisir, les combler et être un peu dans leur vie… Le peintre désirait vivre pour ce lot de vie. « Vous pourriez percer dans le milieu, Felix, j’en suis sûr ! » confia alors son ami. Il ne pouvait rien dire. Il n’avait plus qu’à le laisser parler. Lui qui ne s’en remettait pas non plus, mais pour une raison différente. Lui qui était ébahi par le travail du suédois. « Je suis véritablement touché. C’est un très beau cadeau, Felix. » Il marqua une pause, admiratif, accroupi face au tableau. « Merci ! »

Le jeune homme se frotta derrière la tête tant il était gêné, et tant les mots ne venaient pas à sa bouche. Le peintre essuya ses larmes qui gorgeaient ses yeux et menaçaient de couler d’un revers de manche et déglutit, tant l’émotion était forte. « Je suis ravi qu’il vous plaise, Emile. Et sacrément touché par tout ce que vous avez pu me dire. » Felix avait de nouveau envie de pleurer. Si Emile avait été un excellent ami, peut-être qu’il aurait pleuré dans ses bras ; comme des frères ! « Et j’espère réellement « percer », vous savez. Je ne vis que pour ça. » Il marqua une pause. « D’autant plus que j’ai… J’ai déjà vendu des tableaux. » Il rougit légèrement.

Avec son ami, la conversation ne cessait jamais. Tout était naturel, et cela déroutait un peu Felix qui n’avait pas pour habitude de beaucoup parler, ou tout du moins, que lorsque c’était vraiment nécessaire. Presque vital. « Comme c’est le votre, désormais,  Emile, vous pouvez choisir son nom. Je l’inscrirai dans un coin, discrètement avec ma signature. » Il changea subitement de sujet mais c’était une idée qu’il avait dans son crâne et qu’il ne voulait – pour rien au monde – perdre !

Et puis un peintre devait toujours signé ses œuvres. D’ailleurs, Emile pourrait bientôt l’emporter, car la peinture séchait toujours rapidement. Le temps que son ami trouve son idée elle serait sèche, c’était certain ! Il n’aurait donc aucun mal à inscrire le titre et son nom d’artiste dans un coin de la toile, avec une couleur assez discrète pour que – malgré tout – cela se fonde dans le tableau. D’ailleurs, Felix lui confierait un tube spécial pour placer la toile qu’ils enrouleraient plus tard. Ce serait bien plus simple pour le transport !

« Merci encore pour tout votre soutien, Emile. Je crois que j’en aurai pour la semaine à venir à m’en remettre ! » fit-il, étonnamment sociable, en riant de bon cœur, totalement soulagé que son nouvel ami l’ait apprécié autant.

Une pensée lui vint à l’esprit, et il en rit presque d’avance. « Est-ce que vous pensez que Buck se reconnait et qu’il valide son portrait ? »

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Re: Montmartre n'est pas fait pour les campagnards [Félix]
Sam 5 Sep - 11:44


Montmartre n'est pas fait pour les campagnards


L’un comme l’autre, ils étaient touchés, pour des raisons différentes et similaires à la fois. Émile se sentait flatté d’être l’objet d’un si beau portrait, se sentait honoré  aussi. Felix était ému par les compliments sincères de son ami. Et entre les deux, Buck battait frénétiquement l’air de sa queue, tournant dans la petite maison aussi heureux que son maître et son ami. Émile savait qu’il voulait aboyer mais il ne savait pas par quel miracle il ne le faisait pas. Le chien avait-il conscience que cela n’était pas convenable dans une habitation, aussi austère soit-elle ? Le fermier n’en doutait pas. Il n’avait jamais eu besoin de dresser Buck. C’était comme si quelqu’un l’avait fait avant lui. Dieu peut-être ?

« Je suis ravi qu’il vous plaise, Emile. Et sacrément touché par tout ce que vous avez pu me dire. » Émile sourit, soudain gêné par la propre gêne de Felix. Il ne voulait pas l’embarrasser et, naïvement, il avait cru que ses compliments ne pouvaient pas le faire. Il ne dit rien jusqu’à ce que son ami lui parle du fait qu’il ait déjà vendu quelques tableaux. Émile s’imagina alors quelque dame de la Haute, parée de ses plus beaux bijoux et vêtue d’une somptueuse robe, le tout retranscrit à merveille sur une toile grâce à des aplats de peinture et surtout grâce au talent du peintre. Il était aisé d’imaginer l’éclat d’un diamant ressortir aussi bien que la brillance des yeux du fermier et de sa bête sur la toile. Ce devait être magnifique. « Persévérez. Ça payera un jour ! » C’était un message d’encouragement mais aussi un message d’espoir. Le lozérien souhaitait réellement que son ami puisse se sortir de cette masure miséreuse et puisse peindre dans un endroit plus convenable, dans un vrai studio de peintre. Et il savait que Felix y arriverait un jour.

Émile souriait toujours de bon cœur lorsque le suédois lui proposa : « Comme c’est le votre, désormais,  Emile, vous pouvez choisir son nom. Je l’inscrirai dans un coin, discrètement avec ma signature. » L’exorciste le regarda avec un certain effarement. Il … C’était à lui de choisir un nom pour un tel tableau ? Il n’était pas vraiment sûr de pouvoir en trouver un qui rende justice au travail remarquable de Felix. Il reporta son attention sur le portrait, son portrait et l’étudia encore plus attentivement, comme si ça allait l’aider à trouver un titre convenable. Il avait à peu de choses près la même expression que Felix lorsqu’il peignait.
Après plusieurs minutes de silence, il finit par trouver quelque chose qui lui plaise. Simple et authentique, il souffla le titre : « Des amis. Émile et Buck. » Cela désignait aussi bien à la complicité inaltérable entre le compatible et son Innocence mais aussi ce qu’ils étaient pour Felix : des amis. De vrais amis.
Le peintre sourit une fois encore. Etait-il à nouveau gêné ? Émile n’en était pas vraiment sûr mais il espérait que ce soit simplement de la joie. Felix approuva et l’écrivit en bas du tableau ainsi que sa signature, qui prouvait que ce tableau était un vrai. Mais Émile n’avait pas besoin de ça pour le savoir. A chaque fois qu’il regarderait le tableau, il se souviendrait de ce moment particulièrement inoubliable.

« Est-ce que vous pensez que Buck se reconnait et qu’il valide son portrait ? » Émile attrapa Buck à la volée comme il passait près de lui. Le chien le regarda, la langue pendante et les yeux vifs alors que son maître le grattait derrière l’oreille. « Je pense, oui. Il est plutôt intelligent pour un chien et ça ne m’étonnerai pas s’il se reconnaissait. En tout cas, il est heureux. »

Le fermier se releva et laissa son compagnon retourner gambader dans la maison. Il regarda par l’unique fenêtre de la pièce. Le soleil commença déjà sa lente descente et teintait le ciel d’un vermeil magnifique. Un véritable bonheur à peindre se dit-il. Mais avec le soleil qui disparaissait, il allait devoir partir. S’il s’était pris un jour de congé, il avait tout de même une mission à remplir dans les prochains jours et il ne devait pas inquiéter ses compagnons de route. C’est le cœur lourd et la voix teintée de regrets qu’il annonça son départ prochain à son ami. « Je vais devoir y aller, Felix. Je voudrai rentrer avant qu’il fasse complètement nuit. » Il lui tendit une main que le peintre serra de bon cœur. « Cette rencontre fut un plaisir pour moi. Et j’espère que nous nous reverrons un jour. Qui sait, peut-être serez-vous devenu un peintre renommé ? »

Il appela Buck qui accourut aussitôt. Felix lui remit le portrait, roulé dans un tube. « Au revoir, Felix. Et encore merci ! »



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