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Satan n’avait pas l’intention d’abandonner et réaliserait le rêve qu’il avait forgé avec Yuri, la seule humaine qui avait pris le temps de parler avec lui. Et pour cela, il devait détruire l’ordre, éliminer tous les exorcistes. Rin lui était maintenant en fuite et devait combattre sa nature démoniaque montant en lui. Une guerre, un combat intérieure et de nombreuses intrigues vous attendent. KHRYSALIS ACADEMY
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Fin d'un XIXème siècle futuriste...
Le monde vit des heures sombres. Peuplé d'Akumas, machines meurtrières créées par le Comte Millénaire, l'Humanité touche à sa fin. C'est là qu'entrent en scène les Exorcistes : combattant au service du Vatican, ils se dressent sur la route du Comte et du Clan Noé dans le but de ramener la Paix dans le monde grâce à l'Innocence, une arme céleste. Cette Guerre Sainte est tenue secrète aux yeux du Monde : pour la comprendre, il faut prendre part au combat...Lire le contexte complet
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 Un tout nouveau monde ; {Alexander}

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Un tout nouveau monde ; {Alexander}
Lun 18 Mai - 22:00
“ Je veux savoir ”
Le cœur de Jane était gonflé de joie, d'excitation, d'impatience et d'appréhension. Après vingt-deux jours de voyage à bord du Great Western, qui lui avait fait découvrir l'immensité bleue de l'Océan Atlantique ; elle apercevait enfin les côtes anglaises. Debout sur le pont avant du paquebot, elle respirait l'air salé et humide qui lui fouettait le visage et balayait ses cheveux blonds, qu'elle avait détachés pour l'occasion, histoire de sentir encore mieux chaque sensation qui lui parcourait la peau et lui dressait le poil. C'est qu'elle en avait la chair de poule ! Et probablement un peu froid, aussi. Elle l'avait vite compris dès les premiers jours de la traversée : le climat qui l'attendait à l'arrivée était bien différent du soleil de plomb qu'elle laissait derrière elle. L'épais manteau derrière lequel elle cachait son petit corps, et qu'elle avait presque hésité à prendre pour partir, se révélerait bien utile pour lutter contre les temps gris et nuageux. A vrai dire, elle n'avait pas non plus choisi la meilleure période de l'année pour entamer une telle expédition : c'est l'automne qui viendrait la cueillir lorsqu'elle poserait le pied pour la première fois sur le sol britannique.

Le moment approchait, et l'ancienne fermière se sentait mourir à petit feu tant le stress et l'euphorie parvenaient à leur comble. Elle avait tant rêvé cet instant, l'avait imaginé de mille et une façon possibles et ne pouvait que constater, les larmes aux yeux, que la réalité était plus belle, plus enivrante que tout ce que les livres avaient pu décrire jusque là. Elle se sentait si libre, et soudain si jeune ; le poids des années qu'elle portait anxieusement dans un coin de sa tête jusqu'à ce jour avait disparu. Plus rien n'avait d'importance sinon ces terres qu'elle voyait s'approcher de plus en plus, qui semblaient lui tendre les bras comme une invitation à venir fouler ce pays de richesses inconnues. Tout ce qu'elle s'était efforcé d'apprendre avant son voyage sur la culture et les mœurs anglaises n'avait plus sa place dans sa tête, qui ne demandait qu'à se fabriquer de nouveaux souvenirs, à mémoriser de nouveaux visages. Le reste se ferait tout naturellement : d'ores et déjà, elle avait bien compris à la tenue des personnes qui voyageaient avec elle que sa façon d'être habillée n'était pas chose courante en Angleterre. A leurs yeux, vêtue comme un homme — chemise, pantalon, botte et chapeau de cowboy — elle devait leur paraître bien ridicule. Peut-être même la prendrait-on pour un homme efféminé...

Le bateau arriva enfin. Bagages en main — une valise avait largement suffit, pour celle qui avait tout abandonné pour partir à la découverte du monde — chapeau bien appuyé sur la tête et jambes prêtes à parcourir des kilomètres sans s'arrêter, elle suivit la foule qui se précipitait déjà vers le pont abaissé. Et enfin, le moment qu'elle avait passé une vie à attendre se réalisa enfin : elle posa le pied pour la première fois en dehors des Amériques. L'émotion la submergea alors, et elle ne put retenir les larmes qui s'étaient formées plus tôt aux coins de ses yeux de rouler le long de ses joues arrondies par l'immense sourire qui illuminait son visage. Le souvenir de ses parents, inévitablement, se rappela à sa mémoire. Ces histoires que sa mère lui racontait lorsqu'elle était enfant, ces paysages qu'elle avait si souvent imaginé derrière ses paupières closes, et la douce voix de sa petite maman qui enveloppait ses rêves dans des paroles de soie... Elle l'avait promis — juré même ! — qu'elle partirait à la rencontre du reste du Monde... Et aujourd'hui, elle était là, debout sur le port ; à l'aube d'un songe devenu réalité.

« Je l'ai fait... » murmura t-elle, retenant un sanglot d'émotion. « Je l'ai fait !!! » s'exclama t-elle à qui voulait bien l'entendre, tandis que les larmes se mêlaient désormais à un rire franc et joyeux, un rire d'allégresse.

Maman, papa, j'y suis arrivé.

La sirène d'un navire couvrit entièrement son rire et la fit aussitôt se boucher les oreilles sous le coup de la surprise ; n'ajoutant qu'un peu plus à l'adrénaline qui lui faisait véritablement lâcher prise et nerfs. Le sourire aux lèvres, les larmes et aux yeux et un rire étouffé dans la gorge ; elle se précipita rapidement hors du port à la recherche d'un endroit où passer la ou les premières nuits ; avant de se diriger vers la capitale londonienne. Après un moment de réflexion, néanmoins ; il lui parut plus sage de trouver une petite ville aux alentours de Londres, qu'elle pourrait ainsi rejoindre à la marche ou à cheval pour apprécier le décors, plutôt que de s'y rendre directement en train. Oh, comme sa jument lui manquait ! Ici, les gens se déplaçaient à pieds ou bien en voiture dirigée par un coche... Elle ne voyait personne monter à cheval.

***

Le sifflet du train à vapeur qui retentit lorsqu'elle fut enfin parvenue à destination lui arracha une grimace de douleur, tant le bruit était fort et strident. Une moue qui fut bien vite remplacée par un sourire qui, semblait-il, était forgé à toute épreuve ; tandis qu'elle descendait de son compartiment et qu'elle posait enfin le pied dans la ville qui serait son berceau pour quelques jours. A peine fut-elle sortie du wagon que son regard se perdit, émerveillé, sur tout ce qui l'entourait. Ce monde là était tellement différent de celui qu'elle avait connu jusque là ! Tout était nouveau pour elle, si nouveau qu'elle en avait presque le vertige. Des foules de gens pressés, habillés tout en couleurs : les femmes portaient de ces robes aux manches bouffantes et au décolletés agrémentée de dentelles ; aux jupes étroites qui dessinaient joliment les hanches pour s'évaser juste au dessus du genou. Les yeux ronds, à la fois émerveillés et grandit par la surprise ; Jane ne put s'empêcher de se demander par quel miracles ces demoiselles parvenaient à marcher sans tomber tous les deux ou trois pas. Et ces corsets ! Qu'avaient donc fait les pauvres poitrines comprimées de ces dames pour mériter un tel sort ? La remarque fit rire la blonde, qui décidément trouvait la mode féminine du pays bien étrange. Et fallait-il parler des messieurs ! Tous habillés de costumes, la tête surplombée de plus ou moins hauts chapeaux, les cols bas serrés par des nœuds papillons ou des cravates à broches... Et tout ce beau monde semblait vivre paisiblement ! La fermière qu'elle était n'en croyait pas ses yeux.

Partout où elle posait son regard, c'était une nouvelle claque dans la figure. Son passé lui semblait si loin à présent ! Les grands canyons, le rouge de l'argile lorsqu'il se mêlait au ciel du soir, le hurlement des loups, le chant des criquets... Ici, tout était certes gris, mais si nouveau pour elle qu'elle pouvait y trouver toute une palette nuancée et agréable à l'œil. Et tant pis pour l'air humide qui lui collait au visage et alourdissait ses cheveux ! Il y avait de quoi rassasier l'âme d'un curieux pour quelques décennies au moins, tant il lui semblait qu'il y avait à dire sur ces lieux. L'architecture, les odeurs, les sons... Tout était si nouveau pour elle qu'elle s'y perdait sans même s'y mêler. Alors, du coin de l'œil, elle chercha un établissement — un parmi les dizaines qui peuplaient les allées — qui lui parleraient, à elle ; l'ancienne cow-girl de l'Ouest Américain. Et ça, il n'y en avait pas cinquante : c'est à la première auberge qu'elle aperçu qu'elle se rendit.

Le lieu n'était pas désert, mais pas bondé non plus — et c'était tant mieux. Cela l'assurait au moins de trouver une chambre libre, et un peu de calme ne lui ferait pas de mal pour se remettre tranquillement de toutes les émotions qui la transcendaient depuis son arrivée. Elle en avait bien besoin ! Il lui semblait que sa tête allait exploser tant les rues étaient bourdonnantes, et tant son cœur ne savait plus au rythme de quelles émotions il devait battre : elles changeaient à chaque battement de cil ! Et ces yeux cernés par le voyage... Pour sûr, cette nuit ne serait pas placée sous le joug de l'insomnie.

La première chose qu'elle constata — avec amusement — lorsqu'elle réserva une chambre, fut l'accent fort anglais du gérant. Pour sûr, il changeait radicalement de sa manière qu'elle avait de parler la langue de Shakespeare, comme on le faisait dans le fin fond du Far-West... Il eut d'ailleurs l'air aussi surpris qu'elle, mais au regard qu'il lui lança alors, Jane devina qu'une part de son étonnement était du au fait qu'il l'avait probablement prise pour un homme. Il fallait dire qu'avec sa tenue et sa gestuelle, l'erreur était vite faite ; dans un monde dicté par des règles et de codes qui s'appliquaient jusqu'à la tenue vestimentaire. Il n'y avait guère que son visage, sa frêle carrure, sa petite taille et sa longue chevelure de blé pour lui conférer un minimum de féminité.

La seconde fut ce jeune homme, attablé seul dans un coin de l'auberge, un verre d'elle ne savait quoi entre les mains — peut-être bien du thé, puisque les anglais en raffolaient tant. Sans se poser plus de question, elle se dirigea vers lui ; toute avenante qu'elle était, un sourire amical sur sa mine fatiguée.

« Bonjour ! » salua t-elle poliment, d'un accent qui, indéniablement, n'était pas d'ici. « Je peux m'asseoir ? »

Après tout, il fallait bien commencer quelque part...

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Re: Un tout nouveau monde ; {Alexander}
Ven 22 Mai - 0:14
Un tout nouveau monde
feat. J. A. Oakley
Descente aux enfers. A. V. Rockwell

Alexander se dirigeait vers l’Angleterre, sa destination première depuis son départ de la Congrégation. Enfin, à l’origine, elle devait l’être ; mais elle ne le fut pas. Il fit un détour par Paris – large détour ! – et connu l’ivresse des bourgeois. Il connu également le goût de la nicotine, du tabac dans sa trachée, et ce goût dans sa gorge. Cette brûlure après avoir tiré une latte et la sécheresse que connait cette dernière. Ce verre d’eau – ou de vin – qu’il a toujours besoin de boire après qu’il ait trop fumé. Cette faim qui survient après. A chaque fois que le poète fume une cigarette ; il sent la Mort le dévorer de l’intérieur. Il sent qu’il disparaît un peu plus, à chaque fois, de ce monde. Paradoxalement, cette sensation lui faisait du bien. Paradoxalement, il se sentait un peu plus vivant à chaque fois. Comme si, à chaque bouffée de fumée, on lui insufflait la Vie. Pourtant, tout ce qui vient dans ses poumons n’est autre qu’un risque plus ou moins élevé que ses cellules soient contaminées par un cancer.

Un Cancer qui lui retirerait définitivement la vie. Ce concept si précieux aux yeux des êtres humains.

Sur le navire pour rejoindre l’île britannique, Alexander était songeur. Il repensait à toute cette enfance « heureuse » à laquelle il avait eu droit. Il y repensait et se disait que tout aurait pu être différent ; s’il n’y avait pas eu cette attaque ni la destruction de sa maison et encore moins la mort de ses parents, sa vie aurait été bien plus lumineuse, c’est certain. Le Spleen aurait été moins important. Ce poison qui coule dans ses veines et contribue à son état général. Oui, sa vie aurait été parfaitement différente. Son regard ambre, aux nuances quelques peu jaunes pâles, se posa sur l’horizon. Et s’il se jetait à la mer ? Il aurait droit à une mort lente et douloureuse, cependant, tout ça serait terminé ! Adieu Spleen, adieu éternelle volonté de mourir, adieu douleur ! Cependant, l’anglais se sentait si misérable qu’il croyait, à cet instant précis, qu’il ne réussirait jamais à se noyer. Si lâche qu’il voudrait remonter à la surface à la dernière minute ; poumons en feu.

Il se fit d’autant plus de peine.

Le bateau s’amarra finalement au quai anglais. Il n’était pas loin de Londres et son petit village natal n’était que quelques kilomètres à côté. Il lui suffirait de trouver un chauffeur qui le conduirait jusqu’à l’endroit qu’il désirait. Les ruines de sa maison.

Ce fut quelques instants plus tard, presque deux heures après qu’il fut déposé à l’entrée de son village natale. Enfin, village… Il ne reconnaissait pas la ville dans laquelle il venait d’entrer. Cela semblait faire des décennies qu’Alexander n’y était pas venu. D’un pas hésitant, il franchit la ligne imaginaire et pris le chemin le conduisant jusqu’à chez lui. Ce qu’il vit le réduit d’autant plus à néant. Encore plus qu’il ne l’était. Le poète en resta bouche bée, et les bras tombant le long de son corps, son chapeau habillé d’une plume bleu, ainsi que son écharpe assortie tombèrent sur le sol, en même temps que l’espoir de pouvoir retrouver ses ruines.

Cependant, l’anglais ne fut pas désemparé longtemps. Petit à petit, il devint rempli de haine. Ses poings se serrèrent violemment, à tel point qu’il pourrait s’en faire saigner la paume des mais. Des larmes coulèrent le long de ses joues, tandis que ses yeux – fixant le chantier – lançaient des éclairs. Comment avaient-ils pu oser faire ça ? Bafouer la mémoire de ses parents, de sa famille ! Comment pouvait-on agir de la sorte et dormir sur ses deux oreilles ? Fissa, il ramassa honteusement ses affaires et partit. Il suivit le chemin, pour une fois ; qu’est-ce qui avait changé, encore ? L’endroit où il se sentirait bien serait l’auberge. Cela l’empêcherait de tout détruire. Boire un petit verre, ou deux ; et fumer à s’en brûler les poumons. Et accessoirement manger un petit morceau histoire de tenir le coup. Même si son ventre était noué, et qu’il était incapable de digérer ce qu’il venait de voir.

Tout le long du chemin, le jeune homme tentait de ravaler sa haine, sa rage. Ses poings étaient toujours serrés et son regard était meurtrier. Mieux valait pour les autres qu’ils ne le cherchent pas. Ce n’était vraiment pas le moment. Soudainement, lui vint à l’esprit qu’il avait ses cigarettes sur lui. Alors Alexander sortit son paquet, craqua une allumette et fuma en priant pour que le placebo opère ; pour qu’il se calme. Calant l’extrémité de l’arsenal létale entre deux doigts, il la coinça par la suite entre ses lèvres et inspira alors « avalant » la fumée.

Après deux ou trois cigarettes ; le baudelairien se sentit un peu plus apaisé.

Désormais, il se sentait d’autant plus perdu et il sentit l’absence de ses parents plus que jamais. Son cœur se serra violemment dans sa poitrine, ce qui lui arracha une larme de tristesse, ainsi que de douleur. Brutalement, il lui revint les paroles d’Elias. Cette ombre qu’il avait croisé dans les bas-fonds de la capitale ; lui qui l’avait tant traité d’enfant, et de gamin. Lui qui l’avait insulté sans même le connaître. Néanmoins, le poète lui fut reconnaissant ; il lui avait ouvert les yeux quant à son manque de maturité. Enfin… Il était hypersensible et prendre sur lui était difficile, voire impossible. Les émotions le submergeaient toujours ; peu importait la résistance qu’il avait réussi à forger.

De son talon, il écrasa son troisième mégot de cigarettes. Il faisait face à l’auberge dans laquelle il s’apprêtait à entrer. Il ouvrit la porte d’une poigne un peu plus calme ; et s’adressa à la responsable qui attendait derrière le comptoir. Elle accepta de lui servir un petit repas ainsi qu’un verre de vin. Un vin français d’excellente qualité. Alexander s’attabla dans son coin, ne désirant pas être dérangé. Il eut le temps de finir son repas et qu’on le débarrasse avant qu’une femme sortit de nulle part ne vienne à sa table. Son air enjoué était surprend ; tout autant que son accent. « Bonjour ! » fit-elle poliment. Elle continua en ajoutant ; « Je peux m’assoir ?  »

Alexander lui indiqua d’un geste de la main qu’elle pouvait s’assoir. Après tout… Elle semblait être extrêmement joyeuse ; peut-être qu’elle le contaminerait de sa bonne humeur ? Il l’espérait. Sa tenue elle-même prouvait qu’elle n’était pas d’ici ; sa tenue évoquait celle des cow-boys d’Amérique. Et son accent ne trompait pas. « Vous n’êtes pas d’ici, je me trompe ?  » fit-il de sa voix calme et douce. « Qu’est-ce qui vous amène ici ? » demanda-t-il avec un petit sourire, faisant l’effort d’être le plus agréable possible.

Il bu une gorgée de vin, et attendit.
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Re: Un tout nouveau monde ; {Alexander}
Jeu 18 Juin - 21:21
“ Apprends-moi ”
Ou bien les anglais n'étaient pas particulièrement bavard, ou bien elle était tombée sur le seul qui préférait lui répondre d'un signe de main plutôt que d'utiliser des mots. Ou peut-être encore était-ce qui parlait trop ; et qui s'attendait à tort à ce qu'il en soit de même pour tout le monde. Quoiqu'à y réfléchir, un bonjour n'était pas trop demander, si ? Était-ce son accent qui le dérangeait ? Ou alors, la façon abrupte qu'elle avait eu de s'imposer à sa table ? Pauvre Jane ! C'était bien sa veine. Elle qui ne s'encombrait jamais de ces futiles questions, voilà qu'un millier d'entre elles lui traversaient l'esprit pour sa toute première et vraie rencontre. Toujours était-il qu'il n'avait pas décliné sa demande — le contraire ne l'aurait même pas étonné, elle avait l'habitude de n'être pas toujours très bien reçue à cause de sa dégaine atypique — et que l'ancienne cowgirl prit donc, sourire aux lèvres, place en face de l'anglais. Du supposé-anglais, plutôt... Avec le chance qu'elle avait — ou qu'elle n'avait pas, plutôt — elle aurait bien été capable d'accoster le seul autre touriste de la ville.

Un bref coup d'œil sur la tenue du bel inconnu coupa brusquement le flot de ses pensées. Cet ensemble, et plus précisément la Croix de Rosaire qui ornait son uniforme, elle l'aurait reconnu entre mille : et pour cause, c'était celui des Prêtres Noirs, ces membres d'une secte eugéniste qui pratiquaient divers expériences immorales sur le genre humain. Si son sang ne fit qu'un tour à la vue de cet emblème ; elle su cependant garder son calme et son sourire bienveillant, se souvenant parfaitement de ce que lui avait dit le Comte Millénaire à ce sujet : Elle ne devait en aucun cas éveiller les soupçons si elle désirait obtenir des informations. Par chance, jouer un rôle et feindre un sentiment étaient deux choses aisées pour la blonde ; qui avait passé sa vie à faire semblant. Semblant d'être un homme. Semblant d'être libre.

« Vous n’êtes pas d’ici, je me trompe ? » La voix douce de l'inconnu la tira de ses sombres pensées ; et l'ancienne fermière qu'elle était fut surprise d'un timbre si doux, si calme. Le constat l'amena à un autre constat, qui lui fit honteusement baisser les yeux ; quand bien même toute trace de confusion quitta bien vite les traits de son visage : elle n'avait jamais eu pour habitude de juger les autres sur ce qu'elle entendait d'eux ; mais plutôt parce qu'elle apprenait et percevait par elle-même. Et ce jeune homme, tout prêtre noir qu'il était ; ne ferait pas exception. Après tout, n'avait-elle pas quitté les Amériques en quête de connaissances et de nouvelles rencontres ? « Qu’est-ce qui vous amène ici ? »

C'est un sourire amusé qui lui répondit d'abord, tandis qu'il prenait une gorgée de son vin ; semblant patiemment attendre la réponse à ses questions. Oui, il avait vu juste, et ça n'avait rien de surprenant : avec un tel accent, digne des fermes les plus recluse de l'ouest sauvage américain, on ne pouvait pas se tromper. Jane n'était assurément pas née sous le ciel gris de Londres. En témoignait — s'il fallait une preuve — son teint légèrement doré...

Son regard s'attarda un peu plus sur le jeune homme qui lui faisait face. S'il faisait effectivement partie de la secte qu'avait évoque le Comte Millénaire, il n'en restait pas moins quelqu'un de physiquement très distingué — il n'avait rien de l'image qu'elle s'était faite des membres d'une secte. Hormis la croix de Rosaire, il n'avait aucun signe distinctif sinon les origines nobles qu'on lui prêtait aisément — n'en fallait-il pas un peu, pour boire du vin ? — et, au demeurant, était un très bel homme. Ce regard doré, par les cieux ! Jamais elle n'en avait vu de tel auparavant ; et l'ébène de ses cheveux ondulés ne faisait que renforcer leur éclat.

« T'as v-... » commença t-elle, avant de se rattraper ; en se souvenant qu'ici, tout le monde ne la connaissait pas aussi bien que dans son petit bout de Farwest. Les familiarités n'étaient pas forcément de mise. « Vous avez juste, je viens des Amériques. » répondit-elle alors, toute souriante. « C'est la première fois que j'voyage en dehors du continent... Pour une claque c'en est une ! En tout cas, je constate que ce qu'il se dit à propos du climat anglais est bien vrai ! » fit-elle, amusée et d'ores et déjà à son aise. Puis elle reprit, plus calmement. « Ce qui m'amène ici ? J'avais envie de voyager, de voir le monde. C'est un rêve que j'ai depuis longtemps, mais je viens seulement de trouver le courage de le réaliser. » Le courage, et l'argent ; omit-elle volontairement de préciser. « Je me dirige vers Londres, mais j'ai préféré prendre mes marques dans une p'tite ville alentours pour pas m'perdre ! Tout est si différent de la campagne dans laquelle j'ai grandit ! » Bavarde, Jane ? Oui, très. D'autant plus qu'il lui semblait pouvoir parler des heures tant elle avait à dire. « Et vous ? Vous êtes né ici ? »

Elle sembla soudainement frappée par la réalisation, et se reprit presque aussitôt.

« Oh, je m'appelle Jane. Ravie de faire votre connaissance... Monsieur ? »

Il fallait encore qu'elle fasse les choses à l'envers. Preuve s'il en fallait qu'il faudrait bien plus qu'un voyage à l'autre bout du monde pour changer l'incorrigible calamité qu'elle était.

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Re: Un tout nouveau monde ; {Alexander}
Lun 29 Juin - 18:09
Un tout nouveau monde
feat. J. A. Oakley
Descente aux enfers. A. V. Rockwell

Niché dans ses Ténèbres tortueuses, l’anglais regardait avec intérêt l’inconnue qui s’était attablée en sa compagnie, sans même lui avoir demandé son avis. Etait-ce une coutume dans son pays que de s’installer de la sorte ? Alexander était un ange, et même torturé, il était incapable d’éprouver une once de méchanceté envers qui que ce soit. Même si la jeune femme en face de lui avait longuement fixé sa Croix de Rosaire, si significative quant à son appartenance à la Congrégation de l’Ombre. Il est vrai que cette « secte » intimidait beaucoup les civils – et si peu les ennemis – mais elle n’avait rien de véritablement méchante. Il était tout de même fort probable qu’il y ait son nombre d’attardés… De croyants extrémistes… Cela n’étonnerait pas Alexander. Mais lui, contrairement à bon nombre d’entre eux, n’était pas croyant. Pour lui, Dieu n’avait rien de plus que le Comte Millénaire. Tout deux se disaient supérieurs et en droit de régir les Humains. La Foi était quelque chose avec laquelle on naissait, et tout dépendait de la culture, n’est-ce pas ?

Quand bien même la famille Rockwell était très pratiquante… Et catholique, bien entendu, lui n’y avait jamais cru. Etrange venant d’un enfant qui avait cru au Croque-mitaine, sans même l’avoir vu. Non, c’était simplement que plus jeune son cerveau n’était pas suffisamment développé pour comprendre la notion de Foi, et l’importance que certaines personnes lui accorde. Alexander était à la fois littéraire, mais également scientifique. Il aimait croire qu’il ne pouvait croire qu’en ce qu’il voyait.

C’était rassurant.

« T’as v-… » commença-t-elle en s’interrompant soudainement. Visiblement, tutoyer était une chose que l’on faisait dans son pays. Alexander était beaucoup trop « coincé » pour ça ; sa famille l’avait éduqué avec les règles strictes de la politesse. Ces règles barbantes dont un enfant n’a que faire. « Vous avez vu juste. » se reprit-elle. « Je viens des Amériques. » A cette phrase, le jeune homme eut l’impression que sa mâchoire allait se décrocher. Ses lèvres s’étaient simplement espacées de quelques millimètres. Elle expliqua qu’elle voyageait pour la toute première fois, et qu’elle trouvait que le « climat anglais » était tel qu’on lui avait décrit. Le poète en déduisit alors qu’elle s’y plaisait, et que c’était bel et bien ce qu’elle avait recherché dans son voyage. « J’avais envie de voyager, de voir du monde. » fit-elle pour répondre à sa deuxième question. « C’est un rêve que j’ai depuis longtemps mais je viens seulement de trouver la force de le réaliser. » termina-t-elle. Cette femme était une source d’inspiration ; c’est en tout cas ce que ressenti le jeune anglais. Elle était… Joyeuse. Cette joie de vivre, elle la possédait réellement. C’était une chose que l’exorciste admirait, et jalousait en même temps. L’anglais lui sourit, sincèrement ; « J’espère que l’Angleterre saura vous conquérir, alors, tout comme vous l’avez conquit. » fit-il alors, tandis qu’il plongeait son regard doré dans ses yeux océans.

Par la suite, elle expliqua qu’elle avait voulu faire une pause avant d’atteindre Londres. Pendant ce temps-là, nonchalamment l’anglais bu une nouvelle gorgée de son vin. Sa consommation avait augmenté depuis qu’il avait vécu cette fâcheuse nouvelle rencontre avec cette Pluie… Une pluie torrentielle. Dévastatrice et douloureuse. Elle avait fendu son cœur précédemment vierge d’amour. Désormais, il n’en possédait qu’un qui tournait à l’alcool. Si jeune et si dévasté… C’était pourtant sa destinée. Ce Spleen lui avait annoncer de bien mauvaises choses depuis sa jeunesse, et il s’y était tenu ; « Comment sont vos campagnes ? » demanda-t-il simplement, curieux.

Elle disait que c’était différent. Il désirait savoir à quel point. Alexander était avide de nouveautés et de savoir. De Bonheur, également, mais c’était une autre histoire.

« Et vous ? Vous êtes né ici ? » lui demanda-t-elle soudainement. L’anglais fut surprit qu’après un si long monologue, elle en vienne à lui poser une question. Mais il n’eut pas le temps de répondre que déjà elle enchaînait sur autre chose. Se présenter ; « Oh, je m’appelle Jane. Ravie de faire votre connaissance… Monsieur ? » fit-elle, sous entendant qu’elle attendait qu’il se présente en retour. « Je m’appelle Alexander Valshe Rockwell... » répondit-il en réalisant que c’était démesuré et peut-être inapproprié, puisqu’elle avait simplement donné son prénom. « Mais appelez-moi Alexander. » fit-il avec un sourire gêné et les joues rouges.

Joues qu’il tenta de « refroidir » en buvant une nouvelle gorgée de vin. Son verre était vide. Il n’en demanda pas plus, pour le moment. Puis il répondit à sa question concernant son lieu de naissance ; « Et oui, je suis né ici-même.  Une maison… Plus loin. Ehrm. Elle a été détruite mais j’ai bien vécu ici toute mon enfance et mon début d’adolescence. Le reste, je pense que vous le devinez… » expliqua-t-il tandis qu’il faisait clairement référence à la façon dont elle l’avait regardé en détails. « J’aime revenir ici, et me souvenir que mes terres natales sont toujours existantes… La nostalgie est un sentiment agréable, quand on le prend avec des pincettes. »

« Vous voulez manger quelque chose ? Vous devez mourir de faim ! Si vous voulez, je vous invite, j’allais manger, aussi. » fit-il avec un sourire chaleureux.

Cette jeune femme le contaminait de son énergie et de sa joie de vivre… Cela lui faisait du bien, il se sentait revivre. Alexander désirait qu’elle reste.

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Re: Un tout nouveau monde ; {Alexander}
Sam 27 Fév - 21:32
“ Apprends-moi ”
« Je m’appelle Alexander Valshe Rockwell... »

Cette courte présentation fut suffisante pour confirmer ce que Jane s'était imaginé à son sujet : c'était un noble, tout du moins était-il de bonne famille. Elle esquissa un sourire imperceptible, plus pour elle-même. Son œil ne l'avait pas trompée, et elle était ravie de constater que tout ne changeait pas forcément d'un pays à l'autre. Certaines choses restaient les mêmes, et le sang bleu ne mentait jamais. L'échange prenait une autre tournure : elle faisait face à un jeune homme issu de la noblesse anglaise, alors qu'elle était tout ce que les Amériques savaient faire de plus rustre et sauvage. Une paysanne, une fermière qui n'avait jamais bénéficié d'un autre apprentissage que celui de la survie à la dure ; venue du fin fond du Far West, élevée au milieu des vaches, des poules et des coyotes. Loin de la musique, des préceptes religieux et du raffinement. De raffiné, d'ailleurs, Jane n'avait rien. Ni dans sa tenue, ni dans sa voix, ni dans sa façon de parler et de se tenir. Son côté androgyne et ses vêtements d'homme parlaient d'ailleurs bien assez pour elle, songea t-elle. L'opposition prêtait à sourire, songea t-elle. Ça ne lui déplaisait pas, c'était même plutôt bienvenue : mis à part son cher Lincoln, - qui décidément était un agneau au milieu des loups - ; elle s'était toujours heurtée au mépris et à l'égoïsme de la gente issue de cette classe sociale. Aujourd'hui était l'occasion de briser les clichés, d'un côté comme de l'autre. Car Alexander, puisque c'était son prénom - fort joli, au demeurant - lui était tout ce qu'il y avait de plus sympathique. Quant à elle, quand bien même ses manières frôlaient parfois sa propre caricature ; elle n'en demeurait pas moins capable de tenir une conversation sans ponctuer chacune de ses phrases par une grossièreté.

« Mais appelez-moi Alexander. » continua t-il, les joues adorablement rougies par la gêne.

Il porta son verre de vin à ses lèvres ; et la fermière l'observa faire en silence, les sourcils froncés - quand bien même elle gardait son éternel sourire. Quelque chose la dérangeait, dans le portrait que dressait Alexander. A sa tenue, Jane l'avait bien compris : il faisait partie de cette secte Eugéniste contre laquelle elle travaillait - son rôle consistant à fournir des informations au Comte Adam sur les déplacements de ces derniers. La croix de rosaire qu'il portait sur son uniforme, et que l'on lui avait plusieurs fois décrite par le passé, ne trompait. C'était bien un des leurs. Son employeur l'avait prévenu : ils frôlaient l'excellence lorsqu'il s'agissait de feindre et de tromper par de jolis discours. Pourtant, ce jeune homme-là ne transpirait que l'honnêteté et la sincérité. Que ce soit dans ce regard qu'il avait baissé, sur ces joues qu'il tentait d'ignorer, dans cette spontanéité qu'il avait eu pour se présenter... Rien ne semblait faux, aux yeux - et aux oreilles - de la blonde. Comment pouvait-il paraître si bon et participer aux pires expériences de l'humanité ? Ça la dépassait complètement. Et ça l'attristait, aussi. Dans d'autres circonstances, elle aurait pu s'en faire un ami. Elle l'aurait voulu.

Le vieux continent lui réservait décidément bien des surprises...

« Et oui, je suis né ici-même.  Une maison… Plus loin. Ehrm. Elle a été détruite mais j’ai bien vécu ici toute mon enfance et mon début d’adolescence. Le reste, je pense que vous le devinez… »

A ces mots, le sang de la blonde se glaça. Avait-elle manqué de prudence et de discrétion ? Était-elle découverte ? Avait-il deviné qu'elle travaillait pour le Comte Adam ? A ces pensées, elle s'infligea une gifle mentale. C'était trop tard, désormais : il ne s'ouvrirait plus à elle dans ces conditions ; pas si elle lui paraissait suspecte. Elle tenta de ne rien montrer des doutes qui l'assaillaient, mais son regard troublé trahissait son malaise. Allait-il passer à l'ennemi ? Que risquait-elle, au juste, face aux membres de cette secte ? Autant de questions qu'elle n'avait jamais pensé à poser à son employeur, et qui faisaient désormais naître bien des craintes dans son esprit tourmenté. Au final, peut-être n'était-elle pas aussi douée pour ce genre de boulot qu'elle voulait le faire croire.

« J’aime revenir ici, et me souvenir que mes terres natales sont toujours existantes… La nostalgie est un sentiment agréable, quand on le prend avec des pincettes. »

Une partie des doutes de la cow-girl s'envolèrent lorsqu'il poursuivit son récit sans ne rien laisser paraître. Les épaules de la blonde se détendirent, et elle se permet de souffler longuement, discrètement. La pression retombait et avec elle, toute la force qu'elle avait mis pour tenter de ne rien laisser voir du malaise qui la prenait. Son sourire s'élargit, tandis qu'elle écoutait avec attention chacun des mots que l'anglais prononçait.

Il était sans doute trop tôt pour elle pour parler de nostalgie : elle avait passé toute sa vie au même endroit, celui-là même où elle était née. Dans cette petite ferme qui avait appartenu à ses parents, puis plus tard dans la sienne, pas si loin de celle qui l'avait vue naître. Toujours perdue au milieu des plaines et des vallées, sous un soleil de plomb, bercée par les hurlement des loups la nuit et le cri perçant des aigles au matin. Pour avoir connu le même quotidien durant vingt-sept ans, Jane ne se sentait pas encore nostalgique. Pas de ses terres natales, en tout cas. Les souvenirs qui la rappelaient à une lointaine époque - qui lui manquait assurément - ne faisaient mention que de deux personnes : ses parents. A leur souvenir, une voile assombri le regard de l'américaine, qu'elle fit bien vite disparaître derrière un nouveau regain de vitalité. L'heure n'était pas au passé, mais bien au présent et au futur !

Aujourd'hui, elle vivait son rêve. Et aussi égoïste que cela pouvait bien paraître ; elle se moquait éperdument de tout le reste.

« Vous voulez manger quelque chose ? Vous devez mourir de faim ! Si vous voulez, je vous invite, j’allais manger, aussi. » proposa t-il alors, d'un sourire chaleureux.

L'idée d'un repas tira la blonde de ses pensées. Emportée par les émotions qui l'assaillaient depuis son arrivée, elle n'avait pas prêté attention à son estomac ; mais ce dernier lui faisait maintenant savoir qu'il avait faim. En y repensant, elle avait été incapable de manger quoique ce soit la veille, sur le paquebot ; trop attirée par l'apparition des côtes anglaises et l'excitation qui l'avait gagnée. Désormais qu'elle était attablée à une auberge, - en agréable compagnie, il ne fallait pas se mentir - l'idée était beaucoup moins répulsive...

« Maintenant que vous le proposez... » avoua t-elle, gênée à son tour par les gargouillis que faisait son ventre. « Ça fait un moment que j'ai rien avalé, héhé. M'enfin, pas la peine de m'inviter ! » s'empressa t-elle de dire, tout en plongeant une main dans le sac de voyage qu'elle avait avec elle, avant d'être frappée par la réalisation. « Euhm.. Quoique... » reprit-elle. « J'ai oublié d'faire changer mon argent en arrivant, quelle tête de bourrique ! Du coup, si vous pouviez au moins m'avancer, héhé... J'vous rembourserai, j'veux pas profiter d'votre gentillesse, Alexander ! » avoua t-elle en toute sincérité. « Vous m'avez accueillie à votre table, et j'vous en suis reconnaissante. C'est agréable de pouvoir échanger avec vous ! J'sais pas vous, mais moi, j'adore faire de nouvelles rencontres. Ça réserve toujours un tas d'surprises ! »

Elle sembla se souvenir d'un détail, et son visage reprit un air un peu plus sérieux.

« Vous disiez que votre maison a été détruite... » fit-elle, les sourcils froncés. « Une raison particulière à ça ? Pardonnez ma franchise, mais z'avez pas l'air d'être issu d'une famille d'paysan, si vous voyez c'que j'veux dire ! Du coup, j'me demande pour quelle raison votre maison aurait pu être détruite... »

Pour autant qu'elle en savait, il aurait bien pu vivre dans un manoir, ou un château.

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Re: Un tout nouveau monde ; {Alexander}
Jeu 7 Avr - 11:56
Un tout nouveau monde
feat. J. A. Oakley
Descente aux enfers. A. V. Rockwell

Tout le long de ses répliques, la jeune femme sembla attentive. Les émotions défilaient sur son visage mais pourtant, Alexander ne releva rien d’anormal. Simplement de la surprise, il le pensait sincèrement et naïvement. C’était évident, mais il était ainsi, humain. Il avait foi en l’humanité même si pendant tant d’années elle l’avait rejeté. Il n’avait tout simplement pas foi en lui-même en le chemin qu’il empruntait. La Congrégation de l’Ombre l’avait finalement sauvé de la rue, et sans elle… Enfin… Sans le Comte Millénaire, il aurait encore une maison. Et ils étaient comme l’ombre et la lumière. L’un ne pouvait pas exister sans l’autre. C’était une vision binaire, manichéenne. Le Bien, le Mal. C’était relatif. Après tout, les sbires du Comte devaient avoir la même pensée, mais inversée par rapport à celle d’Alexander. C’était la logique, rien de plus. Chacun avait sa propre perception du monde. C’était sûrement pour ça — à cause de sa propre diversité — que l’Humanité était si bordélique. Tant en conflit intérieur. Les Hommes luttaient sans cesse pour la liberté qu’il rêvait d’avoir. Tout le monde était élevé de façon totalement différente. Il y avait de ça aussi. Mais inutile de partir dans un débat sur l’éducation et l’impact que cela avait sur l’humain qui en avait fait les frais. Il y avait tant de facteurs qui finissaient par nous créer, nous définir, pour expliquer notre vision de monde. Le plus grand facteur était l’expérience. Car malgré l’éducation, ce que nous vivons nous définis. C’est une preuve. Un exemple.  Alexander, lui, pensait que le Comte Millénaire était le mal incarné. Que détruire le monde et les Humanités ne rimaient à rien. L’être humain est social… Seul ou en petit nombre, il serait bien malheureux. Mais ça, il le pensait sûrement parce qu’il avait détruit sa maison avec ses machines de guerre, ses immondices. Cela aurait été l’Ordre Noir qui l’avait fait… Il se battrait peut-être du côté du Comte. Cependant, il est compatible. Cela aurait été compliqué en situation inverse… Bien qu’il ne l’aurait peut-être pas su s’il n’avait pas été emmené par la Congrégation.

La jeune femme en face de lui ne semblait pas mauvaise. Elle avait tout l’air gentille. Mais Alexander savait parfaitement que les Descendants de Noés jouaient bien un jeu. Elle était peut-être l’une d’entre eux. Qui savait véritablement hein ? Cependant, sa naïveté le rattrapa bien vite lorsqu’il lui proposa de manger. « Maintenant que vous le proposez… » Commença-t-elle, interrompu par les gargouillis de son ventre. Ce fut bien à son tour d’être gênée. Alexander laissa un sourire se dessiner sur son visage. « Ca fait un moment que j’ai rien avalé, héhé. M’enfin, pas la peine de m’inviter ! » Refusa-t-elle poliment. « Euhm… Quoique… » Entama-t-elle par la suite ; « J’ai oublié d’faire changer mon argent en arrivant, quelle tête de bourrique ! Du coup, si vous pouviez au moins m’avancer, héhé… J’vous rembourserai, j’veux pas profiter d’votre gentillesse, Alexander ! » Expliqua-t-elle avec une sincérité inébranlable. « Vous m’avez accueillie, et j’vous en suis reconnaissante. C’est agréable de pouvoir échanger avec vous ! J’sais pas vous, mais moi, j’adore faire de nouvelles rencontres. Ca réserve toujours un tas d’surprise ! » Son accent et sa façon de parler firent quelque peu sourire le jeune homme, sans arrière pensée ni moquerie. Elle était tout simplement drôle. C’était un vrai spécimen. Elle venait d’Amérique. C’était presque une chance pour lui. Et elle avait raison, faire nouvelles connaissances cela réserve beaucoup de surprise. Et elle en était une énorme, en termes de surprise.

« Ecoutez, ça ne me gêne vraiment pas ! Je ne veux pas paraître ingrat avec mon argent, mais c’est par pure bonté, croyez-moi. Et un peu de compagnie ne fait jamais de mal. » Expliqua-t-il en lâchant un sourire sincère. Par la suite, la jeune femme posa une question par rapport à sa maison détruite ; « Vous disiez que votre maison a été détruite… Une raison particulière à ça ? Pardonnez ma franchise, mais z’avez pas l’air d’être issu une famille d’paysan, si vous voyez c’que j’veux dire ! Du coup, j’me demande pour quelle raison votre maison aurait pu être détruite… » Tout comme elle l’avait fait pour poser sa question, le jeune homme fronça les sourcils. Pourquoi demandait-elle ça ? Qui pouvait s’intéresser à ce point à une tragédie de la sorte ? Il déglutit et finit son verre de vin. « Je ne sais pas qui, mais un jour en rentrant j’ai vu qu’elle était en ruine. » Mentit-il, un peu plus renfermé que précédemment. Jamais on ne l’avait questionné là-dessus. Jamais… Il n’en avait jamais vraiment parlé… C’était sûrement pour ça. Il se doutait qu’à part l’administration de la Congrégation, et les sbires du Comte, personne n’était au courant. Personne ne savait et il préférait, finalement. Plutôt que d’en parler. D’autant plus que ses parents étaient décédés durant la tragédie.

Ce fut à son tour de la questionner. Gentiment. « Et vous, qu’est-ce qui vous amène ici ? »
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Re: Un tout nouveau monde ; {Alexander}
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Un tout nouveau monde ; {Alexander}
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