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 Un blizzard sur le désert [Asya Zubkova]

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Un blizzard sur le désert [Asya Zubkova]
Jeu 17 Sep - 19:05

Une chaleur glaciale


Chère Jade,


Plus le temps passe, et plus je me demande ce que je fais ici. Je travaille du matin au soir tous les jours. C'est épuisant pour quelqu'un qui peut se réjouir de réussir à dormir plus d'une heure par nuit. Si tu me voyais, tu ne me reconnaîtrais pas, avec mon chapeau, mes santiags et mes paires de jeans. Les uniformes ne me manquent pas. Et j'ai des responsabilités, maintenant. Enfin, quelques vaches. Je les appelle mes responsabilités.

Le Texas est vraiment un pays étrange quand on a vécu aussi longtemps en Angleterre. Mais les gens du voisinage sont agréables, alors j'essaie de l'être en retour. Je crois même que certains m'apprécient : on me propose souvent de les rejoindre au bar le soir. Je l'ai fait, une fois ou deux seulement. Force fut de constater que les soirées arrosées et orgiaques n'étaient pas faites pour moi. Je préfère rester enfermer chez moi. Parce que, Jade, j'ai un chez moi ! Te rends-tu compte ? Je n'ai connu que la rue, la Congrégation ou Central, en vingt-huit ans de vie. Posséder une maison, qui est ma propriété privée, c'est incroyable. Elle est assez grande, sur deux niveaux. Elle est assez grande pour deux. Non en fait, elle l'est pour quatre. Mais deux m'aurait été plus que suffisant. Je t'y vois déambuler en petite tenue, courir d'un bout à l'autre à la recherche d'une chaussure ou je ne sais quoi d'autre.

Sans Jane, rien de tout cela n'aurait été possible. Je lui dois tout et n'aurai sans doute jamais l'occasion de l'en remercier. Tu l'aurais aimée. Tu aurais aimé quiconque m'aurait tendu la main, je le sais. Mais elle, plus que n'importe qui. Elle a su voir en moi comme tu voyais en moi. C'était étrange, une sensation familière et douloureuse, et qui pourtant n'avait rien de désagréable.

Je suppose que tu n'as pas besoin de me voir l'écrire pour le savoir, mais je n'arrive pas à me faire à ton absence. C'est comme si je vivais dans un rêve depuis des semaines. Si seulement c'était le cas, que cette pétasse en écolière m'ait capturée pour me faire vivre la plus grande de mes peurs. Et un jour, je m'éveillerais, sauvée par tous les autres, et tu serais là à m'attendre. Mais je sais que ce n'est pas le cas. Tu as toujours été dans mes rêves. Si tu n'y es pas, alors je ne rêve pas.

Je vais partir. La sédentarité, ça ne me réussit pas. Ce n'est pas comme ça que j'arriverai à avancer. Une maison, du bétail, des amis, un emploi... On dirait que j'en ai fait, du chemin. Pourtant je n'ai jamais autant fait de sur-place de toute ma vie. Alors il faut que ça change, parce que je ne supporterai plus d'autres semaines à imaginer ce que tout cela aurait été avec toi. Je ne veux pas t'oublier, mais je dois me détacher. Si je ne le fais pas, je continuerai de mourir à petit feu, mais si lentement que je mourrai de vieillesse avant que le désespoir ne m'achève. Ce n'est pas comme cela que je dois vivre ma vie. Je sais que ce n'est pas comme cela que tu veux me voir vivre. Alors je vais tout vendre et repartir pour l'Europe. Je ne sais pas ce que j'y ferai, mais voyager me semble être une bien belle option. Je sais que ce sera plus efficace pour moi. Peut-être qu'un jour, je reviendrai ici, prête à véritablement accepter la vie comme elle est. Mais pour l'instant, je préfère aller remplir mes yeux à plus d'illusions. Jusqu'à ce que je sois prête.


Jamais je ne t'oublierai. Ne nous oublierai.




D.




Dylan Matthews avait été élevée à ignorer ses sentiments toute sa vie. Depuis qu'elle les avait néanmoins acceptés, elle avait pu se rendre compte de la difficulté que cela était d'y faire le tri, d'ordonner tout ce qui pouvait se bousculer en un simple cœur humain. Un peu plus tôt, elle avait eu l'idée d'écrire pour mettre de l'ordre dans ce tourbillon qui ravageait tout en elle. Elle savait que la lettre n'avait en réalité aucun destinataire. Mais bizarrement, soutenir l'illusion lui faisait accepter plus facilement la vérité.

Certes, ses yeux pétillaient et elle dut renifler une ou deux fois. Cependant, elle ressentait un véritable soulagement en elle. Comme si écrire ses projets la contraignait maintenant à s'y tenir, puisque Jade en était informée. Elle posa sa plume et fit un signe au tenancier, qui s'approcha immédiatement remplir le verre de vin rouge qui se tenait vide à côté du papier fraîchement gratté.

Ce n'est qu'en levant les yeux qu'Élise prit conscience du temps qui s'était écoulé depuis son arrivée. Le soleil était couché et le débit de boisson s'était largement rempli. Les bruits de discussions et les éclats de rire lui percèrent le crâne comme si l'on venait d'y planter un clou. L'heure du dîner devait déjà être passée, et tous ces gens se préparaient à passer une soirée conviviale et bon enfant, sous quelques litres d'alcool largement mérités. On retrouvait les traditionnels piliers de comptoir, accoudés devant le barman, les nez déjà rosés, quelques personnes de passage, qui se faisaient généralement discrètes, et les groupes d'amis, toujours les plus bruyants, qui riaient à gorges déployés et se lançaient toutes sortes de défis grotesques.

Quelques mains lancèrent des salutations à Élise, qu'on connaissait plutôt bien dans le coin. Elle était la nana discrète, silencieuse et peu souriante que tout le monde avait déjà croisée, toujours présente avec son verre de vin rouge. Quand on l'abordait pourtant, elle se révélait être agréable et loquace. Elle parlait peu d'elle-même, mais semblait avoir beaucoup voyagé et connu nombre de choses. Personne ne pouvait détester Élise. On dit qu'à son arrivée dans le coin, elle a tabassé des gars qui l'ont cherchée, mais personne n'est venu vérifier les faits, alors la rumeur s'était essoufflée. Quand bien même, on l'aurait plus aimée encore si elle s'était avérée être un ancien soldat ou quelque chose dans ce genre là, capable d'envoyer cinq gaillards au tapis sans recevoir le moindre coup. Quelque chose d'autre que cette femme brisée que son image renvoyait à tout le monde. C'était peut-être à cause de cette image, assez pitoyable, qu'on se refusait à la détester. Il y avait une détresse en elle qui motivait à la sympathie. Voilà qui était Élise Benett, dans ce coin où tout le monde connaissait tout le monde. C'est pourquoi elle répondit, les yeux légèrement bouffis, d'un signe de tête à qui la saluait. On savait d'expérience qu'il y avait des jours où elle refusait tout bonnement d'entrer en contact avec qui que ce soit, lorsque ses crises la reprenaient. Ce soir semblaient en être un.

Ce n'était pas tout à fait le cas, finalement. Tout du moins n'était-elle pas dans l'une de ses « crises ». Il était cependant vrai qu'elle n'avait pas grandement envie de discuter. Elle avait rangé précipitamment sa plume, son encre et la lettre sans destinataire dans le petit sac en bandoulière posé à côté d'elle sur la banquette.

L'idée lui venait de quitter les lieux et rentrer chez elle le plus rapidement possible, une fois son verre vidé, lorsqu'un visage attira son attention. Malgré son indéniable beauté, quelque chose en elle fit battre le cœur d'Élise à tout rompre. Elle ne saurait dire son nom, ni même qui elle était véritablement. Tout ce qu'elle savait, c'est qu'elle l'avait déjà croisé, dans des couloirs ou peut-être seulement dans des fichiers. C'était une personne rattachée à l'Ordre Noir.

Décidément, le monde était bien trop petit pour s'y cacher le temps d'une vie.



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Re: Un blizzard sur le désert [Asya Zubkova]
Ven 18 Sep - 15:20







Vieux perversDélicatesse et intelligence masculine.



Fatigué, ennuyé par cette nouvelle mission qu'elle venait de finir. Encore une fois, elle avait du combattre. Encore une fois, des akumas faisait des siennes. Le voyage fut long jusqu'à un village non loin d'ici dans les contrés texans. Et si dans ce village avait sévi une de ces abomination faisant disparaître des habitants, il avait surtout fait disparaître un traqueur. Ce qui énervait le plus la russe, c'était son impossibilité de guérir les victimes de ce poison.

Elle avait pourtant une innocence, et symbiotique en plus. Elle pouvait être blessé, inhaler les vapeurs sans craindre la mort. Les autres, la moindre plaie, la moindre éraflure causer par un obus et les étoiles venaient les emporter aux cieux.

Elle était pourtant docteur. Elle avait sûrement sauvé bon nombre de gens autant des civils que des membres de l'ordre noir. Tout cela peut être pour rien. Mais cette impuissance la frustrait. Elle avait besoin de se changer les idées. Elle savait que si elle tentait de dormir. Elle réfléchira et se retournera sans trouver le repos.

Elle préféra sortir dehors. Frustré, elle se triturait ses mains gantés. Elle ne portait pas son uniforme, elle le trouvait étouffant. Sa mission était fini, elle ne pouvait plus le gardé sur ses épaules. La russe avançait dans la rue déserte, il y avait très peu de gens, surtout des hommes qui la regardait bizarrement. Peut être que ses cheveux attachés en un chignon leur semblaient étrange. S'était elle tromper dans le choix de ses vêtements. Pourtant la robe semblait être aux couleurs locales.

Elle tenta de faire abstraction attiré par des bruits, des rires, des paroles dites à forte voix. Ce brouhaha de bonne humeur ne pouvait que revigorer la russe. Elle ouvrit les deux portes battantes et entra d'un pas plutôt sûr dans le bar. Elle alla jusqu'au comptoir sans faire trop attention au gens qui l'entouraient.

Dans son dos, un groupe d'amis rigolait. L'un d'eux avait un rire bien gras accentuer sûrement par l'alcool. La russe vit une bouteille de whisky trônant derrière le comptoir, elle en demanda un verre que le barman lui donna. Elle but une petit gorgée. Il n'était pas trop mauvais. Elle pris une autre gorgée de son verre avant de se retourner sur son tabouret afin de mieux voir le reste de la salle.

Il y avait vraiment pas mal de monde et la plupart semblait rigoler. Certains jouaient aux cartes sur une table, d'autre se tapotait le dos à la suite d'une bonne blague. Asya resta tout de même très féminine dans tout ce lot d'homme. Quelques visages fin aux cheveux plutôt long souriait en discutant avec la gente masculine.

Jambe croisé sur son tabouret, la russe ne vit pas l'homme mal rasé s’asseoir à côté.

« Alors ma petite dame ! On est pas de la région !?
- Pas du tout, je suis en voyage. » Elle détourna les yeux en espérant qu'il parte, pourtant, il resta là. On voyait clairement qu'il ne voulait pas que discuter.
- Vous voulez peut être que je vous montre un petit bout du pays ? »

Sans aucune gêne, il vint poser une de ses grosses mains sales pleine de suit et de graisse sur mon genou. Elle repoussai sa main en lui jetant un regard froid. Il rapprocha son visage plus prés du sien articulant quelques mots avec une haleine fétide et des vapeurs d'alcool.

« Allez, venez ! Je ne serais pas brusque. »

Une grimace de dégoût autant pour son haleine que son physique disgracieux, ou encore sa proposition malsaine, elle tenta de le repousser. Seulement, à cause de la gêne ou de la peur, elle n'arrivais pas à l'éloigner.


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Re: Un blizzard sur le désert [Asya Zubkova]
Lun 21 Sep - 11:47

Une chaleur glaciale


Cachée par la foule, l'ancienne Inspectrice ne se gênait pas pour garder deux yeux écarquillés rivés sur la jeune femme assise au comptoir. Son esprit fouillait à toute vitesse dans ses archives mémorielles. Mais les quelques verres de vin consommés nappaient le tout d'un léger brouillard dans lequel elle se noya rapidement. Pourtant, une telle femme ne pouvait s'oublier. Pas avec des cheveux aussi bleu et un teint si pâle. C'était une beauté glaciale, de la même manière qu'avait pu l'être Dylan Matthews elle-même par le passé. Mais elle, n'avait pas cette touche de noblesse que manifestait celle qui semait la panique en elle. Sa présence jurait d'ailleurs avec le décor qui l'entourait.

En d'autres circonstances, Élise n'aurait pu s'empêcher d'éprouver le plus grand mépris pour cette personne trop belle, trop noble, trop Ordre Noir.

Mais en la voyant assise sur son tabouret, un verre de scotch à la main, la nouvelle texane était surtout amusée. Les quelques mots « tu ne sais pas dans quoi tu t'es embarquée, ma fille » trottaient dans sa tête et lui forçait un très léger sourire. Les femmes ici devaient être fortes ou faciles. Elles ne pouvait se contenter de boire un verre au comptoir, en priant se faire discrète. Surtout pas avec une telle chevelure.

« Eh Bébé... »

Élise tourna les yeux à côté d'elle l'air las mais intrigué par ce que voulait lui dire le vieux Will. Bébé était un surnom moqueur que quelques habitués partageaient pour appeler Élise. Un diminutif de Benett.

« Paraît qu'y a eu du grabuge pas loin d'ici dans la journée. P't-être même des morts ! Bon Dieu ! s'exclama-t-il soudainement en suivant le regard de son interlocutrice, lequel s'était de nouveau posé sur la femme aux cheveux étranges. Ça c'est d'la bonne femme ! »

Élise avait-elle encore espéré la paix ? Pauvre folle qu'elle était. Les mots du vieux Will avaient non seulement confirmé ses appréhensions, mais également ravivé sa mémoire. L'Exorciste russe. Un soupir s'extirpa d'entre les lèvres fines d'Élise pendant que le vieux Will ajoutait :

« T'es pas la seule à l'avoir remarquée celle-là, r'garde donc ! »

Il avait pointé son doigt plein d'arthrose vers le comptoir. Un dilemme cornélien s'imposa alors à la fuyarde. Laisser l'homme assis à côté de l'Exorciste s'occuper d'elle, ce qui assurerait la sécurité de celle qui observait depuis son coin de table, ou voler à son secours, car l'homme en question n'était pas connu pour sa douceur ou sa capacité à accepter les refus à ses avances. Élise elle-même avait bien frôlé la raclée si le vieux Will ne s'était pas interposé, suivi par tout le reste des habitués du coin. Si bien qu'aujourd'hui, Élise avait une certaine emprise sur cet homme à la sombre réputation. Quand même bien il chercherait un jour à se venger, il aurait une bonne surprise, en venant confirmer les vieilles rumeurs sur la nouvelle du coin et son passé militaire.

Dans un nouveau soupir, Élise quitta sa table, son verre de vin vide à la main et son sac sous le bras et glissa entre les clients du pub pour se glisser jusqu'au comptoir. Elle était certaine de regretter bien vite son altruisme, mais elle ne pouvait pas abandonner une femme en détresse.

« Eh Jimbo ! lança-t-elle d'une voix grave une fois à leur niveau. Faudrait au moins payer pour c'que t'es en train d'faire ! »
« R'tourne donc chialer dans ton coin, Sac d'Os, et laisse les grandes personnes faire connaissance. »

Sac d'Os était le petit surnom que lui seul donnait à Élise.

« Quelle technique est-ce qu'il a utilisé ? demanda-t-elle à la jeune femme, les yeux dans les yeux en espérant ne pas dégager toute la panique qu'elle faisait bouillonner en elle. Je parie sur le petit bout de pays à vous montrer ! Entre nous, c'est le surnom qui lui est aussi donné au bordel, le petit bout. »

Dans un grognement de rage, le dénommé Jimbo saisit Élise par le bras et serra du plus fort qu'il put. Elle posa sur lui un regard glacial et impassible, comme l'Âme de Pierre en avait lancé pendant de longues années.

« Tu perds rien pour attendre, Sac d'Os... »
« Quand tu voudras... » répondit froidement l'Âme de Pierre.

Et il disparut dans un nouveau râle enragé, conscient de tous les regards qui s'étaient posés sur eux, aux vues de la tension qui s'étaient installée. Sans jeter un nouveau regard à la jeune femme, Élise se posa à côté d'elle, accoudée au bar. Elle avait essayé de prendre son accent le plus texan, mais doutait de sa fiabilité. Elle était bien trop anglaise pour cela. On le lui reprochait sans cesse d'ailleurs.

« Eh Duke ! Sers donc un autre verre à la dame. Notre bon Jimbo s'est encore cru chez sa mère ! Et mets-moi la même chose, ce type me fout hors de moi. »

Le barman fit glisser deux verres de whisky vers elles, offerts par la maison pour la gêne occasionnée. Sans un mot de plus, Élise la texane la moins crédible au monde porta son verre aux lèvres et le vida d'un seul trait.



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Re: Un blizzard sur le désert [Asya Zubkova]
Mar 13 Oct - 0:26







Filles des glacesUn regard...



Dents jaunes pourris, langue baladeuse, lévre en cul de poule, haleine dégueulasse, relant d'alcool, voila ce qui s'approchait du fin et pâle visage de la russe.

« Mais laissez moi tranquille…
-Laisses toi faire. Sinon je vais être obliger de te faire mal. »

La poupée sentit une de ses fesses se faire comprimer accolant la jolie tenue de la russe à la chemise pleine de sueur du morse dégouttant. Elle cru  bien que s'était la fin, que tous ses hommes resteraient là à presque se rincer l’œil. La colère commença enfin à monté. Elle serra sa main sur son verre de whisky vide. On pouvait voir les tendons, les veines et les articulations se crisper. Elle aurait bien voulu lui fracasser le bout de verre sur son crâne. Son innocence était d’ailleurs en train de bouillonner.

« Eh Jimbo ! » La baleine Jimbo enleva sa main des fesses de la russe le ramenant à son nez pour se moucher un coup. Il se recula sans trop lacher sa proie. On pouvait voir ses yeux agacés regarder vers la haut. « Faudrait au moins payer pour c'que t'es en train d'faire ! »
« R'tourne donc chialer dans ton coin, Sac d'Os, et laisse les grandes personnes faire connaissance. »

Il leva sa main avant de la remettre au niveau du postérieur d'Asya.

« Quelle technique est-ce qu'il a utilisé ? » Bien sur, la russe resta muette. Elle croisa et soutint le regard de la demoiselle envoyer même un semblant de gratitude. « Je parie sur le petit bout de pays à vous montrer ! Entre nous, c'est le surnom qui lui est aussi donné au bordel, le petit bout. »

La poupée de la pluie ne pus s'empêcher de ramener sa main devant sa bouche alors qu'elle ricanait. La brut relâcha son étreinte permettant à la russe de se dégager totalement. Il semblait désormais plus intéresser par le Sac d'Os plutôt que part elle. Elle le vit lui prendre le bras et serrer. Mais ce qui surprit le plus la demoiselle, c'était le regard intense et émeraude. Elle resta figer un instant devant eux jalousant presque la puissance que signifiait ce regard.

Ce regard eut suffit pour faire disparaître la vermine qui parti finalement en courant son petit bout entre les jambes. Quand elle vint se placer à côté d'elle, la russe ne pus la regarder, baissant les yeux sur son verres en se retournant presque entièrement au bar.

« Eh Duke ! Sers donc un autre verre à la dame. Notre bon Jimbo s'est encore cru chez sa mère ! Et mets-moi la même chose, ce type me fout hors de moi. »

De nouveaux verres apparurent devant elles. La russe fit courir un de ses doigt sur le bord tout en levant les yeux vers sa sauveuse.

Mais l'accent un peu spéciale de l'américaine témoignait de son origine d'Outre Atlantique. Asya s'occupait de trop de gens venant de pays totalement différents. Elle avait sans doute entendu tous les accents possibles. Retournant son regard vers son verre elle commença :

« Merci… » Elle releva les yeux pour regarder son interlocutrice. « Merci de m'avoir aider ! »

Elle la vit alors boire le verre d'une traite, cul-sec comme on boit la vodka dans sa bonne vieille Russie. La poupée pris alors ça pour un défi. Amenant son verre à ses lèvres, le liquide vint lécher le gosier de la dame ne laissant qu'une infime goutte dans le fond. Le verre vint frapper le comptoir comme pour signifier qu'elle l'avait fini. Revigorer par la boisson, elle se tourna vers son amie :

« Asya ! Je m'appelle Asya ! »

Puis son regard se posa sur le bras de l'anglaise :

« J’espère qu'il ne vous à pas fait mal au bras. Si y a besoin je suis médecin. »

Un sourire radieux élimina tous les souvenirs du morse. Elle posa délicatement sa main sur son bras, là où la brut avait serré.

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Re: Un blizzard sur le désert [Asya Zubkova]
Mar 13 Oct - 18:52

Une chaleur glaciale

Accoudée au bar, l'air fermé, Élise contractait chacun de ses muscles. La proximité de ce membre de l'Ordre Noir, un ennemi naturel comme le lion l'est de l'antilope, raidissait son corps et rendait fébrile son esprit. Il n'y avait, en quelques sortes, qu'un pas entre elle et la mort. Pourquoi diable avait-elle volé à son secours, comme cette femme pleine de bonnes intentions qu'elle n'était pas ? L'espace d'une seconde, elle avait hésité : la laisser entre les mains souillées du gorille lui aurait épargné bien des complications. Malheureusement pour l'Orpheline, son esprit brisé ne lui aurait laissé alors aucun repos. La conscience, quel fardeau.

Elle restait le regard vague, comme détaché de tout – ce qui n'était évidemment pas le cas, même lorsque la demoiselle, anciennement en détresse, lui adressa de timides remerciements. Les gens du Texas avaient d'étranges comportements parfois. Élise avait pu étudier de nombreux cow-boy solitaires. De ceux qui buvaient dans leur coin sans dire mot, le visage constamment crispé d'une grimace brutale et mystérieuse. C'était le genre qu'elle essayait de se donner. Son mauvais accent, sa posture et son visage attestaient toute fois plus d'une piètre performance théâtrale. Tout ce qu'elle sentait et qu'elle refrénait au fond de ses tripes, c'était cette irrésistible envie de fuir à toute jambe, de se réfugier sous ses draps et pleurer à chaudes larmes.

Le bruit mat d'un verre tapant le bois du comptoir la força à baisser les yeux de côté, sans oser croiser ceux qu'elle venait de sauver. Il était vide. Un sourire plus que discret parcourut les lèvres d'Élise le temps d'une seconde. Il y avait du charme en cette femme, résultat du mélange entre l'innocence qui l'avait conduite à la secourir et la force de caractère qui venait de vider d'une traite un verre d'alcool fort. D'un signe, elle fit mander une nouvelle tournée.

« Asya ! Je m'appelle Asya ! »

Tout s'enchaîna très vite. Le cœur de Dylan Matthews fit un bond tandis que son esprit assimilait l'information à ses souvenirs. Asya Zubkova, Exorciste de l'Ordre Noir. Bien sûr qu'elle avait lu ce fichier, par le passé. Plusieurs fois même. Fascinée qu'elle était par le visage glacial et chaleureux à la fois de la jeune femme. Elle ne s'y trompait pas : jamais elle n'avait été autant en danger depuis qu'elle avait fui. Les larmes voulaient exploser et le corps disparaître.

Sa seule réaction fut de fixer de ses prunelles lumineuses le mur rempli de bouteilles face à elle, et de vider son nouveau verre.

« J’espère qu'il ne vous à pas fait mal au bras. Si y a besoin je suis médecin. »

Au diable ce bras qu'elle ne sentait même pas ! Que devait-elle faire ? Des milliers de questions, de réponses, de problèmes et de solutions défilaient dans son cerveau mis sous pression. Tous plus invraisemblables les uns que les autres.

Lorsque Asya posa sa main sur le bras d'Élise, d'une douceur altruiste, doublée de la suavité de sa voix, toutes ses émotions se décuplèrent au centuple. Elle ne pouvait s'empêcher d'admirer cette générosité qu'on lui offrait, mais une voix en elle répétait en boucle : « Si tu savais, ma pauvre fille ! »

Elle crispa les muscles sans pour autant se dégager : mieux ne valait-il pas se montrer trop brute, ni trop suspicieuse. Sa main se perdit sur la bouteille de whisky qui traînait devant elle et dont une part du contenu glissa dans son verre. Le sourire de l'Exorciste cognait sur sa peau comme les rayons du soleil sur neige. Combien de temps tiendrait-elle avant de craquer ?

Alors elle se tourna vers Asya en levant son verre, posa les yeux sur son sourire radieux et se sentit fébrile une seconde, puis se força à sourire en retour.

« J'ai mes propres remèdes, voyez. Et puis on est solides dans le coin. Sinon on survivrez pas bien longtemps ! » Elle vida la moitié de son verre dans celui d'Asya et les fit claquer l'un contre l'autre en ajoutant, avant de vider une énième fois son verre : « Moi c'est Élise. »

La salle se faisait de plus en plus bruyante. Assourdissant. À chaque mouvement brusque qui attirait l'attention de l'Orpheline, celle-ci espérait le déclenchement d'une bagarre, ou d'une animation assez massive pour la laisser s'éclipser et sauver sa peau. Pour l'heure, qui lui semblait infini, comme si chaque seconde s'étirait sans fin, elle restait coincée. Bien qu'en même temps... quelque chose en Asya lui demandait de rester près d'elle. Il y avait une fascination indéniable, dans cette force douce, cette chaleureuse glace, cette innocente combattante.

« Et qu'est-ce que vous faites ici toute seule ? Si c'est pas indiscret. Pas qu'on n'ait pas besoin de médecin hein ! Enfin, c'est le Texas quoi. On ne s'y retrouve pas à moins de vraiment le vouloir, si vous voulez mon avis. »

Et elle savait parfaitement de quoi elle parlait.  



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Re: Un blizzard sur le désert [Asya Zubkova]
Mer 28 Oct - 22:59







Ici, ce soir.Hasard ?



Ses doigts délicats vinrent se posés sur le bras de sa voisine. Ce geste altruiste mais tout de même empli de sensations fit quelque peu frémir la poupée des glaces. Le verre glacé vide dans l'autre main vint rejoindre celle qui venait de délaisser le bras de la voisine. Et en un sourire figé, elle fixa ses lévres récoltant chaque mots qui en sortait.

« J'ai mes propres remèdes, voyez. Et puis on est solides dans le coin. Sinon on survivrez pas bien longtemps ! » Elle lui répondit en souriant voyant le verre se vider à moitier dans le sien. « Moi c'est Élise. »

Élise ! Offrir son nom était quelque chose d'important pour Asya. C'était offrir son identité comme pour montrer sa confiance. Les deux verres se levérent en même temps, chacune engloutit son contenu sans se laisser prier. L'alcool allait peut être décoincé un peu la situation, facilité les choses.

« Et qu'est-ce que vous faites ici toute seule ? Si c'est pas indiscret. Pas qu'on n'ait pas besoin de médecin hein ! Enfin, c'est le Texas quoi. On ne s'y retrouve pas à moins de vraiment le vouloir, si vous voulez mon avis. »

La russe fut un peu gêner. Elle détestait cette question car elle détestait le mensonge. Seulement, son devoir l'y obligeait. Elle aurait pu sans aucune raison, partir et ne plus jamais la voir sans rien lui dire. Mais elle ne pouvait. Elle aurait pu lui dire la vérité et prendre le risque qu'elle le prenne pour une folle. Non, le mensonge était la meilleur solution pour elle comme pour la russe. Le verre tournait entre les fins doigts blanc neige de l'exorciste, accompagné d'un petit rire gêné.

« C'est mon accent ? Je ne fais pas du tout américaine. » Tenta de plaisanter la russe. « En faites, je suis Russe. Ça fait une trotte jusqu'ici ! Disons que je voyageais pour aider les gens avec un camarade et on est arrivé dans cette ville. J'ai pris une chambre dans une auberge le temps de mon séjour. Il a malencontreusement du partir. Du coup, je m'ennuyais dans ma chambre toute seule alors je suis sorti. Et finalement, je suis arrivé ici. »

La russe pris la bouteille d'alcool à son tour pour en mettre dans son verre et dans celui de son amie. Cette fois, elle ne le but pas directement faisant tourner le liquide dans le verre.

« Et vous ? Si j'en crois votre accent, vous êtes aussi américain que moi ! » Elle but une bonne gorgée. « Si ça vous dérange d'en parler, ne répondez pas. Je ne veux pas non plus vous déranger ! »

Et le verre fut fini.


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Re: Un blizzard sur le désert [Asya Zubkova]
Mer 11 Nov - 12:35

Une chaleur glaciale

Ses yeux se promenaient sur cette nouvelle connaissance. Elle détaillait ses doigts fins et pâles et ses mains à la peau de soie. Elle n'était pas marquée par le labeur comme les gens ici. Même Élise pouvait se vanter d'avoir des mains maintenant plus rugueuses et plus abîmées qu'autrefois. Tenir en laisse des troupeaux de bétails, ce n'était pas aussi simple que tenir une plume. Elle admirait cette douceur, qui faisait tournoyer le verre lentement, comme fascinée, hypnotisée par le geste mécanique de la demoiselle. Pendant une courte seconde, elle eut même le désir brûlant de prendre la place de ce verre. Une seule seconde, pendant laquelle elle voulait obliger ces mains à se poser sur son visage, sur ses bras, à glisser sur sa nuque. Elle avait connu quelqu'un dont la fragilité des mains n'avait d'égal que leur douceur. Tout ce que son âme réclamait, c'était un instant de plus avec cette sensation connue par le passé.

Mais non... Non ! Elle ne devait plus penser à Jade de cette manière.

Son esprit se remit en place et ses yeux dérivèrent sur son visage lorsqu'un rire gêné s'échappa de ses lèvres. Asya Zubkova répondit aux questions de celle qui l'avait sauvée d'une bien pénible nuit. Des questions qu'Élise elle-même avait partiellement oublié. Elles n'avaient été lâchées que pour mieux retenir l'attention de l'Exorciste, distraire son esprit le temps de quelques verres supplémentaires. Ceux de l'ancienne Inspectrice, d'ailleurs, commençaient à lui brouiller le cerveau. Cela avait quelque chose de plaisant : Dylan Matthews avait sombré dans un alcoolisme léger, toutefois non négligeable, afin d'oublier les traumatismes de son passé. L'alcool était le seul remède qui lui permettait de dormir plus d'une heure par nuit.

Asya plaisantait sur cet accent typiquement russe. Après tout ce temps à la Congrégation, chacun de ses occupants développait une capacité naturelle à déceler les accents. Elle-même le prouva, après avoir baratiné Élise à coups de réponses qui n'en étaient pas vraiment. Le véritable danger que cette dernière décelait en fait, c'était la proximité potentielle d'akumas dans les environs.  Elle ne voulait plus connaître ça... Mais pire encore : elle ne voulait pas voir toute sa nouvelle vie détruite par cela.

Ses yeux d'un émeraude lumineux fixaient le visage d'Asya. Cette poupée était-elle une combattante ? Elle semblait pourtant fragile et précieuse. Tout en elle rappelait la glace : de ses cheveux étranges à sa peau blafarde. Mais d'une glace tendre, de celle que l'on sculpte pour en faire jaillir une œuvre d'art. Élise ne pouvait pas rester plus longtemps. Elle sentait que de mauvaises choses se produiraient si elle se tenait trop près d'Asya Zubkova. Elle pourrait lui révéler son identité, lui parler de son passé, ou simplement l'interroger sur la présence d'akumas dans la région, ce qui dévoilerait un pan de son identité.

« Et vous ? Si j'en crois votre accent, vous êtes aussi américaine que moi ! » finit-elle par lâcher, comme une bombe dans la poitrine de la fuyarde. « Si ça vous dérange d'en parler, ne répondez pas. Je ne veux pas non plus vous déranger ! »

Élise posa une nouvelle fois les yeux sur ses mains et vit que son verre était vide. Sans se faire prier, elle engloutit le contenu du sien. Cela lui laissait une seconde supplémentaire de répit. Après tout, même si elle lui cachait la vérité, l'Exorciste ne lui avait pas menti pour autant. Allait-elle prendre le risque de jouer le même jeu ? Elle dut se rapprocher un peu de cette fausse amie, car le brouhaha du bar atteignait son paroxysme. La soirée battait son plein, ça hurlait, ça chantait et ça se bousculait au moindre centimètre carré de la salle. Quelque chose qu'Élise connaissait assez bien, et qui pourtant ce soir l'oppressait et l'étouffait. L'angoisse s'en mêlait et manquait de lui faire tourner de l’œil dans une atmosphère aussi humide et brûlante.

« Me voilà démasquée ! lança-t-elle en souriant. Croyez-le ou non, mais je suis américaine. J'ai simplement fait ma vie en Angleterre. Enfin j'ai pas mal voyagé pour tout vous dire. Mais j'ai décidé de prendre une vie... disons, plus rangée, depuis quelques temps. Le Texas m'a tendu les bras. » Elle respirait de plus en plus fort et ses paupières se faisaient lourdes. « C'est quand même... moins bizarre qu'un médecin... qui traverse la moitié du monde... pour aider des gens... non ? Désolée, mais il faut que je sorte d'ici... »

D'un pas hésitant, elle se fraya un chemin difficile jusqu'aux portes du débit de boisson. S'éloigner de l'Exorciste était en soi une bénédiction. Mais sentir le vent frais sur son visage, voilà qui relevait de la résurrection. Quelques bouffées d'air avant de s'asseoir sur les marches de bois, deux mètres devant la porte, le regard humide et apeuré. Elle enfouit la tête entre ses genoux relevés et retient de puissants sanglots. Que ne donnerait-elle pas pour fuir de nouveau.



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Re: Un blizzard sur le désert [Asya Zubkova]
Dim 6 Déc - 18:28







Sous un ciel sans luneRempli d'étoile



Elle finit par poser son verre vide sur le comptoir scrutant la foule empli de testostérone chanter, crier, jouer et se battre au bras de fer. Et même si cette ambiance respirait l'alcool et la joie, il y avait dans l'air un malaise palpable. Finalement, les yeux de la russe finirent par croiser le regard de l'américaine qui semblait perdu dans le fond de son verre. Elle se sentit gêné d'avoir poser cette question. La poupée de givre pensait qu'en se laissant un peu à la confidence, elle aurait pu brisé la glace.

« Me voilà démasquée ! » Le sourire apaisa quelque peu les soupçons de la russe qui lui rendit son sourire sur le ton de la blague. « Croyez-le ou non, mais je suis américaine. J'ai simplement fait ma vie en Angleterre. Enfin j'ai pas mal voyagé pour tout vous dire. Mais j'ai décidé de prendre une vie... disons, plus rangée, depuis quelques temps. Le Texas m'a tendu les bras. C'est quand même... moins bizarre qu'un médecin... qui traverse la moitié du monde... pour aider des gens... non ? »
- Je ne peux vous le…
- Désolée, mais il faut que je sorte d'ici... »

Sans trop comprendre, Asya la vit se lever sans qu'elle puisse l'arrêter. Elle fut impuissante la voyant se frayer un chemin parmi les fêtards jusqu'à la sorti. La russe ne put que lâcher un petit « Attend ! » sans trop d'espoir. Elle fouilla promptement dans sa poche pour déposer sur le bar quelques billets pour payer sa consommation avant de sortir discrètement du bar agrippant sa robe pour éviter qu'elle ne raccroche les gens autour.

Elle sortit dehors cherchant des yeux celle qui l'a quitté il y a peu. Elle ne pouvait pas la laisser seul dehors. La russe la vit assise sur les escaliers recroqueviller. Le bloc de glace avait été éraflé et finalement n'était pas aussi solide qu'elle laissait le paraître. Elle tremblait seul dans le calme de la nuit éclairé par la seul lumière qui sortait du lieu de fête. La lune n'était pas au rendez-vous de cette nuit. La brise était quelque peu fraîche.

Délicatement, Asya retira son gilet avant de le faire doucement tombé sur les épaules prises de soubresaut de l'américaine. Elle vint ensuite s’asseoir délicatement à côté d'elle passant un bras autour de ses épaules.  En un geste tendre et réconfortant, elle fit en sorte que la texan de cœur dépose son visage au creux de son cou pour qu'elle sèche ses larmes. Sa douce main aux doigts fins vint se perdre dans ses cheveux, laissant ses deux amies dans cette étreinte sous ce ciel étoilé sans lune dans cette rue si désert malgré le bruit qu'il y avait dans leur dos.


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Re: Un blizzard sur le désert [Asya Zubkova]
Dim 31 Jan - 19:39

Une chaleur glaciale

Recroquevillée sur elle-même, Dylan Matthews sentait malgré elle ses joues s'humidifier. Il ne lui était plus possible de réfléchir ou de penser. Impossible de comprendre et d'imaginer. Le monde semblait s'effondrer sur ses épaules devenues si frêles. À quoi bon se cacher d'un monde qui persistait à ne pas l'abandonner ? Elle ne pouvait plus se leurrer plus longtemps. Sa maison n'était pas sa maison. Ses troupeaux n'étaient pas ses troupeaux. Sa vie n'était pas la sienne. Sa vie était celle qui l'attendait de l'autre côté de l'océan. Elle pouvait bien fuir, cela ne la mènerait nulle part. C'était comme courir dans un labyrinthe. Chaque chemin se ressemble, chaque cul-de-sac paraît être le même que le précédent. Mais ce labyrinthe-ci est pire encore. Les murs se resserrent. Lentement, mais jamais ils ne s'arrêtent. Lorsque, elle, s'arrête, pour manger, pour boire, pour dormir, eux continuent à se refermer autour d'elle. Elle fuit, gagne un peu de temps. Mais finalement, un jour ou l'autre, elle se réveille, et il est trop tard. Il semblerait que ce jour soit arrivé. À prendre une trop grande confiance, Dylan venait de tomber dans son propre piège.

Sur les marches de l'auberge, elle attendait son sort. Il venait à elle. Voilà, le fil qui tenait son épée de Damoclès venait de se rompre. Elle allait y laisser sa tête, à attendre que l'Exorciste la rejoigne. Il lui fallut au moins une éternité pour cela. Une éternité durant laquelle Dylan n'avait pas bougé, pas cillé. Elle s'était contentée de laisser couler des larmes le long de ses joues. Cela faisait du bien. Cela la soulageait. À se vider de ses larmes, elle libérait de l'espace en elle pour la culpabilité. Venez donc, émotions, sentiments. Prenez place. Les portes vous sont ouvertes.

Elle tremblait car elle était malade. Son esprit était malade. Un virus lui dévorait chaque espoir, chaque bonheur, chaque gaieté. Elle ne tremblait pas pour le froid. Pourtant, Asya, une fois dehors, déposa son propre gilet sur les épaules de cette inconnue. Elle pleurait car elle n'était pas seule. Son passé l'avait retrouvé. Un vent glacial venu de l'est s'était abattu ici et mettait en péril ses jours. Mais elle ne pleurait pas pour elle. Pourtant, Asya, une fois près d'elle, passa son bras autour de ses épaules, couvertes d'un gilet réconfortant, et la serra contre elle. Dylan ouvrit les yeux. Elle sentait un tout nouveau parfum chatouiller ses narines, dans la nuque de la russe, et de tous nouveaux doigts caresser ses cheveux bruns. Tout était réuni pour alléger son chagrin. La chaleur d'une présence, et le réconfort d'un cœur compatissant. L'alcool lui donnait sommeil, et le gilet la protégeait d'une brise inconfortable. Tout était réuni pour alléger son chagrin... Malgré tout, ses yeux étaient grands ouverts, braqués sur l'horizon.

Car tout était autrement : le chagrin qui la submergeait n'était pas tourné vers elle. Elle ne tremblait pas de peur d'être reconnue. Si tout la poussait à cette pensée, rien de ses faits, rien de ce qu'elle est, ne laissait entendre pareille décision.

« Vous ne comprenez pas... Asya Zubkova... » souffla-t-elle, prononçant un nom qu'elle n'était pas censée connaître. « … que si je veux rester cachée... je devrai vous tuer. »

Mêlant à ses mots des gestes contradictoires, elle glissa sa main sur celle de sa nouvelle connaissance et l'étreignit doucement, comme pour être certaine qu'elle ne la laissera pas tomber. Elle qui désirait tant être seule. Rien n'avait de sens. Les mots parlaient, les gestes aussi. Pourtant aucune parole ne concordait. Elle était un entremêlement d'oppositions, contradictions et paradoxes en tout genre. Dylan ne pensait plus. Elle n'arrivait plus à réfléchir. Elle le montrait encore ce soir. La raison l'avait-elle véritablement quittée ? Coquille vide perdue dans un désert, elle se noyait dans les sables mouvants que formaient ses émotions. C'est là, en dessous, noyé, qu'elle retrouvera la cohérence et la stabilité de sa pensée.

« Je vous ai tous fuis parce que j'avais tué. Quelque chose pourrait-il m'empêcher de réitérer ? Qui sait... peut-être qu'à force de transpercer la chair à coups de lames, j'y prendrai goût. Peut-être est-ce la solution que je recherche si désespérément... »

Puis de se coller un peu plus encore contre la jeune femme qu'elle menaçait ouvertement, sans même se rendre compte de ses mots.

« Mais vous m'en empêcherez, n'est-ce pas, Exorciste ? Oh pitié... empêchez-moi... empêchez-moi... Que je meurs ce soir, plutôt que pleurer demain... »



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Re: Un blizzard sur le désert [Asya Zubkova]
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Un blizzard sur le désert [Asya Zubkova]
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