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Khrysalis est une grande école fondé quelque temps après la seconde guerre mondiale. Construite sur une île dans les caraïbes, elle accueille les humains et les Enigma, des êtres vivant possédant des pouvoirs ou ayant une race différente des humains. Les deux races ont encore du mal à se cotoyer sans méfiance mais la directrice est bien décidé de les faire cohabiter et les aider à se respecter les uns des autres. KHRYSALIS ACADEMY
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Le monde vit des heures sombres. Peuplé d'Akumas, machines meurtrières créées par le Comte Millénaire, l'Humanité touche à sa fin. C'est là qu'entrent en scène les Exorcistes : combattant au service du Vatican, ils se dressent sur la route du Comte et du Clan Noé dans le but de ramener la Paix dans le monde grâce à l'Innocence, une arme céleste. Cette Guerre Sainte est tenue secrète aux yeux du Monde : pour la comprendre, il faut prendre part au combat...Lire le contexte complet
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 « Pourquoi te sens-tu menacé par ceux qui sont différents de toi ? » [Pv. Jane A. Oakley]

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« Pourquoi te sens-tu menacé par ceux qui sont différents de toi ? » [Pv. Jane A. Oakley]
Dim 27 Déc - 0:59

Cage


" Un seul oiseau en cage la liberté est en deuil.” "


L'hiver arrive, il fait plus aussi chaud qu'avant, les oiseaux ont commencé à partir, je les vois dans le ciel, tout haut. Les feuilles ont commencé à tomber, et eux, et eux ces monstres, ils font rien pour se protéger. Ils font pas de provisions, ils font rien, ils continuent d'aller et de venir, comme ça. Mais s'ils ne font rien, on va tous mourir, on va jamais avoir assez à manger, surtout vu la taille de la meute. Ils ont peut-être un garde-manger caché, quelque chose comme les écureuils, à moins qu'ils ne chassent comme les loups, ou n'hibernent comme les ours. Et moi, alors ? Si je reste là, je vais mourir. L'hiver va arriver, et je serai là, dans cette forêt de fer et de couleur, et je pourrais pas partir. Je veux partir. Je veux rentrer. Je veux partir, vite. Encore plus aujourd'hui, maintenant. Maintenant !


Aujourd'hui, les températures avaient quelque peu chuté en ce paisible mois de Octobre, annonçant l'arrivée imminente de l'hiver, qui laisserait bientôt place à la neige et au froid ; quand bien même l'automne avait à peine débuté depuis un mois. Pourtant, l'enfant sauvage captif depuis de longs mois avait eu l'occasion de voir son environnement changer et ce, malgré les déplacements fréquents orchestrés par le cirque de monstres. Même s'ils voyaient autour du cœur de l'Europe, la nature, elle, changeait et évoluait presque de la même façon partout. Les feuilles tombaient, les arbres devenaient oranges, les pluies se faisaient de plus en plus fréquentes, et les nuits étaient plus fraiches que jamais. Tous ces facteurs ne faisaient que rendre la Bête plus irritable que jamais, et même s'il s'était montré plus docile au fil du temps - et des coups - il fallait avouer que ces derniers temps, il était redevenu aussi sauvage que lors de son arrivée dans sa prison de fer.

La pluie et le froid le rendaient tendu, nerveux, mais surtout, terriblement envieux de quitter cet endroit au plus vite. Les jours de pluie, il avait cherché à creuser la terre boueuse pour s'enfuir, à s'arracher son collier de fer avec plus d'intensité, et avait même une fois coincé sa tête entre deux barreaux de sa cage ; et ça, ce n'était que des exemples parmi tant d'autre.

En cette journée grise, la Bête était sur ses gardes, attendant avec impatience d'être attaché dehors pour trouver un moyen de s'enfuir, de trouver un endroit où passer l'hiver ; mais pas ici, pas dans cette cage froide sans plantes ni gibier. Une fois les pieds et les mains dans l'herbe mouillée et sa chaine attachée à l'une des roulottes, le petit homme sentit quelques gouttes de pluie venir s'écraser sur son nez, ainsi que dans ses cheveux ; le faisant secouer la tête avant d'éternuer. L'eau était froide, beaucoup trop pour cette période de l'année. La saison des neiges risquait d'être froide, et il devait retrouver sa meute - qui exactement ? - pour réussir à survivre. Sans eux, et au milieu de ces créatures étranges, il ne ferait pas long feu. Il devait vivre, il ne pouvait pas se laisser mourir comme ça ! Pourquoi ? Parce que son instinct le lui dictait, faisait battre son cœur à vivre allure, bien plus que d'habitude.

Prit d'un coup de génie - à moins que ce ne soit l'adrénaline qui ait dicté ses gestes - l'enfant-sauvage profita de la fenêtre ouverte de la roulotte pour grimper d'un coup sur la façade de cette dernière, le tout en faisant crisser les mailles de sa chaine dans un vacarme monstre. Lorsque ce son arriva aux oreilles des gens du cirque, le petit homme avait déjà réussi à grimper sur le toit, le collier toujours relié à sa chaine. Comme un beau diable, il avait déjà tiré sur sa chaine pour tenter de la faire casser, ou de réussir à passer sa tête au travers du collier ; mais rien n'y faisait. Il était trop petit et trop faible, et ses entraves, elles, assez tenaces pour tenir tête à des animaux sauvages.. alors face à lui, elles ne faisaient que tinter et s'entrechoquer.

Toutefois, malgré cette résistance et cette sécurité, le directeur du cirque ne fut pas rassuré de voir l'une de ses attractions phares vouloir prendre la poudre d'escampette.

" Descend de là ! " pesta-il de sa voix de contrebasse éventrée.

Surprit dans sa tentative de fuite, la Bête finit par poser son regard furieux en direction de ses spectateurs, beaucoup trop nombreux à le fixer de leurs visages menaçants pour ne pas céder à la panique plus encore ; alors, il redoubla d'efforts pour faire céder sa chaine, mais finit par sentir d'un coup le sol se dérober sous ses pieds. On venait de le ramener d'un coup sur terre, dans un sinistre craquement et crissement : le tenancier avait tiré sur ses liens, le faisant tomber du haut de sa roulotte en plein sur l'une de ses pauvres petites jambes. Des mauvaises chutes, le petit homme en avait fait des tas, mais les avait toujours vues venir, et s'en était - plus ou moins - toujours bien sorti. Mais là, ainsi prit de court, il avait été dans l'incapacité de se rattraper.

Et tandis que la douleur lui montait à la tête, sa jambe, elle, ne répondait plus.


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Re: « Pourquoi te sens-tu menacé par ceux qui sont différents de toi ? » [Pv. Jane A. Oakley]
Mer 30 Déc - 22:31
“ Petit Homme ”
Des aventures, Jane en avait vécu beaucoup avant d'arriver jusqu'ici. Londres, Amsterdam, Paris étaient de villes qui avaient laissé en sa mémoire un souvenir indélébile. A vrai dire, ce n'était pas tant la ville — bien qu'elles aient chacune leur charme et leur lot de merveilles — que les personnes qu'elle y avait rencontrée, qui l'avaient marquée. Pourtant, aucune ne l'avait préparée à la bouleversante rencontre qu'elle ferait ce jour-là.

A l'aube des destins croisés ; Jane avait quitté la France pour l'Allemagne, et plus précisément la ville de Berlin. Elle avait entendu parler, quelques jours plus tôt ; d'une petite troupe de cirque qui s'établissait dans cette ville pour quelques temps. Et bien que ce genre de divertissements et Freak Show soit courant et populaire aux Etats-Unis ; elle n'avait jamais eu l'occasion d'assister à l'un d'eux. C'était l'occasion aujourd'hui de réparer cette erreur ; quand bien même elle n'avait aucune idée de ce dont il pouvait bien s'agir. Elle avait entendu des témoignages, vu quelques affichettes... Mais rien d'assez consistant pour étancher son insatiable curiosité.

Habillée d'un épais manteau — il avait bien fallu qu'elle s'adapte au climat européen et, quand bien même c'avait été difficile ; elle y était enfin parvenu et savait prévoir ses tenues en fonction du climat journalier — qui la protégeait du froid ; elle déambulait paisible dans les rues de la ville, promenant son regard sur les bâtiments si particuliers de l'architecture allemande. Elle rapportait régulièrement son regard sur le petit papier qu'elle tenait entre ses mains couvertes ; sur lequel figurait quelques prises de notes qui lui indiquaient notamment où s'établissait le campement du cirque. Malgré son bagou et son aisance naturelle à entamer des discussions ; elle avait toujours un petit pincement au cœur lorsqu'elle se heurtait à la réalité de sa situation : elle ne savait parler que sa langue maternelle et culpabilisait lorsqu'elle voyait le monde environnant parler la sienne ; alors qu'elle ne comprenait pas un mot des pays qu'elle visitait. Le manque d'apprentissage dont elle avait souffert — puisqu'elle n'avait jamais été scolarisée — se faisait ressentir, désormais : fini les travaux manuels au sein d'une ferme isolée ; ici il fallait un minimum de savoir pour vivre et travailler. Elle remerciait le ciel de ne pas être à cours d'argent ; et d'avoir fait de l'anglais une langue universelle...

Lentement mais sûrement ; ses pas la conduisaient vers le lieu convoité : de loin déjà ; elle pouvait apercevoir les premières couleurs des installations de la troupe, d'où s'élevaient plusieurs voix ponctuées de quelques rires. C'est également à ce moment là qu'elle sentit quelques gouttes de pluie s'écraser sur ses joues froide ; la faisant frissonner tout en rabattant des pans de son écharpe sur sa tête.

« J'm'y ferai jamais. » fit-elle pour elle-même en claquant brièvement des dents ; à propos de la météo bien trop changeante des pays européen. Le soleil de plomb du Far-West lui manquait...

Le bruit de lourdes chaines que l'on traîne et que l'on cogne à du métal se fit entendre ; tirant la blonde de ses tendres souvenirs de chaleur. Son attention fut aussitôt attirée par la source de vacarme : une roulotte non loin de là, appartenant probablement à la compagnie du cirque ; de laquelle semblait s'échapper un... animal ? Encore trop loin pour bien voir, et la vision brouillée par la pluie qui s'intensifiait ; elle cru d'abord un petit singe ou à l'un de ses animaux exotiques venus du sud des Amériques et qui faisaient fureur auprès des riches particuliers.

« Descend de là ! » cria une voix masculine ; manifestement mécontente à l'idée que l'un de ses petits protégés ait décidé de se faire la malle. La réflexion fit sourire la blonde : on n'arrêtait ni la vie, ni la liberté.

Au fur et à mesure qu'elle approchait — et qu'elle plissait le regard pour mieux voir ce qu'il se passait — elle distingua pas une mais plusieurs personnes agglutinées devant la roulotte ; au dessus de laquelle s'agitait le pauvre animal effrayé. La scène, qui lui plaisait de moins en moins ; la mit en colère lorsqu'elle vit le traitement inhumain que l'on infligea au petit fuyard : celui qu'elle imaginait déjà comme être le tenancier tira brusquement sur les chaines pour les rabattre vers lui, emportant avec elles le pauvre malheureux qui chuta lourdement sur le sol.

La suite ; Jane se fit plus discrète pour l'observer, ne désirant pas s'attirer les foudres d'un gérant déjà suffisamment de mauvaise humeur comme ça — d'autant que la pluie et le froid ne devaient rien arranger. Elle vit que l'on ramenait l'animal dans sa cage, non sans que ce dernier ne proteste vivement en s'agitant de toutes les maigres forces dont disposait son petit corps frêle. Puis il fut placé — presque jeté — à l'intérieur de celle-ci sans plus d'égard ; suite à quoi il tomba sur le cirque un étrange silence, comparé aux cris qui y résonnaient quelques instants plus tôt.

Lorsqu'elle fut sûre que chacun était retourné à ses occupations, et que personne ne traînait dans le coin ; Jane vint visiter les installations en se faisant passer pour un visiteur lambda, qui n'avait aucunement été témoin de ce qu'il venait de se produire. Elle repéra bien vite la cage où l'on avait enfermé le petit singe, et s'en approcha doucement ; soucieuse de ne pas l'effrayer plus qu'il ne devait déjà l'être.

Ses yeux s'écarquillèrent de surprise devant ce qu'elle vit. Il lui fallut se frotter les yeux trois fois pour être sûre que sa vue ne lui jouait pas un tour ; avant d'être véritablement horrifiée parce qu'il y avait devant elle : recroquevillé sur lui-même, dans une position si animale que l'on peinait à le voir autrement ; il s'agissait pourtant bien d'un enfant qui se tenait dans la cage. La mine fatiguée, bien trop maigre et trop peu vêtu pour le temps qu'il faisait ; il semblait en proie une forte douleur, telle qu'elle avait le sentiment qu'il pouvait s'évanouir d'un instant à l'autre. Son regard se posa alors sur ce qui était visiblement la source de sa souffrance : l'une de ses jambes prenait d'ores et déjà une drôle de couleur, sans parler du gonflement tout autour.

Choquée, abasourdie et à la fois révoltée ; l'américaine ne sut pas immédiatement comment réagir. Il lui fallut plusieurs secondes pour revenir à elle, durant lesquelles elle fixait, horrifiée, le petit être souffrant devant elle. Puis elle reprit ses esprits, et s'approcha aussitôt de la cage, posant ses mains sur les barreaux froids.

« Hey... petit ? » appela t-elle doucement. « N'aies pas peur, je ne te ferai aucun mal. Comment t'appelles-tu ? Que fais-tu ici ? » lui demanda t-elle alors, ignorant parfaitement qu'elle avait affaire à un enfant sauvage, qui ne savait par conséquent par s'exprimer.

Dans sa tête fusaient déjà mille et une façon de le tirer de là ; de l'arracher à ce cirque qui n'avait apparemment aucun scrupule à garder un enfant captif derrière des barreaux. Où allait le monde ? Elle n'en croyait pas ses yeux. Elle avait été tellement loin de s'imaginer pareilles horreurs, en quittant ses terres natales...

N'obtenant aucune réponse ; lui vint à l'idée de lui tendre un morceau du croissant qu'elle gardait précieusement emballé dans son sac. Elle le sortit, en arracha un petit bout et, passant son bras à travers la cage, le lui tendit.

« Tu as faim ? Tiens, attrapes, p'tit bonhomme. » lui souffla t-elle. « Je... J'vais te sortir de là mon p'tit. »

Comment ? Elle n'en avait aucune idée. Mais ce petit homme, tout animal qu'il était ; avait besoin d'aide et de soins : et elle comptait bien les lui fournir, d'une façon ou d'une autre.

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Re: « Pourquoi te sens-tu menacé par ceux qui sont différents de toi ? » [Pv. Jane A. Oakley]
Mer 30 Déc - 23:11

Blessure


" Attendre, espérer... le silence... si dure torture, si grande blessure. "


Je veux pas descendre, je veux pas retourner là-dedans, je veux pas rester ici ! Je veux retourner dans la forêt, chez moi, pas ici, je veux pas rester, je peux pas ! Je vais pas survivre si je reste là, alors il faut que je parte. Mais ils m'ont entendu, à cause de ce truc autour de mon cou qui me gratte et me fais mal, ce truc fait beaucoup trop de bruit ! A chaque fois que je bouge, on m'entend, alors là, ils ont tout entendu et tout vu. Mais j'ai beau tirer encore et encore, ce piège ne veut pas casser. J'ai l'impression d'être enfermé comme les lapins qu'on chassait, et j'ai peur, peur qu'ils me dévorent ou me laissent mourir de faim ou de froid. Alors j'aimerai que ce truc casse, il faut qu'il se casse ! Mais c'est moi qui finit cassé, à cause d'eux.


Lorsque son corps rencontra le sol, l'enfant sauvage ne put se retenir de pousser un cri étouffé et s'il ne se rendrait compte de son état qu'un peu plus tard, ça ne l'empêchait pas d'avoir mal, terriblement mal même. Ce n'était pas comme lorsqu'il avait mangé des mauvais champignons ou qu'on l'avait forcé à vomir à cause de baies empoisonnées, ce n'était même pas comme lorsqu'il s'était cogné la tête en glissant d'un rocher ; là, c'était indescriptible. Même s'il ne pleurait pas d'ordinaire, là, de douloureuses larmes ne purent s'empêcher de perler aux coins de ses yeux, et cela n'avait aucun rapport avec une réaction qu'un autre enfant aurait pu avoir : les autres pleuraient à chaudes larmes dés qu'ils étaient contrariés ou avaient un petit peu, là, chez lui, elles s'étaient mises à couler toutes seules, juste à cause de la douleur qui l'avait prit de court.

Pourtant, malgré ça, il ne se laissa pas faire pour autant. Lorsqu'on commença à le trainer au bout de sa chaine sans qu'il ne puisse trouver le moyen de se relever, la Bête se mit à hurler et à se débattre dans tous les sens, au point de se blesser avec sa propre chaine. Durant ces longues secondes, il chercha malgré tout à se remettre à quatre pattes, pour essayer d'opposer plus de résistance encore, mais rien n'y faisait : il ne parvenait pas à rester " debout " comme il le faisait d'habitude. L'une de ses jambes ne répondait plus, ou alors, beaucoup trop pour qu'il ne puisse supporter ça. Pourtant, il retenta, encore et encore, criant de plus belle à s'en arracher les poumons, mais rien n'y fit. Comme un vulgaire sac, il fut jeté avec sa chaine et sa patte en vrac dans sa cage ; poussant un énième cri par la même occasion.

Plus en colère que jamais, l'enfant sauvage n'attendit pas un instant pour se redresser en grognant, prêt à se jeter contre les barreaux de sa cage pour essayer d'attaquer cette homme qui s'éloignait et qui l'avait blessé.. mais encore une fois, il ne fit rien. Son corps se déroba sous lui lorsqu'une sorte de vive décharge électrique le traversa de la jambe gauche à la tête. Puis il chercha à se relever, retomba, retenta, tomba encore, puis essaya, encore et encore, avant de finalement capituler après de nombreux essais ratés. Terrifié, le cœur battant à mille à l'heure, haletant et l'écume aux lèvres, la Bête ne tarda pas à se recroqueviller sur lui-même, comme l'animal blessé qu'il était. Il ne comprenait pas, sa jambe lui faisait mal, il n'arrivait plus à marcher.. Allait-il mourir ?

Cette pensée quitta bien vite son esprit lorsque du bruit se fit entendre autour de sa cage. Prostré, l'enfant resta tout d'abord silencieux, toisant d'un regard courroucé la jeune femme qui avait eut l'audace de s'approcher de lui. Ce n'était pas une des habitantes du cirque, ou alors peut-être que si, il ne savait pas, n'avait pas envie de savoir ; de toutes manières, il n'avait envie de voir personne, pas même l'autre blonde qui lui avait ramené des pommes. Même si son frère s'était présenté à lui à cet instant là pour lui tendre la main, il lui aurait sans doute réduit le bras en charpie. Tout le monde était logé à la même enseigne.

Alors, quand la jeune femme se mit à parler, l'enfant ne bougea pas, se contentant de planter son regard embrumé et humide dans le sien ; par pur défi, bien sûr. Puis là, elle eut la mauvaise idée de passer son bras dans sa cage.

" Sortir " fut le seul mot qu'il comprit.

Sortir ? Il avait désormais peur de sortir, peur d'avoir de nouveau mal, peur de tomber, d'être encore plus cassé qu'il n'était déjà ; alors lorsqu'il entendit ce mot, l'enfant sauvage tressaillit, mais ne put s'empêcher de se redresser. Sur le coup, il ne fit rien, faisant de son mieux pour tenir juste sur ses mains, les jambes étendues derrière lui, puis, d'un coup, il se redressa pour tenter de marcher tout en grognant ; et bien sûr, il s'écroula par terre. Encore plus en colère et terrifié, il se redressa en faisant crisser ses chaines, le regard animé d'une lueur mauvaise.

Il n'avait pas la force d'attaquer, mais était suffisamment prêt pour arracher la nourriture des mains de la blonde ; la jetant à l'autre bout de sa cage, sans vouloir la manger, griffant au passage la main de sa proie, avant de plonger son regard dans le sien.

" Graaaaaaaaaaaaaaaaah ! " hurla-t-il à l'inconnue.

Après ce cri, la Bête resta là, le souffle court, la poitrine se soulevant et s'abaissant rapidement, tandis que de petites larmes continuaient de couler sur ses joues crasseuses. Il n'y avait jamais eu autant de peine et de souffrance que dans ce cri là ; celui d'un animal poussé dans ses pires retranchements, à l'agonie.



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Re: « Pourquoi te sens-tu menacé par ceux qui sont différents de toi ? » [Pv. Jane A. Oakley]
Lun 4 Jan - 16:57
“ N'aies crainte ”
Le petit être semblait ne pas la comprendre et, à vrai dire ; Jane n'en était pas plus étonnée que cela. Après tout, ce n'était qu'un enfant — bien jeune de surcroît — ; c'était tout juste s'il était suffisamment grand pour savoir parler sa langue maternelle. Encore fallait-il qu'il ait bénéficié d'une éducation, ce dont la fermière doutait largement au vu du comportement animal qu'il avait. Et quand bien même c'était le cas ; il n'avait aucune raison de savoir comprendre et parler l'anglais, alors que le cirque était établi en Allemagne. A moins, songea t-elle ; qu'il s'agissait d'une troupe ambulante qui s'arrêtait là le temps de quelques affiches. Ça lui revenait en mémoire, à présent : les dirigeants du cirque avaient parlé anglais. L'enfant était donc, au minimum ; au moins capable d'assimiler quelques mots basiques — les ordres, sans doute. Ça l'attristait, la révoltait. Mais ce qui la touchait davantage ; c'était le petit corps tressaillant du garçon, qui exprimait une douleur telle qu'il n'avait ni la force ni l'envie de saisir la nourriture qu'elle lui tendait. Il souffrait, et avait probablement peur ; incapable de s'expliquer pourquoi sa jambe ne lui obéissait plus. Jane, elle ; en avait une petite idée.

Avant qu'elle ne puisse tenter quoique ce soit d'autre, un éclair de rage et de détresse passa dans les yeux de l'enfant qui, grognant toute sa colère, avait tenté de se lever — sans succès, puisqu'il était impitoyablement retombé sur sa jambe meurtrie. Il y avait dans son regard cette incompréhension mêlée à la peur — à la terreur, même — si typique des animaux blessés et acculés. Et à la fois terriblement humain. Elle sentait son cœur se serrer un peu plus à chaque seconde qu'elle plongeait ses prunelles dans les siennes.

La prenant de court, il arracha violemment la nourriture qu'elle lui tendait, ce qui lui valut une belle griffure sur la main ; qui lui fit lâcher un juron au passage.

« Graaaaaaaaaaaaaaaaah ! » s'époumona t-il, de toute l'agonie qu'il éprouvait.

Un cri qui fendit le cœur de la blonde, alors que le petit être, à bout de souffle — comme s'il avait mis toute l'essence de sa vie dans ce hurlement — peinait à calmer sa folle respiration. Ce qu'elle vit alors acheva de lui briser le cœur : il pleurait. Des larmes qui traçaient des sillons humides sur ses joues sales ; des larmes qui exprimaient tout le désespoir, toute la désolation et le chagrin qu'il éprouvait.

« Shhh... » fit l'américaine, en essayant de prendre l'air le plus rassurant possible. Avec hésitation, elle lia les gestes à la parole, pour mieux lui faire passer le massage qu'elle voulait lui transmettre. « Je ne te ferai pas de mal. » Elle se désigna du doigt, puis ajouta : « Je, suis Jane. » Puis elle désigna l'enfant. « Tu, ... » Elle hésita, songeuse. « ... es Beastie ? »

Comment l'appeler autrement ? Il avait l'air d'une bête sauvage. Le nom lui était venu naturellement, sans qu'elle n'ait à y réfléchir. De toute façon, elle n'avait pas la tête à ça — elle voulait simplement trouver un moyen de lui venir en aide. C'est alors que la solution lui apparut comme une évidence ; alors qu'elle avait jusque là trop craint d'y penser : ne lui manquait qu'un peu de courage, qui ne lui avait pourtant jamais fait défaut. Il n'y avait pas grand chose qui effrayait la cow-girl ; et l'avis des gens faisait partie de ces choses dont elle se moquait éperdument. Et garde à eux si ceux-là daignaient lui reprocher quoique ce soit : l'on parlait de maltraitance — de séquestration, même —, elle ne laisserait pas les coupables s'en tirer si bien si l'un d'eux lui faisait la moindre réflexion. Elle aussi avait, à sa façon ; des crocs et des griffes capables de blesser. Bien plus hargneux, bien plus acerbe que l'enfant sauvage.

Elle se leva alors et, prudemment, lentement — pour ne pas effrayer le garçon — elle alla vers le côté de sa cage ; fermée par un simple mécanisme et une planche de bois. Debout face à la porte, elle ôta l'un et l'autre verrouillage avec le plus de discrétion possible ; afin de ne pas être vue. L'idéal était encore de pouvoir s'enfuir d'ici avec l'enfant, et de l'apporter le plus rapidement possible à l'hôpital ou au dispensaire le plus près qui lui donneraient les soins nécessaires.

Encore fallait-il qu'il se laisse attraper.

Elle ouvrit lentement la porte, sans geste brusque, et pas assez pour qu'il puisse filer droit vers la sortie : il était certes incapable de marcher ; mais le désir absolue de liberté donnait parfois suffisamment d'adrénaline pour pousser à un ou deux miracle. Et le voir lui filer entre les doigts n'était pas forcément l'un de ceux auquel elle voulait assister. Elle passa donc prudemment la tête dans la petite ouverture qu'elle maintenait et ; constatant qu'il ne semblait pas bouger — sans doute avait-il du mal à se remettre de ses émotions, ou bien la douleur se faisait plus forte —, se décida à l'ouvrir un peu plus franchement. Elle s'accroupit, pour se mettre à la hauteur de l'enfant. Elle ne voulait pas paraître plus grande, ni lui donner l'impression de vouloir le dominer. Elle était son égal. A nouveau, elle tendit sa main.

« Là, là... Je ne te veux aucun mal. » répéta t-elle. « Jane veut t'aider. Te soigner. » Elle était persuadée de mal s'y prendre, mais voulait néanmoins tenter tout ce qu'il y avait à tenter — avant de recourir à la force, peut-être. « Tu me laisserais entrer, dis ? » souffla t-elle, en mimant de s'approcher un peu. « S'il te plait. »

Ce qu'elle pouvait avoir envie de lui arracher ces chaines trop lourdes qu'il portait...

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Re: « Pourquoi te sens-tu menacé par ceux qui sont différents de toi ? » [Pv. Jane A. Oakley]
Lun 4 Jan - 17:56

Peur


" Tout est bruit pour qui a peur. "


Je comprends pas ce qu'il se passe, je comprends pas pourquoi ma jambe me fait mal comme ça, si même pourquoi je ne peux plus marcher. Si je ne peux plus marcher, ni fuir, je vais mourir. On ne peut pas survivre si on ne peut plus marcher, et on meurt, comme les animaux dans la forêt qui ont fait une mauvaise chute. Moi je me souviens, de ce faon qui avait la patte tordue, et qui était tout seul, bloqué dans sa clairière. Lui non plus, il ne pouvait plus marcher, il ne pouvait plus fuir. On l'avait regardé, avec mon frère. Au début, les autres étaient restés avec lui, mais quand ils ont fini par comprendre qu'il ne marcherait plus, ils sont partis. Il est resté seul, et il est mort, on l'a mangé. Moi aussi je suis tout seul, et je ne peux plus marcher. Est-ce que je vais mourir comme lui ? Est-ce qu'elle va me dévorer, elle ?


Le souffle court comme s'il avait fait une longue course dans la forêt, l'enfant sauvage avait alors planté son regard terrifié et hargneux dans celui de la jeune femme, dés l'instant où son cri de rage avait déchiré l'air. Au sein du cirque, ce n'était pas la première fois qu'il hurlait comme ça, même si ses accès de colère s'étaient calmés depuis que les lunes avaient passé. Au début, il suffisait que quelqu'un passe devant les barreaux cage pour que l'enfant ne se mette à hurler, le tout planqué dans l'un des coins de sa prison. Pouvait-on dire qu'ils avaient réussi à l'apprivoiser ? Pas vraiment. Disons qu'il avait un peu moins peur d'eux, ou avait ; car depuis ces dernières minutes et cette chute vertigineuse pour un petit comme lui, la terreur habitait de nouveau son corps. Voilà pourquoi il avait hurlé, hurlé à s'en faire mal à la gorge et aux poumons ; comme si cela avait pu changer quelque chose, et que son frère finirait par venir le sauver. Mais il n'en fut rien.

Face à ce cri et cet animal blessé, la jeune femme finit par entendre le son de sa voix, tandis que la Bête, lui, continuait de la toiser avec défi mais également avec crainte. Elle semblait prendre un tout doux, différent des autres au sein du cirque, bien différent même ; et pourtant, il ne comprenait strictement rien à ce qu'elle disait, malgré ses gestes. Vraiment ?

" Beastie ? " parvint-il malgré tout à saisir.

Sur le coup, l'enfant sauvage sembla se détendre légèrement.. l'espace d'un moment très court. Ce mot, on aurait dit son nom, celui que les gens utilisaient pour l'appeler ; il l'avait compris, ça, à force. Mais là, c'était différent. Cela ressemblait à son nom, mais ce n'était pas tout à fait ça. Et pourtant, la jeune femme le pointait du doigt : ça devait être lui, alors, son nom. Allez savoir, il n'en était pas certain au fond, quand bien même ces doutes l'avaient poussé à pencher légèrement la tête de côté.

Toutefois, la situation ne tarda pas à se renverser une nouvelle fois lorsque la blonde se mit à bouger ; faisant reculer l'enfant d'un pas tout en grimaçant et en grognant. Que faisait-elle ? Allait-elle partir et le laisser à son triste sort ? C'était sans doute le mieux à faire, car comme ça, elle ne s'en prendrait pas à lui, ne lui ferait aucun mal, ne chercherait pas à le dévorer. D'ailleurs, est-ce que ces hommes hauts en couleur mangeaient-il réellement des petits comme lui ? Ils étaient différents, peut-être pas de la même espèce que lui, alors il y avait des chances. Le petit homme ne les avait jamais vu manger des créatures comme lui, peut-être parce qu'ils mangeaient différentes viandes, tout comme les loups chassent les cerfs, les sangliers, et même parfois les lapins. Il ne savait pas s'il risquait d'être dévoré ou abattu par cette inconnue, mais son instinct animal, sa bestialité le poussait à rester vigilent ; à moins que ce ne soit tout simplement la douleur qui le poussait à être aussi méfiant. Sans doute était-ce un peu de tout.

Malheureusement, l'angoisse dans le regard de l'enfant ne disparut pas lorsque son interlocutrice - pouvait-on réellement l'appeler ainsi ? - se décida à ouvrir la porte de sa forêt de fer. Interloqué, mais surtout terrifié, la Bête ne bougea pas, les yeux encore larmoyant et la poitrine continuant de se soulever à intervalles réguliers. Elle ouvrit tout d'abord la porte, un petit peu, avant d'élargir l'entrée, puis de se mettre à sa hauteur, toujours à l'extérieur de la cage. A nouveau, elle parla et lança quelques mots à l'enfant sauvage, que cette fois-ci il ne comprit pas du tout. Il n'avait aucune idée de ce que voulait dire aider, ou soigner, ni même encore s'il te plait. Alors, quand la jeune femme passa sa main dans sa cage, la petite créature ne put qu'avoir un nouveau mouvement de recul ; le tout en faisant crisser ses chaines et en grognant.

Le cœur battant la chamade, l'enfant sauvage profita alors de cet instant de battement pour frotter mollement ses yeux et son nez de son poing - séchant ces larmes qu'il n'avait pas souhaité voir couler - avant de jeter un regard derrière lui. Il n'y avait pas beaucoup de place entre lui et le mur de sa cage, et l'inconnue, elle, était beaucoup trop proche de lui avec sa main tendue. Alors, ce fut en laissant trainer sa jambe derrière lui - car il avait enfin comprit qu'il ne pouvait prendre appui dessus - et en gardant son regard porté vers la blonde qu'il se mit à marcher, clopin-clopant, à quatre pattes, tout ça pour prendre le plus de distance possible avec elle.

Une fois dos au mur, la Bête sembla de nouveau plus rassuré, même s'il avait toujours aussi mal - si ce n'était encore plus qu'avant - et que la peur continuait de faire battre son cœur à toute allure.

" S.. Sortir. " fit-il d'une voix tremblante.

Il ne connaissait pas le mot pour dire rester, alors, il s'était contenté de dire le seul dont il se souvenait vis-à-vis de sa cage ; et pour montrer la négation, l'enfant secoua alors la tête. Au fond, il aurait sans doute voulu lui faire comprendre qu'il risquait de mourir s'il sortait, mais il en était incapable. Était-il vraiment en sécurité dans cette cage ? Non, mais ça le protégeait des prédateurs.. mais pas d'elle, elle qui avait ouvert la porte, qui risquait de le tuer. Dire qu'il y a quelques minutes à peine, tout ce dont il avait envie était de quitter cette cage et de s'enfuir d'ici ; désormais, tout semblait avoir changé.

Seule la peur habitait sa tête et ses pensées.



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Re: « Pourquoi te sens-tu menacé par ceux qui sont différents de toi ? » [Pv. Jane A. Oakley]
Lun 4 Jan - 20:23
“ Je suis là ”
Jane lui faisait peur, elle le sentait bien. Elle le voyait à ces yeux qu'il cherchait désespérément à faire paraître mauvais et menaçants ; mais dans lesquels elle ne lisait que de la peur. Elle le voyait à ce poitrail à la fois trop maigre et trop musclé, qui s'élevait et s'abaissaient au rythme irrégulier d'une respiration saccadée, imprécise. Elle le voyait à ces larmes insoutenables qui continuaient de rougir son regard, mais aussi à cette position de défense qu'il tentait de prendre malgré lui — malgré la blessure, et la douleur. Jane savait tout ça — qu'il était terrorisé ; et qu'elle y était pour beaucoup. Mais elle ne pouvait simplement pas se résoudre à l'abandonner à son triste sort ; quand bien même il fallait pour cela lui infliger quelques frayeurs. C'était pour son bien. Sans doute ne le comprenait-il pas, sans doute ne le comprendrait-il jamais ; il lui en voudrait alors à vie, persuadé qu'il était qu'elle ne lui voulait que du mal. Et cette méfiance exacerbée la peinait, mais la faisait également se poser de nombreuses questions sur les traitements qu'il pouvait bien recevoir, ici ; prisonnier dans cette cage de fortune. Qu'avait-il traversé pour se montrer si défiant, si farouche à l'égard des hommes ? Il était pourtant l'un d'entre eux — bien qu'il semblait l'ignorer.

De réflexion en réflexion, Jane y voyait un peu plus claire. Les raisons de son enfermement, et pourquoi il n'était pas traité comme un enfant, mais comme une bête sauvage : parce qu'il en était une, au fond. Tout dans son comportement faisait écho au règne animal ; que ce soit dans sa façon de se mouvoir, de regarder autour de lui, de réagir au moindre son ou de n'avoir en guise d'expression que des grognements. Elle comprenait, désormais : il était une véritable bête de foire, un phénomène curieux — celui d'un être humain qui se comportait en bête créature indomptée —, une anomalie, une aberration peut-être ; qui prêtait sans doute à rire par sa singularité. En vérité, tous riaient de ses souffrances ; et l'idée qu'une telle chose soit permise révoltait profondément la blonde. Quel monde pouvait se prétendre juste et équitable, lorsqu'il était le théâtre de telles atrocités ? Un tel monde, songeait-elle ; ne méritait même pas d'exister.

Il existait pourtant, et elle en faisait partie. Lui aussi. Né du mauvais côté de la barrière ; condamné à ce que l'on se joue éternellement des instincts primaires qu'il avait sans doute acquis par l'absolue nécessité de survivre. Elle n'osait imaginer les malheurs qu'il avait enduré avant d'atterrir ici ; mais ne parvenait pas non plus à trouver sa situation actuelle reluisante ou bénéfique. Cet petit être, coincé entre deux mondes ; n'avait en réalité besoin ni de l'un ni de l'autre. Il lui fallait une famille, une éducation, une instruction mais surtout ; il avait besoin d'amour et de protection. De tendresse aussi — il semblait tellement en manquer. Avait-il connu n'était-ce qu'un jour la chaleur d'une étreinte maternelle ? La douceur d'un rire partagé ? Il n'en donnait pas l'air. A vrai dire, il ne donnait l'air de rien d'autre qu'une créature perdue, effrayée et souffrante ; cherchant par tous les moyens à échapper à une mort qu'elle ne lui apportait pourtant pas.

Ses gestes pourtant confirmèrent ses craintes. Après s'être grossièrement débarrassé de ses larmes, d'un poing écrasé contre ses yeux et son nez ; il jeta un regard derrière lui. L'américaine comprit aussitôt ce qu'il voulait faire, et afficha un triste sourire. Ce spectacle était écœurant, son cœur ne le supportait plus. Elle voulait le prendre contre son cœur et s'enfuir avec ; l'emmener loin de cette prison de fer qui le protégeait ni du vent ni de la pluie. Lui faire une place chaude et chaleureuse au creux de ses bras, le bercer avec tout l'amour qu'elle était capable d'éprouver en dépit de sa bonhomie et de ses manières qui manquaient trop souvent d'élégance et de délicatesse. Elle restait une femme ; une femme qui avait versé suffisamment de larmes pour savoir à quel point l'amour d'une mère était essentiel — indispensable, irremplaçable. Personne ne pouvait prétendre s'en passer — et certainement pas un enfant, tout animal qu'il était.

Elle s'y était attendue, aussi ne fut-elle pas surprise de le voir s'appuyer contre le mur de sa cage, après avoir traîné sa jambe douloureuse ; sur laquelle il avait enfin cessé de prendre appui. Rassuré par le vide qu'il avait comblé dans son dos — quand bien même l'assurance n'était qu'illusoire, acquise par défaut — il offrit à la blonde le tout premier mot qu'elle l'entendit prononcer.

« S.. Sortir. »

Sa voix était fébrile, tremblante ; bien loin de la bête féroce qu'il cherchait à feindre. Il allia les mots à la parole, et fit non de la tête ; comme pour signifier à l'américaine qu'il ne voulait pas sortir. Ça, elle était au moins en mesure de le comprendre. Ce qu'elle ne s'expliquait pas, en revanche ; c'est pourquoi il tenait tant à rester ici, alors que ce lieu semblait être la cause de tous ses malheurs. Craignait-il de mourir de faim, tout blessé qu'il était ? Ou bien était-ce la pluie battante, qu'il redoutait si fort ?

Un coup de vent qui souffla à ce moment là la fit frémir ; et lui fit prendre par la même occasion conscience que l'enfant était, lui, bien trop peu vêtu. L'épais manteau qu'elle portait semblait soudain lui aller bien moins bien à elle qu'à lui ; qu'elle imaginait déjà blottit, emmitouflé à l'intérieur, profitant de la chaleur qu'elle y avait laissé. Il était souffrant — et sa jambe, enflée, commençait à prendre de drôles teintes — ; aussi ne pouvait-elle pas se permettre de prendre le risque de le voir tomber malade. A un âge si jeune, les pneumonies et les infections respiratoires étaient mortelles — et passer une journée sous la pluie et le froid restait encore la meilleure façon d'en attraper. S'il lui arrivait malheur, Jane ne se le pardonnerait jamais. Elle était déjà bien trop impliquée — n'était-ce qu'émotionnellement — dans l'histoire du petit garçon pour accepter qu'un tel destin l'attende.

Non. Elle voulait lui promettre de grandes choses. Des choses qui émerveilleraient ses yeux d'enfants ; là où il ne voyait pour l'instant qu'un monde fait d'inévitables dangers.

Sans plus attendre, elle entra dans la cage, tout en restant suffisamment penchée pour ne pas paraître trop imposante ; et en posant toujours un regard affectueux sur le petit être effrayé. Elle s'approcha lentement de lui et, une fois à une distance raisonnable — ni trop près, ni trop loin — elle se défit de son manteau, qu'elle présenta longuement à l'enfant, sous toutes ses coutures. Pour lui prouver que ça n'était ni un danger, ni un piège. Et, enfin, avec une délicatesse qu'on ne lui voyait jamais ; elle fit basculer le vêtement sur les épaules du garçonnet, avant de reculer prudemment, pour le laisser faire connaissance avec l'objet sans qu'il n'ait à se soucier de sa proximité.

« Jane, » fit-elle en se désignant à nouveau du doigt. « Beastie. » fit-elle en le désignant lui. « Jane protège Beastie. » dit-elle ensuite, en désignant le manteau du doigt. « Chaleur. Pour te protéger de la pluie, du vent, et du froid. » ajouta t-elle en mimant un frisson tout en regardant le ciel, avant de se frotter les bras comme les réchauffer.

Elle lui sourit tendrement, et ajouta, d'une voix douce et basse :

« Tu comprends, Beastie ? »

Elle ne lui voulait aucun mal, et si ses intentions n'étaient lisibles ni dans ses yeux ni dans ses mots ; elle espérait au moins que ce qui émanait d'elle puisse lui inspirer confiance.

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Re: « Pourquoi te sens-tu menacé par ceux qui sont différents de toi ? » [Pv. Jane A. Oakley]
Lun 4 Jan - 22:37

Comprendre


" Mieux vaut comprendre peu que comprendre mal. "


Je sais pas si je veux sortir de là, ni même si je veux y rester. Avant d'être tombé, je voulais sortir, et partir loin, très loin d'ici, retourner dans la forêt avec mon frère et.. et là, je sais plus. J'ai peur, parce que je sais que dehors, si je marche pas, je vais mourir. Mais est-ce que je vais pas aussi mourir si je reste ici ? Je ne sais pas, et j'ai très peu, parce que je ne comprends pas. Je comprenais toujours mon frère, mais je n'arrive pas à les comprendre eux. Je peux pas comprendre les écureuils et les sauterelles non plus, tout comme tous les autres animaux différents de nous, alors c'est normal que je ne les comprenne pas eux plus. On est pas pareil, et pourtant.. j'arrive à dire des mots comme eux. ... Qu'est-ce que je suis ?


Un peu moins essoufflé, mais toujours terrifié, le petit homme ne quitta pas un instant l'inconnue du regard ; comme si baisser les yeux aurait été synonyme d'une morte imminente. C'était peut-être le cas, parce que dans la forêt, il fallait toujours garder les prédateurs à l’œil, et qu'il suffisait d'un moment d’inattention pour qu'ils ne se décident à attaquer. La jeune femme avait une voix douce, mais peut-être n'était-ce qu'un leurre, un poison entouré de miel, comme les baies empoisonnées et les champignons colorés de rouge et de blanc ; oh, il avait tant de fois failli mourir à cause de toutes ces saloperies. Alors, il ne laisserait pas ce prédateur s'attaquer à lui dans un moment de relâchement, de battement : la Bête restait sur le qui-vive, prêt à attaquer pour se défendre, même s'il fallait mourir pour ça. Si la mort l'attendait dans tous les cas, il ne la laisserait pas le prendre aussi facilement ; peut-être porterait-il même des coups fatals à son ennemie, et tous deux finiraient par mourir. Comme un loup transpercé par les bois d'un cerf mourant.

Toutefois, la petite créature ne put s'empêcher de détourner le regard l'espace d'un instant, tandis qu'il secouait la tête à cause d'un mauvais coup de vent ; le froid, il l'avait presque oublié avec tout ça. Son cœur avait battu tellement vite à cause de la douleur et de l'adrénaline, qu'il avait oublié que l'hiver arrivait et ce accompagné d'un froid mordant. Maintenant qu'il était de nouveau plus ou moins calme, il n'avait plus aussi chaud et il se surprit même à tressaillir suite à ce mauvais coup de vent. Le pire fut sans doute qu'au moment précis où il relâchait son attention, la jeune femme se décida à rentrer dans sa cage. Surprit, il écarquilla les yeux et ne tarda pas à frapper le sol de ses mains, le tout en grognant aussi fort qu'il le pouvait, dans le but de l'effrayer ; mais cela ne marchait pas. La jeune femme s'approchait, et même si elle ne semblait pas très grande et imposante, elle s'avançait en sa direction.

Ce qui était étrange malgré tout, c'était son regard ; elle n'avait pas celui d'un prédateur, mais un de.. d'une chose que la Bête ne parvenait pas à nommer dans sa tête. Ce devait être celui d'une mère, mais ça, il ne pouvait pas le comprendre, car il était bien trop petit quand ses parents avaient perdu la vie et quand bien même il se souvenait des hautes flammes et de la fumée, il n'en était rien pour son père et sa mère. Alors, bien évidemment, l'enfant sauvage fut intrigué par ce regard et ces yeux bleus, mais ça ne l'empêcha pas de grogner encore et encore, le tout en prenant sur lui pour ne pas reculer ; de toutes manières, il ne le pouvait. Et qu'est-ce que c'était que cette deuxième peau qu'elle lui tendait ? Quelque peu intrigué mais néanmoins méfiant, le petit homme oublia un instant son agressivité pour sentir et toiser l'objet ; le tout, bien sûr, en lorgnant assez régulièrement vers la blonde tout en grognant.

Puis d'un coup : l'horreur. La chose lui tomba sur les épaules, doucement, certes, mais tomba malgré tout sur lui ; tandis que la blonde, elle, reculait dans la cage. Était-ce un piège ? Impossible, il l'aurait vu venir ! Non ? Le plus déroutant dans tout ça, c'était que cet habit était chaud, comme un morceau de mousse en été, et l'odeur qu'il dégageait ne semblait pas novice. Alors, surprit, la bouche entrouverte, le petit finit par reporter son attention vers l'inconnue.

" Jane. " avait-elle soufflé en se désignant de la main, avant de faire de même avec lui, " Beastie. Jane protège Beastie. "

Beastie, c'était lui, mais Jane ? Il ne connaissait pas ce mot, mais vu dont la façon dont elle l'avait présenté, cela signifiait sans doute ce qu'elle était elle. Lui était un Beastie, et elle, une Jane. Toutefois, il ne comprit pas le mot qu'elle glissa entre ces deux noms. L'enfant observa alors son interlocutrice lever le regard vers le ciel, avant de mimer un frisson. Oui, il faisait froid, songea-t-il ; il reconnaissait ce genre de signes, plus facilement que la parole, car il s'était ainsi exprimé avec son frère durant de nombreuses années. Et pour palier au froid, il fallait se frotter les bras et se réfugier dans des endroits chauds, un peu comme le faisait la jeune femme.

" Tu comprends, Beastie ? "

Silencieux, visiblement bercé par les paroles de l'Anaconda prêt à le dévorer, la Bête ne sembla pas réagir sur le coup ; se contentant vainement de pencher la tête de côté. Il avait déjà entendu ces mots, comprendre, mais n'avait jamais réussir à mettre une action dessus. Ce n'était pas comme manger ou sortir, c'était.. beaucoup trop compliqué pour lui. Toutefois, encore tout tremblant, mais réchauffé par le manteau de la dite Jane, l'enfant sauvage ne tarda pas à l'imiter en frottant ses mains crasseuses sur ses bras. Puis, dans la foulée, il attrapa le tissu de la veste pour le tirer un peu plus contre lui, se réchauffant par la même occasion.

Une fois ses légers tremblements arrêtés, la Bête reporta son attention vers l'inconnue, sans plus bouger ; craignant malgré tout qu'elle ne s'approche à nouveau.

" J.. Jai.. Jane. " répéta-t-il, visiblement concentré sur ce qu'il disait, mais aussi un peu perdu, " Be.. Be.. Beas.. Beast-ie ? M.. Moi ? "

Et comme un animal qui ne comprendrait pas vraiment, il pencha de nouveau la tête de côté ; pourquoi fallait-il qu'il soit aussi perdu ? Et qu'il ait aussi mal, surtout.



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Re: « Pourquoi te sens-tu menacé par ceux qui sont différents de toi ? » [Pv. Jane A. Oakley]
Sam 27 Fév - 21:21
“ Pardon ”
Jane observait le petit être, silencieuse ; attendant la moindre réaction de sa part. Positive, neutre ou négative, tout lui irait ; du moment qu'elle était capable de se positionner face aux sentiments confus et bouleversés de l'enfant sauvage. Elle était incapable d'imaginer les choses qui traversaient son esprit, mais s'y essayait tout de même, les sourcils froncés : il y avait de la crainte, évidemment. Des doutes, des peurs, de la timidité sans doute ; et peut-être un brin de curiosité. Celle-là même qui avait adoucit ses traits et lui avait fait baisser quelques peu sa garde, lui qui grognait encore quelques instants plus tôt. Ou bien était-ce ses mots et ses gestes qui l'avaient rassuré ? Jane n'en savait rien, et s'en moquait : tout ce qui lui importait était de gagner la confiance du garçon, même si ce n'était qu'une petite parcelle de celle qu'un animal pouvait offrir à un être humain. Car en dépit de tout - et surtout de l'évidence - ; force était de constater que Beastie se prenait pour un animal, et se comportait tout naturellement comme eux. Méfiance, défiance, agressivité s'il le fallait ; il avait gardé dans ses yeux d'enfant tout ce que la nature lui avait enseigné pour survivre. Incapable bien malgré lui de cacher ses émotions - tout sauvage qu'il était, il restait humain ; et certaines choses lui étaient impossibles, quand bien même il semblait y mettre toute sa volonté. A commencer par dissimuler la douleur, la peur ou la colère ; à l'image du cri qu'il avait poussé lorsque la fermière s'était approché de lui.

Jamais Jane ne remerciait autant ses années à cavaler dans le Far-West ; là où elle avait été confrontée à toutes sortes de bêtes sauvages, du plus inoffensif des lièvres au plus dangereux des pumas. Elle avait soigné bon nombre d'animaux blessés, et savaient comment procéder dans ce genre de situations tout autant qu'elle était capable de déceler dans les yeux ce que le corps cherchait à cacher. Aujourd'hui pourtant, les choses étaient différentes : s'ajoutait à l'équation un facteur auquel elle n'avait jamais été confronté. Beastie était un homme. Un petit homme, sans éducation et sans autres lois que celles de la survie ; mais un homme quand même. Il était, de ce fait, plus à même de s'accrocher à la moindre parcelle d'espoir qu'il lui restait pour vivre, quand bien même cela signifiait tenter l'impossible. Il ne connaissait pas la résignation, l'abandon, la fuite ou la retraite. Jane le savait : peu importe ce qu'elle tenterait - à moins d'avoir gagné sa confiance - ; Beastie n'allait pas se laisser faire.

Elle ne lui laisserait pas le choix, pourtant. Il avait besoin de soins, et s'il était incapable de comprendre la gravité de ce qui lui arrivait - autrement que par l'impossibilité de fuir, de chasser et de se nourrir - ; Jane en mesurait toute l'ampleur à la couleur violacée que prenait sa jambe cassée.

Pour l'heure, le manteau qu'elle avait posé sur ses épaules semblait avoir son petit effet sur le petit corps souffreteux du garçonnet. Emmitouflé à l'intérieur, il s'y était frotté puis blottit ; jusqu'à ce que ses tremblement cessent. Puis, suffisamment à l'abris du froid pour en faire abstraction ; il reporta son attention à la blonde, qui le regardait désormais avec douceur et tendresse.

« J.. Jai.. Jane. »  murmura t-il après ce qui semblait lui avoir demandé un gros effort de concentration. « Be.. Be.. Beas.. Beast-ie ? M.. Moi ? »

L'américaine ne put lui répondre que par un grand et franc sourire. Il pouvait bien faire ce qu'il voulait de son cœur de fermière ; elle craquait complètement devant ce petit être. L'heure pourtant n'était pas à la contemplation, ni à s'imaginer une quelconque futur en compagnie du garçonnet ; quand bien même la question se poserait inévitablement... Car elle le savait, si elle partait avec lui pour le soigner ; jamais elle n'aurait la force de le ramener à cet enfer. C'était au delà de ses forces, même si en faisant cela, elle s'exposait à nombreuses difficultés...

Elle secoua la tête pour en chasser les pensées venues gangrener son esprit. Ce n'était pas l'heure d'y songer, se força t-elle à croire. Le moment viendrait bien assez tôt. Pour l'instant, il fallait partir d'ici et vite ; avant que le personnel du cirque ne se décide à venir jeter un œil à l'état de leur bête de foire.

« Oui, toi ! C'est bien, Beastie ! » s'enthousiasma t-elle en hochant la tête et en le désignant du doigt, un sourire aux lèvres. « Bravo ! » félicita t-elle ; pensant que ce genre de mot étaient au moins utilisés de temps en temps dans l'univers de l'enfant.

Une voix s'éleva non loin de là ; coupant court à la joie de la fermière, qui redescendit bien vite sur terre. Quelqu'un approchait ; ce n'était plus qu'une question de secondes avant qu'elle ne soit vue au beau milieu de la cage, en compagnie du meilleur élément du cirque. Quelques secondes avant qu'on ne crie au voleur, et qu'elle soit conduite au commissariat le plus proche, loin de Beastie. Elle ne pouvait pas permettre qu'une telle chose arrive.

Prenant son courage à deux mains, elle prit une longue inspiration ; et passa à l'action.

« Désolée, Beastie... » murmura t-elle tristement. « J'espère que tu comprendras. Je fais ça pour ton bien... »

Sans plus un mot, elle se servit du manteau qu'il portait sur lui pour l'envelopper de force et l'empêcher du moindre mouvement ; comme on enveloppait un chat récalcitrant dans une serviette de bain pour l'empêcher de s'enfuir. Elle prit soin de ne pas déplacer sa jambe cassée, priant pour que la douleur lui passe l'envie de se débattre. Une fois qu'il fut bien calé contre elle et qu'elle fut certaine d'avoir une bonne prise sur lui ; elle se releva, sortit de la cage et s'éloigna le plus rapidement possible de la zone que couvrait le cirque.

Elle trotta ainsi sur plusieurs dizaines de mètres, remerciant la pluie battante qui avait poussé la population à restée abritée chez elle : les rues étaient presque déserte, et les personnes qu'elle croisaient étaient bien trop occupées à se protéger de la pluie pour prêter à attention à l'allure suspecte qu'elle avait probablement.

« Pardon, pardon Beastie... » souffla t-elle à la bête qui se débattait dans ses bras.

Il lui fallait maintenant trouver un cabinet médical...

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Re: « Pourquoi te sens-tu menacé par ceux qui sont différents de toi ? » [Pv. Jane A. Oakley]
Jeu 10 Mar - 12:52

Colère


" Qui apaise la colère éteint un feu ; qui attise la colère, sera le premier à périr dans les flammes. "


Est-ce que c'est pas dangereux qu'elle rentre ici ? Elle a pas le droit, c'est mon territoire, c'est comme si quelqu'un était venu dans la cabane qu'on avait construite dans les arbres. On chassait les oiseaux qui y venaient, on a même tué un écureuil qui s'en était approché un jour, mais on y avait jamais vu des prédateurs. Les renards et les loups ne grimpent pas aux autres, et on était assez hauts pour se protéger des ours ; heureusement, on en a jamais vraiment rencontré. Parce que sinon, on serait morts, morts comme les proies que nous chassions. Mais elle, elle c'est pas un prédateur, elle me donne du chaud pour mes épaules, comme les couvertures de mousse dans la forêt, comme mon frère faisait. Elle a peut-être besoin d'une cabane aussi.


Il fallait tout de même avouer qu'il se sentait bien, là, dans son petit cocon de tissu chaud et qui sentait bon la pluie, ainsi qu'une effluve totalement inconnue. L'enfant sauvage avait pourtant l'impression d'avoir déjà senti cette odeur, de l'avoir déjà ressentie même, mais il lui était impossible de savoir où, car il ne s'était jamais blotti dans les vêtements de ces étranges créatures qui l'avaient enfermées ici ; tout du moins, ça, c'était ce qu'il croyait. A cause de son jeune âge, il avait oublié son ancienne famille, son foyer, son lit bien chaud et sa mère qui le portait dans ses bras pour l'aider à s'endormir en hiver. Il ne se souvenait plus que la rudesse de la vie, du froid, de la forêt, de la faim, de son frère ; et même lui, il commençait déjà à l'oublier, petit à petit.. Il savait qu'il devait le rejoindre, qu'il devait rejoindre leur meute, mais en même temps, il savait qu'il devenait assez grand pour survivre tout seul. Peut-être n'aurait-il pas besoin de le revoir, mais quand il songeait à son frère, cela lui faisait un drôle de sentiment dans la poitrine, quelque chose qui lui faisait mal, mais pas comme après une blessure. C'était étrange, il n'aurait pu mettre un mot dessus.

Et là, encore une fois, blotti dans ce tissu bien chaud, l'enfant sauvage ressentait quelque chose qu'il ne comprenait pas, notamment à cause de cette odeur. Il se sentait bien, il ne se souvenait pas de s'être déjà senti comme ça auparavant. Ce n'était pas comme la fierté qu'il avait ressenti en tuant un lapin pour la première fois, ni même lorsqu'il avait réussi à attraper un oiseau par ses propres moyens, ni même lorsqu'il s'était une fois dans la forêt et qu'après deux lunes il avait retrouvé son frère.. c'était encore différent. C'était une autre sensation, apaisante, qui, sans qu'il ne s'en rende réellement compte, lui avait fait baisser sa garde tout en laissant un drôle de sourire étirer ses lèvres. Et pourtant, il ne comprenait pas ce qu'il se passait ; pour un peu, il en aurait presque oublié sa douleur à la jambe, toujours aussi présente.

Puis, comme un bébé beaucoup plus jeune, il avait essayé de répéter les mots qu'avait soufflé la jeune femme, visiblement très concentré ; mais toujours aussi perdu. Jane et Beastie ; elle et lui ? Sans doute.

" Oui, toi ! C'est bien, Beastie ! " s'exclama-t-elle alors, " Bravo ! "

Sorti de ses pensées par les nouvelles paroles de la jeune femme, la Bête ne put s'empêcher de laisser une grimace-sourire plus grande encore étirer ses lèvres. Bien et Bravo, ces deux mots, l'enfant les avait déjà entendu plus d'une fois au cirque : et c'était toujours un bon signe, cela voulait dire qu'il avait fait quelque chose dont on était fier !

" B.. B.. Brrr.. Brrrraaaa.. Brrrraaaavoo ! " répéta-t-il à sa suite.

Trop occupé à se concentrer sur ses mots, sa vigilence totalement retombée, la Bête n'avait alors pas entendu le cirque recommencer à s'agiter ; chose qui ne l'aurait de toutes manières pas plus inquiété que ça en règle générale, tant il était usuel d'entendre du bruit dans ce drôle d'endroit. Mais la situation n'était pas la même que les autres fois, l'enfant aurait du être sur le qui-vive, à cause de la présence de Jane et à cause de sa jambe cassée.. mais ça, c'était sans compter cette drôle de sensation qu'il n'avait pas cessé de ressentir depuis tout ce temps. De la confiance. Toutefois, cela ne l'empêcha pas de finir par tourner la tête en direction de l'extérieur de sa cage, après avoir entendu des voix un peu plus loin. Rien de très inquiétant en soi, et pourtant, la panique n'allait pas tarder à prendre le contrôle de son corps.

Sur le coup, l'enfant sauvage ne comprit pas ce qu'il se passait. Tout devint noir pour ses yeux, presque sourd pour ses oreilles, tandis que son corps se retrouvait comme écrasé par le tissu chaud qui l'avait rassuré avant. Sur le coup, il fut incapable de réagir lorsqu'il sentit quelque chose compresser encore plus son corps, encore moins lorsque son corps fut soulevé dans les airs, et que tout sembla commencer à bouger autour de lui. En réalité, tout se passa si vite qu'il n'eut pas l'occasion de comprendre, pas l'occasion de faire quoi que ce soit. On l'avait arraché à sa cage, sa chaine avait fait un bruit terrible, et sa jambe elle pendait toujours lamentablement sans qu'il ne puisse la bouger. Autour de lui - ou plutôt, sous lui - des bruits de pas se firent alors entendre, alors que la pluie continuait de battre son plein. Ce n'est qu'après quelques misérables secondes que les informations montèrent à la tête de la créature humaine.

Comme piqué à vif par une quelconque bestiole, l'enfant sauvage commença à s'agiter sans crier gare. Au début, il fut plutôt docile, se contentant d'essayer de s'extirper de ce cocon avec les mains, mais après quelques effets infructueux, la panique commença à prendre possession de lui, tant et si bien que ses jambes commencèrent elles aussi à chercher de repousser leur agresseur. Qu'importait la douleur qui avait de nouveau ramené des larmes aux coins de ses yeux, qu'importait s'il risquait de s'ouvrir la peau à cause de ses os : il fallait qu'il s'échappe. Alors, l'enfant s'agita, grogna, couina, griffa, arracha la veste, se démena comme un beau diable dans les bras de la pauvre Jane. Malgré sa taille fine et sa petite taille, la Bête n'en démordit pas, ne laissant pas une seconde de répit à la voyageuse pour reprendre sa prise sur lui.

Puis, à force de s'agiter, l'enfant sauvage parvint à sortir un de ses bras de ce cocon de tissu, et ne tarda pas à attraper la première chose à passer sous sa main ; un morceau de tissu, comme de la peau qu'il grifferait. Ce faisant, bien agrippé, la Bête parvint à se hisser du mieux qu'il pouvait hors de la veste - la tête, les épaules, et un bras - avant de pousser un cri emplit de colère, mais également de peur.

" GRAAAAAAAAAAAAAAAH ! "

Tremblant, suant, l'écume aux coins des lèvres et les yeux pétillant d'un sentiment indescriptible, l'enfant sauvage planta son regard dans celui de l'américaine l'espace d'une unique seconde ; mais qui du sans doute durer une éternité ou deux. Et puis, pour chercher à se défaire de l'étreinte de celle qui avait trahi sa confiance, le petit monstre planta ses dents dans le bras de la blonde, mordant de toutes ses forces, quitte à laisser son sang couler dans sa bouche.

Ce sentiment qu'il avait ressenti n'était pas bon.


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" GROAAAR ! "




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